LIVRE III. CHAP. n
années auparavant par une bataille^^^^ et se dirigea sur Gaiss* Gaiss est situé au milieu des prairies les plus riantes, au pied du Gsebris qui le sépare de Trogen. Ils savaient que depuis là la route d'Appenzell même était entièrement ouverte.
Les Appenzellois n'ayant jamais triomphé par le oombre, mais par leur intrépidité et par Thabileté à |)rofiter de leur situation avantageuse^ le comte résolut de faire tout le tour de leur pays , afin de les attirer dans la plaine ou de les surprendre par une irruption , «'il découvrait un passage qui ne fût pas gardée II divisa ses troupes, pour les forcer eux-mêmes à diviser les leurs. Il espérait modérer leur ardeur irrésistible en les obligeant à veiller de tous les côtés. ,^
Avant que toutes les milices de ses vastes domaines eussent pu le joindre et qu'il fût sorti delVfagdenau, le corps stationné dans le Rheintbal apprit que la bannière appenzelloise était en marche contre le comte dans la direction de Hérisau. Croyant donc que la contrée de Gaiss était dégarnie et qu'on ne soupçonnait pas sa présence^ il monta en hâte de ce coté. Mais les troupes ne s'étaient pas encore mises en route , ou , ce qui est plus probable , attendu qu'on pouvait craindre une surprise du côté du Rheinthal^ une partie d'entr'elb^ occupaient Gaiss , le chef-lieu, et les contrées environnantes. Ces gamisona^QU peut-être tout le peuple des rhodes intérieures, reçurent Tennemi au Stoss comme une troupe déçue dans ses espérances, assaillie par des hommes préparés à tout et avantageusement poités à l'endroit où déjà une fois ils avaient remporté la victoire. On s'étonne moins du grand nombre de Token-
»* Ci-dessus , p. i07-ilO.
bourgeois qui périrent ^^^ que de la Circonstance qiiele reste ne s'enfuit pas au-d^ d'Altstetten^^. Il est vrai que les Âppenzellois ne pouvaient pas les poursuivre ^ parce qu'ils avaient etix-mémes à se tenir en garde con* tre la supériorité du nombre.
A cette nouvelle > Frédéric jugea important de détruire sans retard l'opinion qui venait de se fortifier çacwe que les AppenzeUois étaient invincibles : il or-
*^^ Têchudi, un grand nombre; fVaUer, 520; Bafm, âSÔ.
•^* Je regarde ce fait d'armes comme le premier de celte guerre (Paprès Tsehudi et WaUer; Bischofberger parait le confondl*e avec l'attaqae près de là Hohenek dont il sera parlé bientôt; je ne puis partager son opiniod , attendu que d'après l'ensemble du récit l'issue de ces deux premiers combats au Stoss et à la Hohenek fut trè»-diYerse.=9M. Zellwéger ( l, 45Â, 455) raconte la succession des batailles de cette guerre d'une manière un peu différente, d'après des sources qui paraissent mériter tbute confiance; ce sont ta Chronique de Rédingy IV, 331, comparée avec ta Chroniquje (Tun Autrichien, n** 645 de la bibliothèque de Yabbaye de SaintrGall, une Chronique anonyme de la bibliothèque de la ville de Saint-Gall et principalement les Jeta Abbaiiscellensia, n* 1683 des archives du gouvernement de Saint-Gall , qui concordent parfaitement avec SchulttidU, Chron, Cènataniienset 1 , 99. Voici les principaux faits d? son rétit t Le 1 novembre, le comte Frédéric de Tokenbourg fait diriger une fausse altaque contre la biilice d'Urnœsch et Uundwyl au Hamm près de Schônengcund , tandis qu'avec le gros de ses troupes il marche sur Gossau , brûle ce village et se porte sur Hérisau , où les Appenzellois étaient retrancbliët Ceux-ci fondirent sur les Tokenbourgéois avec 'de grands cris , maii s'arrêtèfeut quand ils les virei^ disposés à les bien recevoir et rebroussèrent chemin. Les Tokenbourgéois les poursuivirent et leur tuèrent 82 hommes. Trois jours après, le comte, parti du Rheintbal, fit une nouvelle attaque. Ses troupes étaient partagées en deux corps, doDt Fun devait menacer les AppenzeUois du côté du Stoss, et l'autre livrer le véritable combat près de flonetk ou Hohenek. Celui-ci, attaqué vivement par les AppenzeUois dans un chemin éttoit, fut battu, perdit 400 hommes et s'enfuit en toute h&ie à Altstetten , où avait eu lieu le rassemblement des troupes; l'autre quitta le Stoss sans avoir risqué le combat. Ce récit répand du jour sur le texte et les notes qui vont suivre. C. M.