‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 154 sur 234 · LIVRE VII. PART. 111. CHAP · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. 111. CHAP

aimé du peuple obtiot pouP collègue François Kolb, dont la voix patriotique avait souvent attaqué des aventuriers de haut rang Guillaume î"arel fut en-

voyé à Aigle, où le bailli, Jacques de Rovéréa, reçut ordre de l’appuyer dans la prédication de la parole de Dieu. Enfin arriva le jeudi de Pâques , jour ordinaire des élections : ce fut celui du triomphe de la Réforme. Jj’avoyer Jean d’Erlach conserva, il est vrai, sa charge ; mais Sébastien et Jacques de Stein furent exclus des ^ deux Conseils , et Gaspard de Mulinen du sénat *. Bischof, ami de Haller, fut nommé banneret. Le Grand- Conseil recouvra le droit, que depuis vingt ans les Seize lui avaient enlevé , d’élire le sénat. Ces faits accomplis , le nouveau gouvernement s’adressa aux paroisses , et les invita à choisir entre l’ancienne ordonnance , qui permettait la libre prédication de la parole de Dieu, et celle que les sept Cantons avaient dictée, et qui n’avait produit que haines et que divisions. 11 y eut peu de suffrages pour celle-ci. L’Évangile fut donc de nouveau librement prêché, 'l^utefois on prescrivij « de ne rien changer à l’usage des sacrem^, et aux coutumes établies, jusqu’à décision prise; de iTinquiéter personne dans la jouissance de ses habitudes et

Grande rumeur dans le pays. « Pourquoi ,^demanda plus d’une voix , nous donner l’Évangile et conserver

* Deux fois la protection ^es ouvriers tailleurs de pierre empêcha qu’il ne fût livré à l’êvêque de Lausanne. Anslielm, dans Scheurer, I, 372^

«» Scheurer, U. * '• >

O Slettler. Coll. Siml., XIX. Du 3 juillet 1527. *

* Voyez la note supplémentaire n° 2 , à la fin du volume.

Sieltler, Lettre dans la Cuit. Siml. Uolzhalb.

des cérémonies qu’il condamne? » Thoune n’hésita point à choisir pour son pasteur un prêtre marié. Les gens de Bolingen, de Rohrbach et de l’Emmenthal abolirent la messe ; traités de coquins et d’hérétiques par le banneret Kouttler , ils l’obligèrent à rétracter ses injures en présence du Conseil. Dans la capitale, treize tribus renoncèrent à leurs fêtes, et à leurs droits de patronage et de prébende; trois conservèrent leurs usages. Les affaires étaient interrompues, les familles divisées, le malaise universel; la peste vint se joindre à ces maux. Les deux partis éprouvaient le besoin de sortir de ces déchiremens et d’arriver sur un sol moins ébranlé; ils s’accordèrent à demander une dispute religieuse.

Ce point convenu, ils se divisèrent de nouveau. Les adversaires de la Réforme eussent voulu n’ouvrir la lice qu’aux prêtres évangéliques du Canton, dans l’espérance de voir quelque savant envoyé de l’évêque de Constance triompher sans peine du vieux Kolb et du timide Haller ; mais celui-ci n’eut de repos que lorsqu’un champ plus large eut été ouvert et que Zwingle fut appelé. Ce résultat à peine obtenu , il se hâta d’écrire à Zurich de longues lettres, qui peignaient l’émotion de son âme : « Viens, disait-il à Zwingle; le loupa l'oreille prise, mais nous ne savons comment l’achever. Zwingle, tu sais mon peu de ressources en ces graves momens ; viens , accours ; c’en est fait , si nous ne joignons toutes nos mains »

En apprenant ce qui se passait à Berne , Zurich éprouva une vive joie. Le sénat fraya le chemin du colloque à ses ressortissans , et fit aux prêtres qui repous-.

O [.eltie tlii i, i7 nov., 2 déc.

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