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marchèrent sur Liestal etHonberg^ exerçant le pillage } elles emmenèrent du butin même depuis Wallenbourg; mais la bannière de Bâle les battit près <le Magden^ village situé immédiatement au-dessus de Rheinfelden *^^. Istein pris et les fertiles plaines autour de Bâdewyler horriblement ravagées, le duc Louis de Bavière^ gou* verneur général de T Alsace , assisté du margrave Rodolphe de Rôteln, obtint par sa médiation que dans une conférence tenue dans la ville deKaisersberg^ on conclût après deux mois de guerre une trêve d'un an ^*. Il y détermina sans peine les Balois ^ qui eux-mêmes avaient inutilement député vers la princesse pour mettre un terme à ces dé^streuses hostilités.
La paix fut ensuite négociée avec une peine infinie par le margrave , à la condition qu'outre Istein la for* teresse voisine de Rheinfelden serait cédée à la ville de Baie ^^. Mais comme cette cession ne pouvait avoir iieu sans le consentement de Frédéric, le comte Herrmann ^^ fit opposition jusqu'à ce que les villes suisses
^^' Brukner, p. 999 et i085 ; la derni&re date qu'il rapporte est pins exacte que la première.
"* Depuis U St-Nicolas 1^09, jusqu'à la St-Martin 1410. Bruknêr , d'après les chartes , p. 1A8 ; Tachudi. Ce qui fit conclure cette trêve si promptement , c'est que les Bâlois n'avaient fait la paix qu'avec Kaisersbei^, tandis qu'ailleurs ils poursuivaient énergiquement la guerre.
&<s Y compris le rocher sur et Contre lequel est bftti Istein, avec chemins et sentiers. Jugement , 1410. Brakner ^ p. 677. Ttehudi jpBTÏe aussi d'Alfenstein et de Sleinek. Ce dernier chàtev< appartenait à OttK^n de Thierstein ; il l'hypothéqua à des particuliers de Bàle. Hafnar , Théâtre soleurois, t. IT, p. A03 , ad. a. 1411.
^'6 £q général ]& conseillers de la»duchesse ne voulaient pas de paix; il est hors de doute que cette guerre intéressait moins l'Autriche que les seigneurs. Us n'avaient pas voulu entendre les Bâlois à Vienne ; les négociations furent traînées en longueur à Ënsisbeim, pendant qnatone semaines; dans cet espace de temps les députés bilois retoumteot ati(
et le margrave Rodolphe , médiateurs entre le duc ei Baie , eussent prononcé dans la ville de Bade (( qu'Isteia » serait rasé ; que le duc rachèterait de Baie le fort de » Rheinfelden ; qu'une alliance serait formée entre la » duchesse Catherine ^ le duc Frédéric et Baie ^^'^. >>
Rodolphe^ seigneur de J^ïeuenstein et le sire Henri Z^ Rhyne ayant enlevé à Tancien bourgmestre Jean Lud-* mann de Rotherg ^^ la forteresse de Fûrstenstein , et fait décapiter la jgarnison , l'Autriche s'unit à Baie, afin d'exiger que le sire Ze Rhyne et tous les mercenaires qu'il avait attirés de Blauenstein^ conduits pour cette violation de la paix devant la forteresse reconquise, eussent la tête tranchée ^^^. Le sire Thûring de Ramstein, seigneur de Zwingen et de Gilgenberg ^^^, co-seigneur de Blauenstein, souffrit à cette occasion des dommages pour lesquels Baie lui donna un dédommagement di^ gne ^*^ de leur amitié mutuelle ^*^ et de sa confiance eu
Ibis cheE eux. La reprise de la guerre et les exhortations adressées par Rodolphe à la duchesse , lorsqu'elle viiU à Ensisheim , el au duc Frédéric, lors de son séjour à Bade, purent seuls STla fin amener une paix. Etterlin.
