LIVHE VII. PART. I. CHAP. H
ricois se défendit contre les instances du parti français Il expédia dans les divers districts du Canton des délégués, avec charge de faire lecture de l’alliance aux communes assemblées et de les éclairer sur le péril qu’il y aurait à la conclure. Les délégués exposèrent le danger de s’engager à défendre, aussi long-temps qu’il vivrait, les droits d’un prince jeune et ambitieux sur des états dont les limites étaient indéterminées. Ils montrèrent les risques que courrait la liberté d’un pays où ce prince étranger enrichirait ou appauvrirait à son gré les magistrats , nommerait ou déposerait les chefs militaires. Ils firent craindre l’inimitié d’autres puissances. Ils affirmèrent que dans toutes les guerres que les Confédérés avaient soutenues pour la cause juste et sainte de la liberté , ils n’avaient eu aucunement besoin du secours de la France, et n’avaient été défendus, comme tous le savaient bien, que par le seul Dieu Tout-Puissant. Us montrèrent que les réserves mentionnées à la fin de l’acte d’alliance , étaient exprimées d’une manière équivoque, et qu’elles mettaient le nouveau traité en opposition avec les anciennes obligations des Confédérés. Us ajoutèrent en terminant : « Le gouvernement a voulu mettre toutes ces considérations sous vos yeux, non qu’il n’eùt su prendre par lui-même une honorable et ferme détermination , mais parce que votre loyauté exigeait de sa part cette ouverture. Pesez donc tous les motifs qu’il vous soumet ; pesez-les mûrement, vieillards et pères de familles; et vous, hommes plus jeunes, écoutez la voix de la sa-
“ Quelques Zuricois renonctrtnt & leur bourgeoisie plutôt qu’à la solde de la France. Grebel était à la fois à la solde des deux puissances ennemies. fViri, Hi$^ tctl.
gesse et de l’expérieoce ; car le cas est grave , et nous devrons compte à nos enfans et à nos petits-enfans de la résolution que nous allons prendre. Que Dieu veuille nous la dicter ! »
Après une mûre délibération, les communes exprimèrent au conseil la joie que leur avait inspirée son procédé , et elles lui donnèrent par écrit leurs rëponseSü Le traité fut repoussé partout ailleurs qu’à Winterthour, EIggau et-Ândelfingen, dont les habitans s’ea remirent à la décision que prendrait le gouvernement, tout en faisant des vœux pour qu’on évitât toute rupture avec les Confédérés. Partout ailleurs on déclara. « que le conseil en avait bien agi, qu’il était dans la bonne voie, qu’il y persévérât donc avec fermeté. » Quelques voix demandèi'ent « qu’on ne permit plus à Albert de Stein de parcourir le pays, en débauchant la jeunesse , et qu’on bannit de la ville et du Canton tout Frani^is et tout ami de la France, afin qu’un honnête père de famille pût encore conserver aur ses fils quelque autorité. » Les tribus de la ville s’exprimèrent comme les communes de la campagne, et le conseil a’étant assemblé de nouveau, Zurich répondit aux envoyés des Cantons et de François qu’elle demeurait iMèle à l’alliance perpétuelle, fidèle à tous ses traités avec la Confédération, à laquelle elle était prête à tout sacrifier; mais que se confiant en la garde de Dieu, elle était fermement résolue à renoncer pour l’av^air aux alliances comme à l’argent des princes étrangers. vi>
Une lettre respectueuse fut adressée au roi, pour lui faire part de cette déterminatiou ’®. De leur côté les douze. Cantons, sur le désir que leur en avait témoigné
Gaillard. Il, 35. » .
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Lamelh, fireut partir pour la France des députés. Une brillante ambassade se réunit à Berne, et , nantie du traité, elle se rendit à Dijon où se trouvait la cour Des ordres avaient été donnés pour rendre le voyage des députés agréable et facile. A une journée de Dijon ils rencontrèrent le Bâtard de Savoie, qui était envoyé audevant d’eux. Leur arrivée fut une fête. Les Français sourirent de voir leur grande déférence , et de les entendre déclarer qu’ils voulaient être à jamais alliés et confédérés de la maison de France Le roi daigna leur rendre des paroles flatteuses et leur promettre protection et fldélilé. Il leur accorda, comme à ses bons et chers amis, la grâce de l’évêque de Lodi, qui était de la maison Sforze. 11 assura aux invalides de la garde suisse les mêmes pensions qu'à ceux de la garde écossaise. Quant à la cession des districts de Mendris et de Balerna, déjà souvent réclamée,* il renvoya de s’en oû-i cuper à un autre temps. Il finit par faire savoir qu’oütre les six mille hommes qu’il avait déjà obtenus, il lui en fallait encore six mille. '•
SfettUr, A. B*tn. et Z, • .
** Journal de Louise de Savoie dans la CtiUttim du Méw^iru, dres, 1786; L XVI, 4<1. , ; .
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28 t HISTOIRE DE LA SUISSE.
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