‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 139 sur 234 · LIVRE VII. PART. III. CH\P. I · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. III. CH\P. I

ordres secrets qu’un soir les détenus purent s’échapper de prison **. On leur donna le temps de fuir.. Mais le bruit courut bientôt que les anges du Seigneur avaient brisé les chaînes des captifs, comme autrefois celles de Paul et de Silas, et à ce bruit une agitation nouvelle se répandit dans la contrée. Plusieurs des sectaires qui avaient été libérés sous la promesse de ne plus baptiser, rompirent leur engagement. Alors le magistrat crut devoir frapper. En sévissant, il céda à ce qu’il considérait comme une nécessité politique bien plus qu’il n’ol>éit à l’intolérance attachée à la religion de ce siècle. Manz fut noyé*®, Blaurock fouetté publiquement^®. Houbmeyer fut mis à mort à Vienne l’année suivante Ils montrèrent jusqu’à leur dernier soupir une constance qui eût embelli leur cause, si elle eût été celle de la sagesse. On ne sait où ni comment mourut Grebel

Après avoir ainsi frappé l’Anabaptisme au cœur, on 'chercha à en extirper les racines. Des députés de Berne, Bâle, Schaffhouse et St-Gall se réunirent dans ce but' à Zurich le 9 avril 1527, et ils convinrent cntr’eux des faits et des résolutions qui suivent**: « fvcs sectaires, convaincus d’erreurs à diverses rcprises, n en continuent pas moins, au mépris de la patience des gouvernemens, à prêcher dans la retraite,

Fustti, lit, Î52, 217. — CM. Siml.,’X\, — Ballinger.

Faesli, lit, 2 17 ; IV, 259, — Ballinger.

Fussti, IV, 265. Il fut décapité en Tyrol (Hit/, de la tégar. des Anabapt., pag. 87 ).

“ Sdiellkom, 150.

** Sa dernière lettre, Coll. Siml., XIV.

“ Siml., Coll, de doc. eccl., I, 2, p. 449. Bile et Schatlboiisc virent avec peine que cette pièce fût livrée à l’impression •. leurs noms ne s’y trouvent pas. (Miss. Zur., 9 sept. 1527.j /

aux champs et dans les profondeurs des bois. Ils sèment les discordes par leur doctrine d’une Église nouvelle ; et par les principes que quelques-uns d’entr’eux professent sur le mariage spirituel, ils conduisent à la violation des lois de la pudeur et des plus saints devoirs. Ils se vantent de révélations qui leur commandent le crime. On lés a entendus soutenir que le diable peut être sauvé ; et tandis qu’ils s’occupent de ces matières religieuses, ils refusent de porter les armes, de payer les cens et de reconnaître la juridiction des tribunaux. Ils prêchent la communauté des biens. Ils affirment enfin qu’un chrétien ne saurait être un homme du pouvoir dans la société telle qu’elle est organisée. Ces crimes étant certains, nous ordonnons à nos citoyens et sujets de dénoncer quiconque est suspect d’appartenir à la secte des anabaptistes ; ceux-ci seront punis, après avertissement; en cas de récidive, nous les ferons périr sous les eaux; s’ils sont étrangers, nous les bannirons. Les accusés seront traduits devant leurs juges naturels et livrés à leurs Cantons respectifs. On n’emploiera la douceur qu’à l’égard des hommes ignorans ou abusés. L’accession à cette convention sera ouverte à ceux des Confédérés et des États voisins qui voudront y prendre part. »

Ces mesTU'es ne détruisirent pas l’anabaptisme dans notre patrie. Mais elles le renfermèrent dans des limites étroites, et le privèrent de chefs et de moyens de communication. En plus d’un lieu, et entr’autres

Mulle part ailleurs on ne trouve de traces que ce dogme ait été te * leur. Cette assertion et la circonstance de l’extension des Anabaptistes dans les monts de l’Alman ont suffi pour les faire descendre des Manichéens, qui au douiiémc siècle eurent, dit-on, de nombreux sectateurs dans ces montagnes.

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