**' Vendredi avant la Ste-Marguerite , 1411. §rMner, p. 148. Avec les pierres des châteaux démolis, on bMit au Petit-Bâle, la porte du côlé de Riehem ; p. 66i*
*** Voy. dans Lea. , Tart. Rotberg.
^^^ Tschudi, 1411 etsuiv., Hafner, U c. , rapportent que Blauensteio i et (p. 429 , ad. a 1412) Neuenstein, i'un appartenant à Ze Rhyne et l'autre à Rodolphe, furent aussi démolis. -
^^® Autorisation qu'il ^accorda a^içp habitant de i<(es fa/ de transformer des bois en champs, 1407. Bruknert p. 998. Sa femme Adélaïde «appartenait à la maison des comtes de Neuchàtel, en Haute -Bourgogne; l'évéque était son beau -frère. ^^
*** Ore/onnanflc, 1412. i6id.
^2 Charte psg: laquelle il s'engage à n'héberger durant cinq ans aucun ennemi de la ville , 1405; Ibid,, p. 1836. Ramstein même avec Horenboiirg et Heidek , était ouvert aiix Bernois , aux Soleurois et aux Bftloi&
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cetta ville ^^. Quant au sire Pierre d'Eptingen ^** et aux bourgeois nobles qui avaient déclaré la guerre aux Bà-«i lois, le grand conseil résolut de ne plus jamais leur aocorder Je dvoit de bourgeoisie^**. Le pouvoir des bourgeois s'accrut de telle sorte que l'évéque put à peines maintenir une partie de son ancienne influence dans les élections ^*^.
L'année même où Baie termina avec dignité la guerre, contre les gouverneurs de TAlsace et presque toute la noblesse du voisinage , le duc Léopold fit une chute mortelle, et la duchesse se retira dans' TÂlsace son douaire ^^7. Là, malgré son âge et sa tournure sans grâce ^^^y elle s'éprit d'amour pour Smasmann de Rap^
Ck. iPEberhard et d'Egbff de R, iàH; Jean et IHerre de cette maison étaient capitaines des milices de ia ville; 1607; Ibid^
^^^ Tbûring ût à Bâtie le dépôt de Targenterie du commandeur de •Saint-Jean en Lorraine.
*** A rîntercession d'Otton de Thîersteîn, on lui rendît pourtant le péage au-dessous de Nenbonberg, au bas Hauenstein , 1410 ; Ibid. p. 8075. 645 Ordonnance ikit^ Ibid. p. 2245.
**• A la prière de la ville, il nomma à la première magistrature le chevalier Gûnther Marscball, qui n'était pas comme les précédens bourgmestres de la cbamlia'e haute , mais de la chambre à boire de la tribu de ia fontaines en revanche , lorsque la ville se disposait à élire cette fois elle-aiéme le chef des tribuns, il nomma Ulrich d'IIettiRgen , qui n'appartenait pas à la classe des huit citoyens * voulue par la constitution } celui-ci fut rejeté et Ton mit à la tête du peuple, sans le concours du prélat , un antre chef , avec le titre d'ammestre , suivant l'usage de Strasbourg; 1410. Eiferlin^ fVurstUen,
5^7 Auparavant déjà elle y séjournait de temps enXemps. £n 1397 , elle régla dans la forêt près d'Ensisheim , l'austère couvent des religieuses, de SchÔnensteinbach, d'après le conseil de maitre Conrad de Prusse, qui réforma lesDominicaîns sous Tau torflé de ClarannadeHonbourg; celleci croyait comprendre! es livres mystiques de St. Denis. Félix Faber, ^*8 Elle était « mulla crassitudine dilatata» Ebendarffer ab HasUbaeh^
• yéchtbîirger; voy. Ochs, Geschichte der Stadt und tandscha/t Basel, I, 476» H, ioo> u. f. C. M.
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polstein , noble et riche gentilhomme, qui , dans sa jeunesse, avait joué un rôle important à la cour dii père de cetle princesse et plus tard avait été bailli de la Haute-Alsace au nom de la duchesse et de son époux ; ne sachant point résister à sa passion ^ Catherine, sans égard pour les noms de Bourgogne et d'Autriche , sans crainte des amers reproches de son fràre, résolut enfin d'épouser Smasmann^*^.
Nous venons de voir Neuchâtel, Grandson, Montfaucon et Cossonay s'éteindre en même temps que Kibourg; la puissance de Berne grandir à Neuchâtel, à Qltigen et aux dépens de la Gruyère , tout comme celle des Waldstetten. au-delà du Saint-Gothard ; la Rhétie former des alliances entre ses peuplades et avec Glaris ; Appenzell épouvanter soudain parles armes de la liberté toute domination seigneuriale, acquérir d'abord une gloire digne de la Suisse, puis entrer dans l'alliance des Confédérés; enfin la république des Balois accroitre ses forces militaires par la réception de beaucoup d'homme$ belliqueux. Le tableau de ces histoires rapproché de celui des progrés et de la constitution des huit anciens cantons, d'un côté , et du gouvernenient embarrassé des domaines héréditaires de l'Autriche, 4e l'autre^ montre suffisamment qu'après la guerre de Sempach , pendant une paix de vingt années, la puissance, dans la contrée des Alpes, passa totalement entre les mains du peuple. Les principaux monarques voisins de l'Autriche étaient les fils de l'empereur Charles IV, Wences-
Oette aventure amoureuse avec Smaamann (nom corrompu de Maximin) est de Tap 14i9; sa femme mourut cette année-là^^et Jean de Bourgogne vivait encore.
