‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 137 sur 234 · LIVRE VII. PART. IIJ. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. IIJ. CHAP. I

se seotirent le courage de demander jau gouvernement zuricois un colloque public On leur accorda d’autant plus volontiers ce qu’ils demandaient, que la grande majorité des citoyens avait eu le temps de prendre connaissance du sujet de la querelle , et de s’en former de justes idées

La salle du Grand-Conseil se convertit donc de nouveau en arène théologique. De nombreux délégués, défrayés par le gouvernement, arrivèrent des lieux où le mal avait fait le plus de progrès. L’entretien avait commencé devant une assemblée composée de personnes des deux sexes, quand une bande fanatique lit son entrée, en chantant, « O Sion ! §ion ! tressaille, ô Jérusalem! » Il fallut, pour donner place à la foule et obtenir de l’ordre , se transporter à la cathédrale. Là Zwingli, Léon Jude et Mégander passèrent trois jours à répondre aux questions, tantôt subtiles, et tantôt grossières , de gens dont le ton et les manières avaient quelque chose de repoussant. Dans la chaleur de la dispute , les anabaptistes manifestèrent leur intention de former une Église séparée , sainte , fermée à quiconque ne partagerait pas leurs vues. Ils laissèrent aussi percer leur volonté de se soustraire à leurs devoirs envers le gouvernement et la patrie. Les pasteurs nationaux relevèrent leurs erreurs. Ils firent voir dans le baptême la circoncision des Chrétiens, > et le gage de l’amour de Christ, appelant à lui les petits enfans pour les bénir. Ils firent comprendre que les apôtres, ayant jeté les fondemens de l’Église, avaient 4û nécessairement baptiser les adultes qui en deve-

« FuuU, II, 359.

“ Grebel à Vadian. Zwingli au nifme. «Jamais laht n’avmis sué , •

Daient membres et que si l’on ne pouvait prouver qu’ils eussent baptisé les enfans, on ne pouvait montrer non plus qu’ils ne l’eussent pas fait. L’opinion publique se prononça vivement en leur faveur. On * était près d’en finir quand un enthousiaste, le regard enflammé , s’avança vers le réformateur ; « Zwingli, Zwingli , je t’en conjure par le Dieu vivant, dis la vérité! » Zwingli répondit avec sang-froid : « levais la dire; écoute-la bien : tu es un misérable, dépourvu de sens, et dea pires que nous ayons. » — Cette scène mit fin à la conférènce

Pendant ce temps l’épidémie de l’anabaptisme se propageait dans la Suisse orientale avec des caractères plus graves. A Saint-Gall le Conseil avait donné peu d’attention à ses commencemens, et Vadian , par l’accueil qu’il faisait dans sa maison à son beau-frère Grebel, avait paru n’être point contraire à ses exagérations. Cependant Grebel baptisait dans les eaux de laSitter. Il appelait les pécheurs à , se présenter ni4s en sa présence , et à se confesser les uns aux autres leurs péchés. On vit alors, par un étrange abus des expressions des Écritures, des gens se mettre à raconter en public , et sans retenue , les folies et même les crimes de leur vie; il y. en eut qui , se souvenant d’avoir lu que « la lettre tue » brûlèrent leurs bibles avec leurs livres de dévotion; d’autres, pour se rendre

** Ballinger, Origine de l’Anabaptisme et sa chronique. Fustli. Deux écrits de^ Zwingli. L’un, « üeber doctor Baltazar’s Touflbüchlin ;• et l’autre, « vom touff, wiedertonff und kindertonff. » Les actes de la dispute ne se trouvent plus. A-t.on craint qO’il n’en fût fait abus? on les a-t-on stipprimés par le méprü qu'on portait aux adversaires.

*» Protocole da Conseil de St. Gall, avril, juin. — Hartmann, Hiu. de

Si.-G. Coll. Siml., l. XV. Kessler, Sabbatlia. Front, Horreurs des

Anabaptistes de Sl.-Gall.

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