LIVRE m. CHAP. I
versel. Tandis que Rarogne attendait à Zurieb leur accnsation^ eux, prétextant l'invasion des jeunes hotames du Gessenay avant raccotnmodement, fondirent sur FOberhasK et enlevérefit six cents moutons; quinze jours plus tard y ils en emmenèrent encore sept cents. Ainsi,' même un désert de plusieurs lieues, où, excepté un peu de gazon court, on ne voit que rochers, lacs inanimés ^'*^ et glaciers éternels, ne put défendre, contre l'homme, l'homme et ses troupeaux. Dés que la nouveMe en parvint à Berne, le gouvernement manda les^ magistrats de l'Oberland, s'informa des passsiges avantageux des montagnes, déploya la bannière de la ville, et reçut cent hommes de Fribourg, cent de Soleure et un secours de Neufchatel et de Valangin. A Tarrivée de ces troupes dans l'Oberland, cent trente hommes de Trachselwald et de Berthmid furent envoyés lé long du lac de Brienz pour pénétrer avec toute la milice de rOberhasli par Guttannen da»« tes solitudes du Grîmsel, afin de débusquer Tennemi d#ce passage; ce qu'ils firent sans peine. Les habitans du Gessenay, aus«i combourgeois de Berne, reçurent avec joie l'ordre dépasser le Sanetsch ; ils enlevèrenl^trois mille moutons. Le gros de l'armée, fort de 5,000 hommes, pénétra parFrutigen jusqu'à l'endroit où la- route aboutit à deux senlters, cojiduisant, par-dessus des hauteurs désertes, le meilleur par ta Gemmi a Louèche, Tàutrepar la vallée de Gastern ^^^ sur l'alpe de Lôtsch, aux confins du dixain de Rarogne, ainsi nommé du osanoir de la famille du
»'* SaQ3 poissons. Un d'eux est appelé Lac mort ( Todientee).
^^^ Nom dérivé peut-être, <^mine celui de la. vallée rhétienne, de • casti^a • : ce passage, dont le^ Bernois firent aussi nsage en i&84, joir» sans doute an rôle dans» plus d*nnc anciennt goerro.
baron 5 dont il ne restait plus que des décombres ^^ Près de Schônenbûhel ^®^, où ce sentier est étroit et escarpé^ les avant-postes des Yalaisans furent chassés. Les Bernois passèrent sur la hauteur une nuit extraor-- •dinairement froide, exposés à une neige fine et piquante. Le lendemain le val de Lôtsch jura obéissance en tout ce que consentirait le Valais entier; quant aux frais de la guerre, leurs voisins de TOberland ^^^ prononceraient. L'évacuation des passages pour la sûreté de leurs sujets, voilà tout ce que les Bernois demandaient. Â leur retour, des députés zuripois exposèrent le message suivant : « Des représentans de Lucerne, d'Uri » et d*UnterwaIden, accusant presque Zurich dé par- }) tialité en faveur de Berne, ont demandé à son grand » conseil une promesse de secours pour le cas d'une » guerre civile. Les Zuricois leur ont reproché le sou- » lèvement des Yalaisans et l'appui donné à ceux-ci ; )) les Waldstetten ont alors adouci leur langage ^**;, i) Zurich désire la pacification de ces troubles et prieles « Bernois d'en proposer les moyens, r— , Les mo^ensv » répondit Berne , ne sont pas inconnus. Que le Valais. >i se soumette à la sentence des arbitres , et indemnise » rOberhasli des dommages causés par la rupture de la. » paix. » Ce ne fut pas sans raison que les Bernois
*^* La chronique de Brantêchen, n. ^56. Nous ne voyons pas clairement à quelle époque de ses malheurs nous devons placer cet événement; il se peut que la Mazze lui ait été portée jusque-là. ' ^"^ Au pied du Gandek. SchSnenbûhel (beMe colline), ainsi nommé par antiphrase, usage fréquent dans plusieurs contrées, est appelé par Stttmpf « le sauvage Elsikon > .
*** Sîbentbal, Aeschi (et non chftteau d'Oex), Frutîgen, Interlachen.
*'* « Us ignorent qn*on ait mal parlé de nos arbitres ; on voit courir » dans le pays quelques mauvais sujets qui en veulent à Berne; Berne • tient presque un langage singulier. » Pretoc» miuùc, de ZurUk.