^^^ Id, le mari&gc fut néanmoins empêché, et l'on fit en 1430 un ^arrangement avec Smasmann. SchdpfUn, AU, IlL II, 507.
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las 9 roi de Bohème ^ et Sigismond ^ roi de Hongrie t ils étaient presque toujours divisés entre eux; Wences^ las^ méprisé; son frère, généralement tiaî; tous deux avaient les grands pour adversaires , tous deux furent jetés dans les fers ; la couronne impériale enlevée au premier fut posée, de son consentement, sur la tète du second ; mais auwn des deux n'avait de puissance réelle; ils possédaient moins d'argent que de domaines^ et Ton ne voyait à leur service aucun des héros du temp»; ceux-ci voulai^it la domination pour eux-mêmes. Au sein de l'Église, en Allemagne, dans le Nord^ en France^ en Espagne , en Italie, régnait le plus grand désordre» Dans la plupart des guerres, les armées se composaient d'une cavalerie invulnérable , inhabile sous de pesantefe ahnures, et de fantassins mal armés et mal disciplinés^ Les Turcs et les Suisses possédaient seuls un meilleur système militaire. Le sultan Amurat I avait donné dans l'institution des janissaires un bon modèle d'armées permanentes. Nous avons vu la nature du pays et la pauvre de nos pères les forcer de combattre à pied , et, comme les ennemis l'emportaient par le nombre, les Suisses s'appliquer d'autant plus sur les champs de bataille à profiter de tous les avantages, se montrer intrépides dans l'attaque, inébranlables dans leur constance. Uri était puissant dans le Saint - Gothard ; Schwyz, fornaidable par son audace; Zoug, raffermi; Glaris> ausâ juste que valeureux; Unterwalden , fidèle aux mœurs du temps où il battit Otton de Strasberg. Lu«ceme, Zurich et Berne, par leurs tours, leurs murail» les , leur territoire, leurs bourgeois internes et externes, et leurs sujets, par leur vigilance et leur courage, en paix et en guerre, étaient des cités florissantes, fortes et redoutables. La paix de yingians allait expirei^
158 iftSTOmE DB LA SUISSE.
Le diiG Frédéric en désirait la prolcmgation. Les villes et les seigneurs de la Thurgovie , de l' Argovie , du Hégau , des bords du Rhin et de la Forét-Noi- Pg550^ effrayés par la guerre des Appenzellois^ où leur Isuzerain les avait laissés sans secoure ^ instruits par l'exemple des chevaliers de la Souabe^ avaient/ à son insu^^^, formé une alliance pour deu» ans, dans le but de se secourir, par contrées ^*^, contre toute attaque, d'où qu'elle vint; car ils estimaient impossible de maintenir sans de nouvelles mesures, leur ancienne constitution. Les gentilshommes les plus éminens fu* rent contraints par les Suisses de respecter dans la personne du plus humble commerçant la nation même. Les Zuricois ayant appris que le seigneur de Krenkmgen avait pillé près de Waldshut leurs négocians , et ique Herrmann de Hinwyl, pour leur avoir prêté ser« joient , était retenu prisonnier sur le territoire de Ki-* bourg, épièrent avec quatre-vingts chevaux le mcK ment où le comte Guillaume de M ontfort-Brégenz , seigneur engagiste de Kibourg y descendit de son château pour une chasse au sanglier , l'assaillirent et le
. 6&^ Scbaffhouse, la plus grande des villes, qui seule avait deux voix dans les diètes; dans la Thurgovie, Wintertbur, Rapperscfaivyl , Diessen* hofen, Frauenfeld ; sur le Rhin , les Waldslellen ; d^ns l'Argovie, Zofingne, Snrsée, Arau , Lenzboiirg, Bremgarten , Mellitigen , Bade, Brongg; les chefs des communautés de la forêt Du côté de la noblesse, Thierstein, Rbynach, HcUwyU MàUinen^ Bûttikon, Hûnenberg, Liebek, BMdek, kriecb, Luternau. Traité d* alliance, janvier 1410 , dans Tsehudi,
*** On voit par le traité qu'ils étaient incertains s'il Tapprouveraît. Le bat paraissait louable , c'était de consolider leur dépendance de l'Autriche; mais «ils pouvaient douter si , en général, on autoriserait de pareil' les alliances, qui pouvaient aussi avoir une toute autre tendance.
