LIVRE VII. PART. I. CHAP. H
ployés ni sur mer ni au-delà des mers. Au cas que les Confédérés soient attaqués à leur tour, la France leur paiera, la guerre durant, vingt-cinq mille couronnes par trimestre ; elle leur fournira douze pièces d’artillerie avec les munitions nécessaires , et elle leur enverra à ses frais deux cents lances, ou, à leur défaut, un subside de deux mille couronnes par trimestre. Les .soldats au service du roi recevront chaque mois quatre florins et demi du Rhin par homme , à compter du jour où ils se seront mis en marche. La pension des officiers demeurera proportionnée à leur grade. La Suisse continuera à pouvoir tirer de France, à un prix équitable, le sel dont elle a besoin. En cas de guerre, aucune des deux parties ne conclura paix ou trêve sans en avoir avisé l’autre, ni ne se refusera à la faire comprendre dans ses traités. Le roi n’accordera point sa protection à des exilés de Suisse , et les Confédérés ne protégeront point les bannis de la France. Enfin sa Majesté accorde à chacun des Cantons de la Confédération , et ce tant que durera l’alliance, mille couronnes en sus des deux mille que leur assurait le traité de paix perpétuelle. Elle double la paie plus modique qu’elle accordait à leurs alliés. Ainsi fait sans rien ôter aux articles convenus dans le traité Ae paix perpétuelle. » Suivaient, sur deux longues colonnes, les noms des amis et des alliés des deux parties. Inutile énumération : car l’article premier de l’alliance avait clairement réservé au roi le pouvoir d’agir en toute rencontre selon son bon plaisir.
Cependant Françœs 1“ s’affligea de sa^voir qu’un des Cantons était demeuré étranger à l’alliance, et la privait ainsi du caractère d’un pacte avec la Confédéra-
24 HISTOIRE oe LA SUISSE.
lion.- Il résolut de faire une nouvelle tentative Le 13 mai 1521 des députés de Berne, Lucerne, Uri, Unterwalden, Zoug et Soleure se présentèrent en grandconseil à Zurich avec le seigneur de Lameth et sa suite. Par un adroit discours l’envoyé français t raoigna la douleur qu’il avait éprouvée de voir s’éloigner des réjouissances de Lucerne le premier des Cantons, celui à l’amitié duquel son maitre tenait d’une façon particulière , et qu’il était prêt à acheter à tout prix. « Le traité renferme-t-il quelque piège ? demanda-t-il. Tout le danger pour Zurich ne serait-il pas à s’isoler de la Confédération ? Quoi ! nous allons faire des enrôlemens dans toute la Suisse, et il nous faudra repousser du chemin de la fortune et de la gloire les hraves d’un peuple aussi généreux qu’est le vôtre ! » Les envoyés des Cantons ajoutèrent : « L’empereur et les états de l’empire sont en ce moment assemblés à Worms, et l’issue de leurs délibérations ne peut être qu’à craindre pour la Suisse. En cet état de choses, réfléchissez, chers Confédérés, si nous devons négliger un ami fidèle et éprouvé comme est le roi de France. Voyez si pour la première fois vous voulez vous isoler de nos alliances, et sacrifier et la paix intérieure et les avantages que le traité vous promet. »
La réponse du conseil de Zurich fut un engagement de prendre en prompte considération ce qu’il venait d’entendre, et la déclaration qu’il allait consulter sur ce sujet important les vœux du pavs.
C’est donc en s’armant de réserve et en s’appuyant des suffrages des communes que le gouvernement zu-
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