‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 27 sur 234 · LIVRE VII. PART, fi CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART, fi CHAP. IV

les adversaires pour empêcher que le sang ne coulât. Les Conseils n’étaient pas à l’abri des discordes. A Bâle, les hommes qu’on venait de punir pour avoir servi le pape obtinrent la déposition de ceux des conseillers qui recevaient une pension de la France. On ne se réunissait que pour accuser Zurich; et cependant le gouvernement de cet État, heureux de voir son alliance avec le Saint- Siège brisée par la mort de Léon, ne songeait plus qu’à éviter tout nouveau sujet de reproche. Son attitude ferme et paisible était celle qu’il appartient même à une petite république de prendre, quand elle a la conscience d’une conduite irréprochable et celle de l’attachement que lui portent ses citoyens

Déjà les principes qui prévalaient à Zurich, commençaient à se répandre à Schwyz et dans d’autres Cantons, quand le roi de France, jugeant qu’il devait se hâter de ranimer le zèle des Confédérés pour sa cause, leur envoya une brillante ambassade. Elle arriva à Lucerne dans les premiers jours de l’an 1 522. L’évêque de Senlis, le Sieur de la Palice, deux Visconti, de jeunes seigneurs en grand nombre et un cortège de cent chevaux marchaient à la suite du Bâtard de Savoie, chef de la députation." Thomas de Foix vint se joindre à eux, et pendant que le trésorier de l’ambassade y présent partout , parcourait les Cantons, les représentans du roi demandèrent seize mille hommes pour reconquérir Milan.

D’un autre côté, les adversaires de la France ne perdaient pas non plus les momens. L’évéque de Véroli, parvenu non sans danger à se rendre à Zurich, y avait pris le caractère d’envoyé du college des cardi-

* A. Z. BuUingtr, Gulceiardini , Kirchhofer , IVantatn, Ochs.

naux. Il joignit sesarüGcesaux énergiques efforts d’une ambassade impériale, qui entra dans Zurich tandis que celle de François I" arrivait à Lucerne. L’évêque de Strasbourg demanda, au nom de l’empereur, que dix mille braves vinssent se joindre aux vainqueurs de l’Italie, et combattre l’allié des Turcs, l’ennemi de la * chrétienté. François Stampa appuya cette requête. C’était un Lombard hardi et rusé, qui savait se prévaloir tour-à-tour de ses relations avec un grand nombre de Suisses, de son titre de bourgeois de Zurich , et des pouvoirs dont il était revêtu comme envoyé du duc de Milan. Il ne négligea aucune des voies qui pouvaient le conduire à ses fins*.

Mais ces efforts réunis n’ébranlèrent point une Diète dont la majorité était acquise à la France, et qui ne prêtait qu’une oreille impatiente aux députés impériaux. Elle accorda seize mille hommes à François 1". Schwitz s’était laissé gagner. Zurich, la Ligue-Dieu, et celle des Dix -Juridictions furent les seuls États du corps helvétique qui ne cédèrent point à l’entrainement général. La France abandonna cette fois aux gouvernemens suisses la nomination des capitaines.

, Elle voulait ,se réserver de pouvoir faire passer la troupe en revue, et d’en choisir les soldats. Les Conseils y consentirent; mais les peuples ne le permirent '' point. Ils se soulevèrent contre un procédé inaccoutumé, qui leur parut insupportable.

L’armée se trouva au complet à la fin de janvier. Partagée en trois corps , elle se mit en marche par le Splu- ^en, le Saint-Gothard etleSimplon. Elle avait juré deser-

* Anshelm, Stetllerj ColL SimL A. Z. S. ff^HrstiseHj Stokar, Guic- ^tartiint , Galcaxzo Capetla» A, Z» •

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