^^* Les diètes de la contrée de Thurgovie devaient avoir Ueu à Schaffbouse; celles des bords du Rhin à Waldshut; enfin celles de TArgovie à Sade.
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firent conduire à Znrich. Comme chacun s'enfuyait épouvanté ^ quelques bourgeois de Winterthur et quel-" ques nobles de Schaffbouse furent arrêtés aux poptes de leurs villes ^*^. Durant vingt-sept mois ils demeu^-* rèrent, à leurs propres frais ^^*, sans recevoir aucun secours de leur seigneur ^ les uns à rhôtel-<te-ville de Zurich , les autres dans la tour du Wellenberg ^*. Dans cet état des choses, la paix fut prorogée.
L'an 1412^ le 28 de mai, les huit cantons de la Confédération suisse ainsi que leurs alliés de Sokure et du pays d'Appenzell furent conCrmés dans b posses-^ sion de leurs conquêtes pour cinquante ans ; la Mar- , che fut assurée aux habitans de Schwyz ; le droit de fief y la milice et le rachat demeurèrent réservés à FÂutriche partout où elle y avait un titre. On fixa des lieux d'arbitrage pour tous les différends ^^^ et un terme pour chaque procédure ^^''. Seize villes des États héréditaires voisins ^^^ , sommées au nom de leur de»-
^** Têchudi, 1411; fValdkireh ,. chronique de Scha/fhouêê, fixe la date avec pins de raison en 1410.
*** P. e. Jean Schacb de Wînterthur promet pour la nourriture 7 d^ i scb. Protocole municipal de Zurich, 12 mars 1412.
^^^ Dans celle-ci, Schach et d'autres. Décret du conseil de Zurich 1412, ordonnant de tirer le comte Guillaume de la tour, et de le placer à l'faôtel-de-ville , jusqu'à ce que Hinwyl soit rel&çhé*
^^* Bade^ Sursée, Zofingue, si le duc est le demandeur; Berote, Lucerne. Zurich, si ce sont les Confédérés. Traité de paix , 28 mai 1412. Têchudi.
^^^ Les réclamations qui n'auront pas été présentées aux diètes avant l'expiration de la paix de 20 ans demeureront suspendues pendant les 50 années suivantes. £,n cas d'empiétement, 1^ sommation doit être faite dans l'espace de deux mois , sinon tout droit est perdu.
**• Scbaffhouse , les quatre W^aldsletten , Diessenhofen , Bade , Rapperschwyl, Brougg, BremgaO*ten , Zofingue, Sursée ^ Lenibourg, Mellingen i Arau , Frauenfefd.
voir ^^ , c»tifièrent que cette paix avait été faite de leur ccmsentement , et qu'elles Tobserveraient. Le sire Burkbard de Mannsberg, bailli et conseiller du duc, la jura au nom de son seigneur ^^^^ Le 8 de juillet, dans toutes les villes et dans tous les pays de TAutri-' ehe aoti^rieure et de la Suisse , la paix de cinquante ans fut proclamée en présence du peuple. Environ un siècle auparavant les ducs avaient déclaré pour la première fois la guerre aux Confédérés suisses ^^^, afin de venger le dommage causé à Tabbaye de Notre-Dame d'Ein* sidlen, dont les sujets étaient maintenant unis avec Schityz par une combourgeoisie perpétuelle ^^^ ; pendant ce laps<le temps, les Confédérés avaient acquis une prépondërauce si décidée , que le duc d'Autriche se félicita de la paix de cinquante ans ; car chacun remplissait les conditions de ralliance éternelle.
^ ^* Car Rapperschwyl voulait que Scbwyt supprimât le marché hebdomadaire de Lachen, dans \^ Marche; et peut-être Schaffhouse et Winterthùr auraient-ils désiré se venger des emprisonnemens dont il vient d*étre qaestioné
^'* Il traita aussi pour les ducs Erniest et Albert et pour leurs descendans.
^f^ Le traité de combourgeoisie ^ St-Martin, 1414, dans Ttc/iit</f, n'est qu'uii renouvellement et une conGrmation ; Talliance date de la guerre de Sffinpach.
*'2 Le duc aussi dans le traité de paix rappelle les longues guerres précédentes.