UVRE TU. PART. III. CHAP
d’hommes humbles comme lui, s’ëtail avancé à la dispute sans autre appui que celui qui réside dans la foi et dans une piété sincère. La cause de ces amis de la Réforme ne paraissait pas , il est vrai , être dans un état prospère. Au moment où s’ouvrait la conférence de Baden, les sept Cantons avaient obtenu du Grand-Conseil de Berne et des délégués des communes du Canton l’assurance qu’ils ne se sépareraient point d’eux en matière de foi. On s’était même engagé à révoquer le décret qui permettait d’expliquer librement l'Évangile Après le colloque , Haller , qui ne s’y était rendu que lié par de sévères injonctions, reçut l’ordre de dire de nouveau la messe Mais cette impatience d’en finir , que montrèrent les amis de l’ancien ordre de choses , fut ce qui releva leurs adversaires. La résistance éclata dans le Grand-Conseil , au sujet des actes de la dispute de Baden. Maintes fois Berne et Bâle avaient demandé que les manuscrits de ces actes leur fussent envoyés sans observations ni commentaires , et bien qu’ils ne l’eussent point obtenu j on allait publier ces pièces sous le nom des douze Cantons. Les deuxcents s’indignèrent de ce procédé : u Qu’ils gardent ces actes, puisque cela leur plaît; mais que du moment où, en Diète, ils parleront encore de les publier avec d’autres signatures que les leurs, notre député se retire » Une délégation fut envoyée à Lucerne, pour demander raison des grossières injures que le docteur Mourner se permettait contre Berne ®. Une seconde ambassade se
* Pciilecôle, i52n. Tsehudi, Man. de Rheinau. .Salat, Siettler.
* Steltler.
* Du 9 janvier 1527. ( A. Bern.)
‘ 4 Et que nos députés disent bien aux Gantons que s’ils nous laissent traiter en diables, nous ne nous mettrons plus en peine de les citer mi
rendit à une Diète que les Zuricois avaient convoquée dans leur ville. Des envoyés de Baie y Schaffhouse, Appenzell et St.-Gall , se trouvèrent à cette réunion ; ils prêtèrent l’oreille aux plaintes de Zurich, et promirent quelles seraient l’objet d’un mûr examen dans une nouvellè assemblée , a laquelle on inviterait aussi Claris à prendre part"^.
Toutefois cette assemblée ne put avoir lieu. Berne eut à se défendre contre les sept Cantons qui, la pressant vivement et l’accusant de manquer à de solennelles promesses , la menacèrent de tourner contre elle les paroisses de son territoire *. Hautain langage, qui souleva un grand mécontentement et donna une nouvelle force à la voix des amis de la Réforme. « Ne sait-on pas , dirent-ils , que l’engagement qu’on nous accuse d'enfreindre , nous a été extorqué , malgré une vive résistance, et qu’il est contraire à des mesures plus anciennes , prises après mûre délibération. En vérité , les sept Cantons se conduisent-ils envers nous comme des frères? Ils nous refusent communication des actes de Baden, nous laissent insulter, tiennent Diète sans nous, et les voilà qui s’érigent en tuteurs" de nos gens; sommes-nous donc devenus incapables de gouverner? Ce langage de l’irritation fut celui qu’on tint aux Cantons du centre ; pour Fribourg et Soleure , on les pria de se souvenir de la vieille amitié. On approchait de jour en jour d’une révolution. Haller, toujours
justice, niai* nous prendrons bonnement à la gorge ccni des leurs qui se Irourersicnt sur nos terres , et les traiterons selon leurs mérites. • — Tremp à Zwingli, 27 janvier 1527. ( Cuti. SM., XVIII.)
’ Le î février ; puis lettre du 10. Mut. Zur. et Coll. SM.
‘ Siettler. UoUhalb. Le 1er mars 1527.
Diûiii. ’-v Gooqk