‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 61 sur 173 · LIVRE n. CHAP. VII, 2* P. 44T · texte numérisé non relu

LIVRE n. CHAP. VII, 2* P. 44T

Aent abbé avait dépouillée îles revenijs de la prévôté au profit de son abbaye ^^^. L'abbé Henri chereba aussi à regagner les cœurs des habitans de Wyl ; il s'efForça de toute manière de leur prouver qu'il désirait voir leur ville libre et forte ^^^ Les Appenzellois ne voulurent kii prêter serment qu'en réservant et leur union cantonale et leur alliance avec les Suisses : à Texemple de ses prédécesseurs il lança contre eux les foudres de Rome et le ban de l'Empire ; mais les Âppenzellois pensaient que les foudres imméritées ne sauraient porter coup , et qu'avec une bonne conscience on ne pouvait être exclu de l'amour de Dieu ; la prospérité de leurs troupeaux ne reçut aucune atteinte du ban de l'Ëm* pîre : le commerce n'était pas leur affaire , et aux attaques ils opposaient avec confiance leur courage ^^^ et les Suisses ^^^.

L'année où le duc Frédéric tenta pour la dernière fois de se mesurer avec les Appenzellois^ l' Autriche mit fin à une autre guerre que plus de cent cinquante sei-

ié gouvernement à l'abbé , et par celui-ci à l'évêque ; l'autre prébende était conférée par Rome. On agrandit al(»rs l'église , et l'on éleva davantage la tour. $tump", ^

*" Leuj art. Abbé de Saint-Gall, Cuno. -

^** Ch. i41d, autorisant Wyl à employer à Tutilité de la ville les amendes et antres punitions pécuniaires; elle dit que la prairie appartient à la ville, etc. -

**^ En effet, les soldats du château de Feldkirch ayant mis le feu à leurs

maisons et emmené leurs bestiaux, ils les poursuivirent jusqu'au-delà

d'Altstetlen , et firent douze prisonniers , tiont les Confédérés négocièrent

en£n le rachat. Tschudi et Guter , 1412 , rendent mieux compte de cette

expédition que Walser, * »

**' Ce furent *eux qui, lorsqu'on rebâtit Grimnaensleîn , forcèrent l^ sire d'End à garantir aux Appenzellois que co château ne leur occasionnerait aucun dommage. Tschudi, 1. c.

gneurs et villes de son partf faisaient à la cité de Bâle^ l'exposant à plus d'incommodités que de périls. Tout ce que la maison d'Autriche possédait dans TAlsace^ Léopold^ frère de Frédéric, l'avait donné en présent de noces à sa femme Catherine de Bourgogne , fille aînée du duc Philippe; c'est pour elle que le comte Jean de Lupfen gouvernait le pays , tandis que Hen^ mann > comte de Sulz , administrait les domaines contigus^ héritage de Frédéric ***. Les seigneurs les plus puissans après Ceux-ci étaient l'évêque de Strasbourg, à la tète d'autres prélats > le comte de Wurtemberg, en qualité de Seigneur de Horbourg et de Reiche'nwyler, et au-delà du Rhiti , Rodolphe , margrave de Bade-Hochberg , seigneur de Rôteln. Les dix villes alsaciennes dé* pendaient de l'Empire ; l'Empereur faisait gouverner l'Alsace par un bailli ^'*.

A Bâle on ne voyait plus que quelque^ vestiges du bouleversement causé cinquante^trois ans auparavant par un tremblement de terre ^*^. La bannière delà ville était ordinairement suivie d'au moins 5,000 guerriers. Car tant que les métiers, dont l'importance s'accrois-* sait, ne l'emportèrent pas entièrement sur les anciennes familles, le gouvernement, appuyé par runanimité des citoyens, ne se montra pas avare du droit de

*^* Particulièrement depuis 1407. Schôpflin, AUaiia UL II, 506.

^^^ Celte coitttitutîon se déduit du traité d'alliance dirigé contre la société des malfaiteurs , nommée Ronge et Noires 1391, Brukner, p. S&O. llodolphe , abbé de Murbacb, était alors bailli impérial ; le chevalier Ni* " colas de Husc, bailli autrichien; le prévôt Mûlichen de Rfaeinau> goairerncur du Brisgau*pour le compte des ducs», était aussi bailli de Reichenw}^Ier pour le Wurtemberg.

**• Th. Ebendorfer ab HasUbûch, Chron, Austr, Ad 1556; il assure qoe lui-même en avait encore vu des traces à Tépoque du concile.

