‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 179 sur 234 · LIVRE VII. PART. IV. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. IV. CHAP. I

majorité ; mais en même temps l’on décida que le choix d’un nouveau pasteur appartiendrait à la paroisse, et que la charge de ce pasteur serait de prêcher le Vieux et le Nouveau Testament, en prenant Dieu pour son guide. Restait l’élection. Le Conseil ne cessant d’en différer le jour, Zurich envoya à Bremgarten le banneret Schweizer , avec ordre de ne revenir qu’aprés l’exécution de ce que l’assemblée du peuple avait résolu. De leur côté, les cinq Cantons envoyèrent leurs députés Alors la division éclata , et tous les citoyens prirent les armes. Ce fut le moment où le nombre et la fermeté des amis de la Réforme se montrèrent. Ils n’hésitèrent plus dès lors à demander à Zurich de leur choisir un pasteur. Us reçurent en cette qualité Gervais Schouler, puis Bullinger, le fils de leur doyen. Les images furent livrées au feu, les cérémonies retranchées. Melingen et plusieurs paroisses environnantes imitèrent cet exemple

Quant à Baden , la seule circonstance que les Cantons catholiques l’avaient choisie pour y tenir le colloque auquel ils avaient appelé Eckius, caractérise assez l’inimitié qu’elle portait à la Réforme. Les malades que Zurich envoyait à ses eaux étaient contraints à se confesser et à recevoir les sacremens; mouraient-ils, on leur refusait la sépulture. Les injures que les Zuricois recevaient, leur étaientd’autant plus sensibles que Baden était leur sujette. Ils ne pouvaient songer à demander justice au bailli régnant, qui était deSchwyz. Son successeur devait arriver de l’Unterwald; mais

Au nombre de vingt-six. (Sckanbroultner.) Il était du nombre. Jiuttinger, Myconiu».

>* Fus$ti, VI, 100.

avant qu’il se fut rendu à son poste, Berne, à l’instigation dq Zurich , fit savoir aux quatre Cantons du centre de la Suisse , qu’elle ne laisserait point le nouveau hailli s’établir à Baden , que l’Unterwald n’eùt donné pleine satisfaction pour son irruption dans rOberland. Elle jugeait, » qu’en permettant que l’envoyé d’un Canton aussi hostile se mît à la tête de sujets aussi mal disposés, elle exposerait à mille injures et Zurich et elle-même. » Lucerne essaya en vain défaire agréer sa médiation^*.

. Les partis étaient, donc formés depuis longtemps, leur irritation était extrême, et pour qu’ils en vinssent .aux armes, il ne fallait plus qu’une impulsion; Zurich la donna. Ce fut, il est vrai, au moment où elle se vit isolée, après avoir cherché vainement tous les moyens de réconciliation. Quatre fois elle avait réitéré auprès de tous les Cantons sa plainte de ce qu’on la mettait au ban de la Confédération^®; et elle l’avait toujours faite en vain. Après la dispute de Baden , on s’était refusé à lui prêter le serment d’alliance. Les menaces et les violences pleuvaient de toutes parts sur elle et sur les amis de la Réforme. Les Grisons venaient de l’éprouver ; ayant fait savoir en Diète que leurs ambassadeurs, revenant de Milan, avaient été saisis par le châtelain de Musso et qu’ils étaient retenus par lui eu dure cap- .tivité, c’était à peine s’ils avaient été écoutés^’; et bientôt des envoyés de la Diète déclarèrent ouvertement à Coire que , « si l’hérésie de Zwingli n’était extirpée

BulUnger. Lettre du gouvernement zuricois, du 80 déc. 1528. (Coll. Siml.) Salai. Coll, de Tscitudi à Rlteinaa.

Le !i janvier 1825 ; les 6 février, 10 mars et 12 juillet 1526. Biiltinger,

/4 Parla rrf. Rliacl., 132. I.ucerne, 10 oct. 1525. ( À. Z. S. )

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