LIVRE VII. PART. *li. CHAP. 'v
Holünger à deux ans d’exil. II fit ensuite rédiger par Zwingle un écrit*® propre à servir de guide dans la prédication de la parole divine. Cet écrit fut envoyé à tous les membres du clergé, avec invitation d’en faire leur étude*'. On l’adressa à l’université de Bâle, aux évêques de Bàle , de Coire et de Constance , et aux douze Cantons, avec prière instante de s’en occuper et de relever les erreurs que pouvait renfermer l’ouvrage. On leur fit part en même temps de l’issue du colloque , et de la réformation du culte, qui devait en être la suite. On ajoutait toutefois : « avant que ce changement n’ait lieu , toute personne qui s’y croira appelée , pourra , durant six mois, présenter ses objections, puisées dans les Saintes-Écritures. »
Les six mois s’écoulèrent sans qu’il s’élevât à l’intérieur de nouveaux adversaires** et sans qu’il arrivât, d’objections du dehors *®. L’ordonnance suivante fut alors publiée ** : u Considérant qu’il appartient à la parole de Dieu de nous régir, nous mortels, et que notre devoir, après l’avoir comprise, est de l’appliquer â notre vie , nonobstant d’antiques préjugés ; nous , le bourgmestre, le petit et le grand Conseil zoricois, nous nous
Fuasli. II, 33.
*• Courte et chrétienne Introduction , adressée par l’honorable Conseil de Zurich à ses prédicateurs et ayant cure d’ames.» L’analyse dans Kirehhofer, contin. de Wirz, V, 189.
** BulUnger.
Le clergé se réunit le 28 déc. 1523. Il n’y ent pas de débat Uofmann eut avec les prédicateurs un entretien particulier le 20 janvier sui-’ vant; mais au jugement des témoins, il ent le dessons. BulUnger, Kirckhofer,V, 212.
Fussli, IV, 163. Il arriva plus tard, un mois et demi environ après la dispute . nu écrit , envoyé par l'évéque , auquel le ConKil répondit par la plume de Zw. Œuvra de Ztv., édit. 158i, J, 30S^
** Bulliagei-, Elle se trouve dans Fum((, I, 25. ^
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sommes chargés d’une réforme nécessaire. Et d’abord , quant à la messe, qui est célébrée autrement qu’elle n’a ^été instituée par notre Seigneur et Sauveur, nous ordonnons que la coupe soit rendue au peuple, et que les abus qui en altèrent la célébration soient abolis. Pour n’avoir pas à spécifier ici ces abus, nous établissons qu’en tout lieu et chaque jour il sera fait de bon matin im prêche , la parole vivante de Dieu étant la nourriture la meilleure pour l’âme humaine. Quand viendront les jours de fête , le sacrement sera distribué à qui le demandera, et administré, selon les formes scripturaires, intelligiblement, en notre langue. De plus. Dieu ayant interdit de se faire des images , nous avons décidé de ne les pas laisser subsister. Mais voulant que tout se fasse avec sagesse, nous nommerons les personnes chargées de les enlever avec décence. En agissant de la sorte, nous sommes persuadés de faire une œuvre agréable à IKeu; car ce qui servait à l’entretien des images servira désormais à celui des pauvres, qui sont avec plus de vérité l’image aussi bien que la créature de Dieu. Au reste, notre volonté n’est pas d’user de contrainte en matière de foi. rious décidons seulement que les ministres de la parole de Dieu ne doivent pas enseigner d’une manière contraire à cette parole ; c’est à quoi il nous appartient de veiller. Enfin, nous ordonnons de faire trêve aux injures; car nous sommes appelés à la paix. C’est à celui qui possède la vérité à en bénir Dieu , et à la prêcher à ses frères par son exemple, avec charité. La charité supporte, concilie; elle édifie. Ainsi soit donc, au nom de Dieu, et dans l’espérance que sa main n’abandonnera pas notre navire. »
Pendant que ces événemens se passaient à Zurich,