LIVRE II. .CHAP. VIÏ , 2* P
et Appen:(elloisy tués. Cette guerre leur étant évidemçient défavorable, ils firent avec ordre et fermeté, en hommes résolus , une retraite si formidable , que personne ne voulut aider le seigneur Béringer de Hohenlandenberg*'^ à les poursuivre. Ils ne sauvèrent ni la machine Y^ippenzelloise , qui lançait une charge de dix quintaux, ni les autres engins disposés devant la ville. Ils supportèrent à regret, mais avec courage , un revers que les plus grands et les plus savans généraux n'ont pas toujours le bonheur d'éviter.
Avant la saison où les troupes ont coutume de se mettre en campagne, Ruprecht, roi des Allemands, vint à Constance ; là s*assemblèrent aupi^és de lui les seigneurs et les chevaliers de la ligue souabe ; ri convoqua aussi les plénipotentiaires d'Appenzell et de Saint-Gall. Ceux-ci parurent comme chefs d'uiie g^^de ligue, à la tête de beaucoup de députés de leurs confédérés de la forêt de Brégenz, de la plaine de Torenbûren, du bourg impérial 4c Rankwyl^ du Rheinjthal , de Feldkirch , du Wallgau, de TEtschnerberg, de Pludenz, de MontafuUf, des vallées de*Pitzenau, de Stanz et de Lech, ainsi que d'autyes tôhtrées. du TyroP''^. Ruprecht, né comte
*''* Il cria à haale voix *■ •Suivons-les promptement dans, leur pi^s, ex* » teriDÎnons iemiikiîs et enfans, afin qu'il ne se développe aucnne se* a noieficè 'petiJr lia perte de là noblesse. • Hemmsrlln, deîiobiiiiaiê» [ . ^* En yertn des signatures et du sceau ânjugêmêni-royaL è40S. ViTal. ser en donne un extrait qui n'est pas entièrement exact >=3 Cette ligue, qui s'appelait Ligue au-dêsgus du lae {der Bund ob dem Seè), G^est-à*dire an midi du lac de Constance , par opposition à la ligué des villes et des seigneurs auftour du lae {Bund um den See), eut quelque temps une grande importance. Son développement fut rapide ; on ignore s'il exista jamais un pacte commun ; on ne connaît et on ne possède que des dallés particuliers avec les nouveaux membres qui y accédaient Cette confédération aurait pu acquérir une influence durable; elle et la Gon^
palatia du Rhin, de la maison de Wittelsbach , était un monarque en qui l'on pouvait tout au plus blâmer la manière dont il était monté sur le trône; il mérita plutôt l'approbatioii' au sujet de ses autres entreprises , que des éloges pour leur exécution j sa capacité n*était pas à la hauteur des circonstances.
On commença par reprocher sévèrement aux Appenzellois la formation de leur ligue, la destruction de tant de châteaux et Tabrogation des cens et des impôts j on ne put toutefois les accuser d'avoir cruellement abusé de leurs victoires. Les Appenzellois répondireut ; « La » cause des désastre^ vient des Empereurs \ à nos accu*
fédération suisse comprirent la politique de leur défense et du moment présent, qui aurait pu renfermer le germe de la politique de TEurope, et de l'avenir ; une lutte d'habileté s'engagea entre elle et l'Autriche. Les Puisses et la ligue sentirent que leurs intérêts étaient communs et qn'il leur importait qu'il n'y eiit entre les deux confédérations aucun tenitoire étranger ou ennemi qui les empêchât de se porter mutuellement secours. L'Autriche avait un intérêt directement opposé : dans le but de les séparer, le duc donna au comte Frédéric de Tokenbourg, à titre de gage, le comté de Sargans, les seigneuries de Freudenberg et de Midberg, Wailepstadt, Wésen, Windeck, tout le Gaster et le Rheinth^l. £n revanche, Iç Gaster et tout le Tokephourg s'unirent immédiatement après à la ligue au-dessus du lac. «On ne sait, »ditill. Zellwéger (I, 568)i qui a si bien raconté l'histoire de cette association , « si le comte fut forcé par la volonté du peuple à consentir à ces alliances, et s'il forma, de cQncert avec Ital Réding, le plan de reponsser l'Autriche derrière les hautes montagnes qui séparent le Tyrol et le Vorarlberg. Sa conduite équivoque pendant tout ce temps et la circonstance que dans la suite il s'empara de tous les domaines engagés , et tenta de se rendre maître de Feldkirch et de Pludenz, donnent assez de vraisemblance à la s^onde de ces conjectures. 11 ne peut y avoir aucun doute sur le plan d'ital Réding, qui était l'àme de la ligue. H nourrissait le projet de l'agrandir en y faisant entrer la Thnrgovie et l'Allgau , puis de l'unir à la Confédération suisse. • U est décile de calculer les conséquences qu'aurait eues l'agrandissement du noyau d'une confédération républicaine du eAté de l'Allemagne , et qui aurait touché au Tyrol. G. M.