LIVRE Vil. PART.' II. CHAP. V
les Gantons n’en étaient pas les oisifs spectateurs. Dès le milieu de l’an 1 522 , on s’était plaint fréquemment en Diète de la violation d’usages consacrés et de la hardiesse manifestée par les discours et les écrits Dans les bailliages communs, des prêtres attachés aux doctrines de Zwingle avaient eu à se justifier, et même avaient été jetés en prison L’année suivante, à propos de nouvelles attaques du réformateur contre le service étranger, on témoigna un vif mécontentement de la part qu’il prenait à la politique *'*. La position des députés zuricois à la Diète devint toujours plus difficile. Enfin les douze Cantons se décidèrent à faire partir pour Zurich une délégation afin d’exposer leurs griefs.
Les députés se réunirent; mais ils ne furent pas plus tôt en présence les uns des autres qu’ils reconnurent la différence des instructions dont ils étaient nantis. Lucerne, Uri, Schwyz, Unterwalden, Zoug et Fribourg, avaient à faire entendre des plaintes sévères ; d’autres Cantons avaient chargé leurs envoyés d’une mission amicale; d’autres encore devaient se borner à écouter Berne agissait à contre -cœur. Schaffhouse avait astreint son représentant à l’inaction. Cette cité venait d’entendre Érasme Ritter, mandé pour combattre la Réforme dans ses murs, décferer ouvertement qu’il avait été vaincu par ces Écritures, auxquelles il ne songeait qu’à demander des armes contre Zwingli ; et sa conversion à la cause des Réformés les avait affermis. Ce fut le 21 mars 1524 que l’ambassade se présenta devant le Grand-Conseil de Zurich. L’envoyé de
** Baden, 6jaillet. S nov., 24 nov.', 15 dée. A. Z. ^
*• Urbain Weiss ; Jean Brœdtlein. . *
*’ Lettres de Myconios et de Haller. ColL Siml.
*• Kirehhofer, extrait rfei archive» de Sehaffhütue. ' **'
Schairiiouse quitta les rangs des députés quand ils commencèrent à parler de leurs griefs. Ces griefs étaient résumés en treize articles et portaient sur les innovations faites au culte , sur les dilTérends auxquels elles avaient donné lieu dans les bailliages communs, et sur des faits qui furent pour la plupart reconnus erronés. Suivit une fraternelle invitation à Zurich de demeurer fidèle aux us et aux alliances, afin que d’un commun accord on put remédier aux abus dignes de ce nom , à la vente des indulgences, à l’introduction courtisans, et à la vie déréglée des gens d'Église. Zurich exprima sa reconnaissance à ses Confédérés, et promit une réponse par écrit, qui ne se fit pas long-temps attendre. On remarqua dans cette réponse, bien que signée du secrétaire d'État, maint trait qui trahissait la plume d’un homme d’Église, et une série de déductions théologiques qui parurent appartenir au style des disputes religieuses plus qu’à celui des communications de la diplomatie^®. Ce ne fut pas, aux yeux des Confédérés, un motif de faire bon accueil à cette pièce; il y eut même des Cantons qui songèrent à renvoyer à Zurich le pacte qui les unissait à lui.
Instruit de ces dispositions, le gouvernement de Zurich éprouva le besoin de sonder l’opinion de son peuple. 11 prit à cet effet le moment de la prestation annuelle du serment^', mit sous les yeux de la nation l’état exact des choses, et fit voir la nécessité d’être unis pour demeurer en possession de l’Évangile. C’est ■ce que le peuple comprit ; il l’exprima avec vivacité
" Saltü. Z. f
*. • Ein sermon nnd predig vom Uottesworl, die unnoth zu melden, ■
eslil dit aii eecèsdu Conseil de Lucerne du l*' avril 1524. A. Z, S.
Le jour de Jean-Baptiste. ’
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