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bourgeoisie* D'un côté , les artisans renforçaient par le Qombre leur ascendant politique ; de l'autre , les corps de métiers, en s'agrégeant de nouveaux membres, diminuaient les avantages du monopole ; il faut dire aussi que dans ce temps on songeait moins au faible salaire et jmême à la considération attachée aux emplois , qu'à consolider aux yeux des étranger s, par un grand nom-* bre de défenseurs , la force et la prospérité de la libre république. Aussi à l'occasion de quelques expéditions militaires ^^'^, sous le gouvernement des bourgmestres Hançmann de Ramstein, Ottomann Schaler et Jean d'Eptingen-Puliant , dans l'espace de trente années^ on admit onze cent dix-sept bourgeois ^^^ ; dans la suite encore il suffisait qu'un homme cuirassé, muni d'un casque et de gantelets de fer-blanc, prit part aux guerres de la bourgeoisie^ pour qu'on Tinscri vit comme bourgeqîs sur le protocole municipal ^^^.

Dans les trois premiers quarts de notre siècle ^ une réception de bourgeois un peu moins considérable a modifié la marche du gouvernement de Genève; à Baie, la même cause produisit alors un effet analogue ; la ma-

^'^ GoQ(re Herlisheim en 1568; pour Fribourg en Brisgau contre Brîsach en ft66, et contre Endingen en 1367: contre Wildenstein en 1578, et contre Muttenz en 1393. Ces expéditiom ne sont ni toutes connues dans leurs détails , ni toutes dignes de mémoire.

^^^ En 1363 on en reçut 37 ; voy. JBrdkner, p. 1836; en 1366, il y en eut 108 ; ibid. p. 653, où l'on en voit la liste; Tannée suivante 85 ; ibid, p. 657 , où les noms sont paiement indiqués ; 300 en 1378 , et dans ce nombre Jean Falk, dont la famille fleurit encore; ibid. p. 1770 , où se trouvent les noms; en 1394 enfin, À91 dans le Grand-Bftleet 96 dans le Petit-Bâle ; ibid. p. 48; la liste n'y est p^, mais Bruluier a pour lui « fidem archivi. »

^<* Conseils et Mattres 1415 ; ibid. p, 1064* Au lieu d'un casque» il suffit d'un armel. Il fallait se faire inscrire dans la quiniaine après Texpéditiou.

150 HISTOIRE 1)E lA SUISSE.

nière et les conséquences ont différé comme les temps et les mœurs. Autant les Genevois écrivirent de pamphlets énergiques et spirituels, autant les Bàlois firent d'exploits dans l'intérêt de l'indépendance, de la paix et de leurs amis. Dans Tune et l'autre ville le pouvoir passa des plus nobles au peuple ; mais à Baie le peuple sut se maintenir, et les grands se perdirent en embrassant le parti de l'Autriche. On pourrait croire que des citoyens venus de cent villes et pays divers ^^^ devaient amener à leur suite une diversité proportionnée dans leur manière de voir; mais Baie du moins ne justifie pas cette opinion : là, tous furent bientôt d'accord pour le maintien de la liberté et l'établissement d'une forme démocratique; il faut, il est vrai, un rare mélange de gravité paternelle et de bienveillance civique pour qu'au milieu d'un peuple nombreux un sénat conserve son autorité intacte ^^^

Les gjouverneurs de T Alsace autrichienne , aidés d'un

**• Nous ne citeroiis pour exemple que la réception faite en 4378 ; il y avait des personnes des lieux suivans : Olten , Pfirt , Gf aenzadi , Âraa , Bûren, ^yikirch, Otmarshein) , Saint-Ursanne , Dclémonl, liestal, Soleure , fleidelberg , Arlesheim , Helfrathskircb , Strasbourg , Wimpfen , Haveusbourg, Nuremberg, Fribourg en Brîsgau, Golmar, Porrcntruy, Hheinfclden , Constance, Berne, Francfort, Zurich, Ueberlingen, Memmingen, Urach, Saint-Biaise, Qppenbeim, Winterthur, Schaffhouse, etc.

^^^ C'est pour cela qu'on trouvera éternellement mémorables les moyens par lesquels le sénat de Venise a su faire respecter et aimer son gouvernement pendant tant de siècles , au milieu d'une si grande multitude , sans qu'il y ait eu les moindres troubles civils. =; Le goVivernement vénitien ^tait redouté, craint , bien plus que respecté «t aimé. La terreur des jugemens secrets empêchait de s'exprimer sur les vexations de ses Podestà, Provéditeurs, etc. Il eût été renversé bien plus tôt, si l'Inquisition d'i'iltat neût pas contenu les nobles, si ceux-ci n'eussent pas été forcés d'habiter la ville, où ils ne pcmvaient se permettre ce qu'ils se seraient permis dans les provinces. D. L. H.

