‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 231 sur 234 · LIVRE VU. PART. IV. CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. IV. CHAP. IV

le chagrin avaient rejoint à Zwingli ** . Des trois vocations, Bullinger crut devoir accepter celle que lui offrait Zurich. Il fut donc invité à se présenter le 9 décembre devant le Grand-Conseil de celte ville, et il y vint accompagné des pasteurs ses nouveaux collègues. Le bourgmestre Walder leur adressa la parole à tous : « Cbcrs Messieurs, dit-il, je suis chargé de vous annoncer l’élection de Henri Bullinger à la place de premier pasteur; je dois aussi vous lire le quatrième article du pacte que nous venons de conclure avec nos sujets de la ville et de la campagne ; il porte qu’à l’avenir nous ne nommerons aux places de pasteur que des hommes agréables au peuple , paisibles , prêchant la vérité d’une manière bienveillante , amicale et chrétienne, et qui sachent se résoudre à nous laisser gouverner l’État comme bon nous semblera. » Bullinger remercia les Deux-Ccnls et demanda, de concert avec ses collègues , du temps pour réfléchir à ce qui venait de leur être communiqué. Peu de jours après, les pasteurs se présentèrent de nouveau devant le Conseil ; Bullinger exposa, au nom de tous, les motifs qui les empêchaient de reconnaître les limites que l’on paraissait vouloir prescrire à leur activité. « Au lieu de l’article qui nous a été lu, dit-il en terminant, nous en proposons trois auxquels nous souscrirons volontiers, parce qu’en retraçant nos devoirs comme prédicateurs, ils nous assureront les moyens de les remplir. Par le premier de ces articles, nous promettrons de consacrer tout ce que Dieu nous donnera de forces à la prospérité de votre gouvernement et à procurer la paix sur

la terre. Le second rappellera l’obligation où nous

Le 21 nov. 1541. Simon Grynaut, de rila et obitii Œcolam/iadii.

sommes, comme pasteurs, de dévoiler l’iniquité, de tourner contre elle l’arme de la parole, et de la châtier partout où nous la rencontrerons , chez le magistrat comme chez l’homme du peuple, dans l’Êtat comme dans l’Église, sans aucune distinction de personnes. Enfin , par un troisième article, nous nous engagerons à ne porter en chaire que la sainte parole , et à la prêcher en toute modestie et bonne discipline, selon la teneur du serment que nous prêtons au synode. » Ainsi s’exprima le jeune orateur devant la grave assemblée. Le Conseil se divisa , se livra à une discussion longue et animée , et finit par déclarer les prédicateurs « libres de prêcher la parole de Dieu en toute sincérité » Il renonçait à leur imposer des conditions et à les lier par des engagemens , dans la persuasion « qu’ils n’useraient de leur liberté que pour la paix et le bonheur du pays.» L’Évangile et la liberté triomphèrent donc de ce nouveau péril J leur voix continua de se faire entendre , même durant les temps de torpeur qui suivirent l’époque de la Réforme ; et maintenant elle se réveille de nouveau et s’annonce, nous osons du moins l’espérer , comme la messagère de jours meilleurs et d’un nouveau développement pour la Confédération rajeunie.

** « MU diesem einiigen Stuek , niimlich 6y der Bibly lu blyben f ward da$ Af#/ir behauptet. • Butlinger,

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