‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 28 sur 234 · LIVRE VII. PART, i; CHAP. IV. 5U · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART, i; CHAP. IV. 5U

vir le roi envers et contre tous, d’observer la discipline, d’honorer les lieux saints, de respecter les propriétés, d’épargner les faibles et d’avoir le Dieu du ciel devant les yeux. Le passage des monts fut lent et pénible, quoique les Français eussent, à grands frais, fait pratiquer des routes à travers les neiges accumulées. Ce ne fut qu’au milieu de février que les trois corps se trouvèrent réunis à Bellinzone. Alors seulement la Diète déclara à l’ambassade autrichienne, qu’une convention faite avec la France ne permettait pas d’autres enrôlemens; qu’au reste les Confédérés seraient fidèles au pacte héréditaire, tant qu’il serait observé par l’Autriche. La Diète invita aussi Zurich et les deux Ligues à n’accorder à l’ennemi ni passage , ni levées ; elle leur demanda de se tenir prêts à défendre au besoin les frontières communes de la Suisse. La réponse fut amicale

Cependant on ne savait encore qui succéderait à Léon , ni quel système prendrait la place du sien ; cette incertitude paralysait en Lombardie l’action des Alliés. Ils n’y conservaient leurs avantages que par l’activité et la prudence de chefs habiles. Ce fut pour eux une bonne fortune que l’arrivée à Parme d’un commandant aussi vigilant et aussi ferme que Guicciardin. C’en fut une autre encore que l’art avec lequel un moine Augustin sut à Milan s’emparer des esprits et communiquer l’énergie d’un actif enthousiasme à une multitude inconstante. « Tout sacrifier plutôt que de subir de nouveau le joug abhorré de la France, » fut le cri des Milanais. Les riches apportèrent de leur richesse , les pauvres de leur pauvreté ; chargé de leurs dons réunis, Jérôme Adorno se rendit en Allemagne

’ A. Z. SteltUr, Pallat Bhitliea. Aiishelm. A. Z. S. Gai, Capelta.

pour y chercher du secours. Colonne, de son côté, remplit la tâche d'un chef habile et sage. Après avoir envoyé Antoine de Ley va à Pavie, avec trois mille hommes, et avoir mis des garnisons moins considérables dans Novarre et dans Alexandrie, il prit lui-méme, à la tête de douze mille fantassins et de mille deux cents chevaux, une forte position sous les murs de Milan. Il se fortifia d’une part contre les attaques du dehors, et de l’autre contre celles des Français demeurés dans la citadelle. Ainsi retranché, il attendit que des secours lui vinssent d'Allemagne, et que le jeune duc de Milan, parti de Trente, fit son entrée dans la capitale.

11 n'en fallait pas moins pour s’opposer à la rapidité française. Le duc de Ferrare, sorti des marais presque inabordables qui couvrent sa capitale, dans lesquels les succès des Alliés l’avaient jeté, avait reparu avec de nouvelles forces. Il avait reconquis Bondino , Finale, San Felice, et parlait en maître jusque dans les environs de Parme. Lautrec, dans l’attente d’un puis* sant secours, avait osé quitter Crémone. Renforcé par un corps vénitien de six mille hommes de pied et de quatorze cents chevaux, il passa l’Adda, et alla au-devant des Suisses, avec lesquels il fit sa jonction le premier mars près de Monza. Avec les Confédérés se trouvaient le Bâtard de Savoie, le maréchal de Chabannes^, et ce Montmorency qui devait un jour, comme connétable , prendre une place illustre dans les annales de la France. Us avaient tiré des bailliages suisses en Italie de l’artillerie de siège. Rien ne leur paraissait devoir s’opposer à ce qu’ils entrassent vainqueurs dans Milan. t

* Sieur de la Palice.

Digilizf:;1 by Goc^le

Page 1