‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 165 sur 173 · LIVRE 111. CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE 111. CHAP. II

donna aux chefs les plus éloignés d'amener prompte-r ment leurs troupes , et redoubla ses sommations pour que Zurich remplit les devoirs de la combourgeoisie. Henri de Siegberg le joignit à la tête de ses troupes rhétiennes^^*^; Zurich requit les Confédérés au nom de leurs sermens de ne pas se déclarer contre elle et le comte ^^^; déjà des volontaires accouraient de cette ville auprès de sa personne ^^^; il sortit alors de Magdenau , tourna l'estrémité nord-ouest des rhodes extérieures et arriva dans la plaine de Gossau. Ce vfllage^ relevant de l'abbaye , mais tout dévoué aux Âppenzellois ^^^ , n'était qu'à urne lieue de Hérisau ; Hérisau est plus élevé : entre deux se trouvait une forêt traversée seulement par des sentiers mal entretenus •

Le comte se proposait peut-Atre principalement dt prendre pied dans Hérisau. U espérait y parvenir sans peine en attaquant à la fois l'ennemi de deux côtés opposés. Il donna l'ordre à une partie des siens de passer au > pied de la haute montagne de Hamm par le petit village de Schônengrund et par le TûSenberg, et de se porter sur Urnaeschen, situé siu* la route du chef-lieu ^^^ U espérait par tt cwper le chemin de Hérisau à la bannière nationale 9 si elle ne s'était pas encore mise en

"' SprechiÊT, PalL Rhœt. 1. III, ad a. 1427.

>ss Quelques-uns songeaient à prendre les aitnes pour Appenzell , à cause de TaHiance;

*^' Arrêté du coweil de Zurich, i novembre : « On dira aut tribus que chacun est libre de se rendre sous les drapeaux de Tokenbouig pour une solde.»

*** Il se pourrait qu'ils dussent pavtir d'Urnseschen ou Hnndwyl et tomber sur les derrières des ennemis postés près de Hérisau quMI voulait attaquer.

marche, ou, si elle occupait ce village, l'obliger à voler au secours de Tintërieur du pays, autrement, ce qui serait plus important encore , s'emparer du chef-lieu méme'^^.

L'un ou l'autre de ces desseins aurait réussi sans la haute intelligeiice militaire des Appenzellois. Ken que leur pays fût difficile à conquérir, ils n'en croyaient aucune partie inaccessible : ils ne négligèrent aucune contrée. Ils avaient partout assez de monde; nulle part il ne s'en trouvait trop : là où le pays forme un rempart , la multitude s'entrave. Ceux qui firent .irruption prés de Sdiônengrund furent repoussés pa» les habitans de Hundwyl et d'Urnsèchèn , qui occupaient le passage , ou peut-être se tenaient prêts dans leurs villages à aDMO^cher au premier signal des vedettes postées sur les montagnes*

Cependant la flamme du village de Gossau s'élevait dans les airs ; car Frédéric voulut à la fois punir ses habitant et attirer ceux de Hérisau dans la plaine. Ces' derniers virent l'incendie , et devant eux dans la campagne quelques hordks de mercenaires ennemis. Leurs cœurs s'enflammèrent; la bannière do pays était fit, et avec elle les jeunes hommes les plus in'trépides , toujours en avant dans les plus grandes entreprises coinine

*<^ On sait qae cette tentative fut faite le jour où eut Ueo l'affaire de Gossau qpé nou&^allons raconler; mais on ignore le jour de Tévéïiemeat du Stoss; il ne serait donc pas impossible que, tandis qu'il fit du côté de Hérisau une attaque feinte ou véritable, les autres corps d'armée dossent agir contxe le cbef-lieu, l'un, du côté de Schônengrand , Tanlre, du oôlé du StAfis. Celte tactique pouvait porter un coup mortel à la lib^léi^ on voit combien cet ennemi f qui connaissait les habitudes ei la situation des pavs , était plus redoutable que les autres.

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