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grand nombre de nobles seigneurs, soulevét'ent une guerre contre Bâle^ d'abord à l'occasion d'une inimitié personnelle contre le sire Lûtold Monch de Môncbensteîn ^^^, avec lequel cette ville avait probablement fait une alliance défensive. Le plus ardent ^^^ de ses ennemis étrangers fut Herrmann y comte de Sulz ; il éprouvait du déplaisir de ce que les Bàlois avaient racheté des mains de l'Autriche Olten sur l'Aar, et même acquis à leur république , du comte Otton de Thiersiein ^^* et du roi ^^^, la justice criminelle de cette ville. Celle de Rheinfelden, dont les domaines seigneuriaux s'étendaient jusque près de Bàle, dans l'enceinte de Tancienne Augusta ^^^ , et qui était singulièrement importante à cause de sa forteresse située sur un rocher au milieu du Rhin, déclara s'être alliée au comte de Sulz pour la paix et pour la guerre ^^'^. Cent sept, et plus tard cent vingt-sept seigneurs et villes firent leur déclaration de guerre ^^^. Pierre d'JSptingen , surnommé Huser, et d'autres gentilshommes admis dans la bour-

***BriiAner, p. 148.

^^' D'après fVwrstUen il y renonça le premier avec Jean de {jupfen.

^'^ Juge en Tfaurgovic, seigneur de F amsbourg, landgrave da Sissgan et du Bncfasgau. Ch, 1392 ; ibid. p. 2119; Tévêque de B&le lui avait ipféodé ces deux derniers districts, les ch5teaux du vieux et du nouveau Falkenstein et celui d'Altbecb bourg. Ch, 1405; ibid. p. 1446. OUen fut racheté par Bàle , qui en obtint Tautorisation à prix d'argent de l'évéque Hnmbert, seigneur du fief ( il )' a ici chez Brukner une errenr dass ia date ); en 1407; ibid, I. c.

^^ Le comte céda ia justice criminelle en 1408 ; le roi Ruprecht ordonna qu'un chevalier ou gentilhomme présidât le tribunal; 1410; ibid, I. c.

^2^ Kaiseraugst dépend encore de Jlheinfelden.

^^^ Lettre de Vavoyer et du conseil de Hheinfelden, dans laquelle ils défendent leur honneur contre Bâle ; 1409, ibid, 2120.

^^ Les premiers le dimanche après la Saint-Matthias, ceux-ci le & ociohm 1409. fVur»tiêen, h. a. et Brukner^ p. 148.

geoisîe de Baie prouvèrent leur prédilection pour les seigneurs en faisant la guerre à la communauté republicaine. Le duc Jean de Bourgogne manifesta de son côté, par l'envoi d'un secours sous les ordres du sire de Vergy, le légitime intérêt qu'il prenait à la cause de sa sœur ^^^. Selon l'usage de la noblesse^ cette guerre fut marquée par des ravages dirigés contre des châteaux ^^^*

Les Autrichiens brûlèrent tout d'abord trois manoirs ennemis ^^^ et mirent le siège devant Baie. Ils se reti-» rèrent à l'approche des troupes auxiliaires envoyées par les villes suisses et par Strasbourg. Après que les Bâlois et les Bernois eurent bravé leursennemis jusque sous les murs de Rheinfelden, les Bàlois assiégèrent la forteresse supérieure et infériieure d'Istein, située à quel* ques lieues en-dessous de Baie, sur un rocher au bord du Rhin. De même que parmi la noblesse on conférait avant les batailles la dignité de la chevaleile, ainsi les Bâlois donnèrent k trois cent quatre-^vîngt-trois hommes ^^^, au pied du rocher d'Istein, la bourgeoisie de leur ville. Werner Schaler, qiii tenait ces forteres^ ses de l'éyêché, les avait cédées à l'Autriche, et le sire Burkhard Mônch de Landskron les défendait à titre de fief hypothécaire. Cependant les troupes de Rheinfelden

^» Tschudi iàO».

^^ C'est aussi le jugement qn*en porte Fitgger,

^'* Bielbenken , Bottmingen et Bînningen , de même que les Gupdoldingen.

^'^ La Liste, dans Brukner, p. 661 : Nicolas Troub, «notarius; » Jost de fValdkirch ; Rtitschmann de BÛUikon , Vinstituteur ; Jpan Vamower, fils du greffier municipal de Fribourg; Gléwi Fuderbarm , le fifre; Jean Blaarer. de Constance; Pierre Siumif de Strasbourg i Wernli Vollrad^ de Êàlex Lauffer^ Coiseleur, de Strasbourg; Henri et Burkhard ^ Vœsek; Nicol. lYcvel , « proeurator eariœ » Constant. , etc. •■

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