‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 117 sur 234 · LIVRE VII. PART. II. CHAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. II. CHAP. V

était tombé dans un conventicule de Bëghards; il s’éloigna , la rage dans le coeur, vouant à Zwingli un ressentiment implacable. Son premier soin fut dès lors de travailler à combattre une doctrine dont les émanations menaçaient de ternir l’éclat de la mitre qu’il était près d’atteindre. Instruit par les années , il n’eut garde de se borner aux seules armes que lui fournissait la science; il leur associa celles plus tranchantes de l’inquisiteur ; et dégradé par la passion , cet homme , né pour être l’ornement de son siècle, descendit jusqu’à se repaître, le rire sur les lèvres, des larmes de ses victimes 2®.

Quoique la victoire de Zwingli n’eût pas été incertaine, ses adversaires ne tardèrent pas à la contester. Ils soutinrent, entre autres inculpations, que les thèsesavaient été publiées de manière à ne pas donner le temps de se préparer à les combattre*^; c’est ce qui porta Zwingli à faire paraître son développement des articles. Mainte assertion s’y trouvait exposée avec une précision et une clarté nouvelle. Il s’exprimait en particulier au sujet de l’adoration des Saints et de la messe de telle sorte , que les moines s’en offensèrent vivement et que d’enthousiastes sectateurs de la Réforme crurent lire l’obligation de’ marcher à l’attaque des objets d’une abominable idolâtrie. Cette disposition des esprits se manifesta par un fait qui ne mit pas le gouvernement dans un léger embarras. Un cordonnier. Colas Hottinger, qui avait quelque fortune , de l’instruction , de l’éloquence et un caractère inquiet et entreprenant, avait montré du penchant à donner, par des coups d’é-

Martyre de Jean Haglin, de Lindaa.

Observalioni faitti /lar Hofman, dans Fuuli, 111 , 83. UulUnger.

clat, à l’œuvK de la Réforme l’allure d'une affaire de parti Le moment où les passages bibliques qui condamnent les images allaient de bouche en bouche, lui parut être celui où l’exemple de détruire ces images devait être donné. Sur une route très-fréquentée s'élevait un grand et beau crucifix ; il en acquit ta propriété; puis il alla, secondé par quelques hommes exaltés le renverser en plein jour. Le bruit s’en répandit à Zurich et dans toute la Confédération. Crime impie aux yeux des uns , le fait fut justifié par les autres jusqu’en chaire. Le gouvernement en incarcéra les auteurs; mais avant qu’on les punit, le Grand-Conseil décida, après de vifs débats, qu’un second colloque s’assemblerait, pour jeter du jour sur la question de la Messe et des images et déterminer les principes d’après lesquels l’acte de Hottinger devait être jugé.

^ Invitation fut faite de se rendre à cette seconde conférence^’ au clergé cantonal, à tout laïque qui croirait avoir un mot utile à dire, aux évêques de Constance , de Coire et de Bâle ; invitation de s’y faire représenter fut adressée aux évêques , s’ils ne pouvaient y prendre part en personne , à l’université de Bâle , aux douze Cantons , et à la ville ainsi qu’à l’abbé de St.-Gall. Schaffhouse et la ville de St.-Gall envoyèrent seules des députés ; St.-Gall se fit représenter par Vadian et par* le» pasteurs Bourgauer et Schappeler;

“ Les pi&ces du procès se trouvent dans la CoH. Simi. — BulUnger, — fVirz, V. FussU.

Laurent Hochrutiner et le tailleur Ockenfouss. Ils devinrent tous anabaptistes.

” La lettre d’invitation est du IJ oct. 15S*. BaUingfr. — FiaiU , 111, 9. '

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