‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 83 sur 173 · LIVRE nu chàp. I · texte numérisé non relu

LIVRE nu chàp. I

d'un tel éclat que le plus pervers même se serait montré désintéressé par intérêt *^.

Politiquement ^ l'institution de ces bailliages ne fut pas inutile» Les cantons intérieurs, faisant par là connaître aux cantons extérieurs qu'ils ne favoriseraient point un agrandissement auquel ils n'auraient aucune part , modérèrent chez ceux-ci le goût des conquêtes et les continrent dans les limites de la Confédération. Il était facile de voir que hors de ces limites les cantons intérieurs ne soutiendraient pas les autres à moins qu'on n'érigeât des bailliages coqomuns^^^, dont le bénéfice serait absorbé par les frais ^^^. Il est résulté de là que, si Ton ne peut refuser à l'ancienne

*** Malheiireiilement on n*a Jamais songé à réaliser ces idées oa d'autres dictées par le même esprit , en sorte qne l'administration des bailliages communs est toujours demeurée extrêmement imparfaite. Mais telle était l'influence salutaire de Tesprît national , même quand il se bornait à laisser faire, qu'une grande partie des bailliages communs (la Thnrgovîe et les bailliages italiens), n'étaient ni moins populeux, ni moins riches qne le reste de la Suisse, ss Nous apprécierons plijk^ tard les résultats de cette administration. G« M.

*^^ Gomme il arriva lors de la conquête de la Tburgovie au-delà de la Tfaour et des bailliages italiens au-delà dn Saint-Gotbard. Nous comprenons ponrqaoî il fut difficile, en 1476, d'engager d'autres confiédérés à lever le siège de Morat, et comment il se fit que plusieurs cantons negarantirent que vers la fin du xvii* siècle le Pays-de-Vaud par des traités particuliers.

<<* Cette réflexion nous a été suggérée par un passage de Macchiavtl, dise» sopra ta prima deçà, p. 157, edix. 1550. Lui , qui ne séjourna que peu de temps en Suisse et qui ne put guère avoir sous les yeux de description de l'intérieur du pays , porte ici et ailleurs des jngemens d'une admirable justesse, comme d'une haute intelBgence politique : quelquesuns le haïssent parce qu'il les montre tels qu'ils voudraient ne pas paraitre. Voltaire, poète de cour et ennemi de tous les grands hommes , s'est déclaré contre lui ; mais presque chaque chapitre du Prince pourrait être appuyé de documens tirés de l'histoire du xvui* siècle, et an XIX* on ea pourrait donner nne édition considérablement augmentée.

Rome la gloire immortelle d'avoir été puissante pour toutes ses entreprises et d'avoir par sa propre force subsisté durant des siècles, brillante d'une vive splendeur, une autre louange, non moins rare, appartient à la Coûfédération suisse^ c'est qu'elle trouva pendant des siècles dans son organisation et sa situation l'énergie nécessaire pour toutes les choses bonnes et louables, et qu'elle fut, d'un autre côté, dans l'impuissance d'abuser, même quand elle l'aurait voulu, de ses avantages et de ses armes hors de ses frontières naturelles. Le château de Bade détruit, les bannières des Confédérés et de la ville de Berne se séparèrent joyeusement pour retourner dans leurs villes et leurs cantons. Tous les citadins et les campagnards rentrés chez eux s'imposèrent une contribution pour solder les guerriers. Dès ce moment des chartes royales affranchirent le pays de Glaris de toutes s«s obligations envers les ducs résultant d'un droit gouvernemental quelconque ^^^. Le fief impérial de l'avouerie de Notre-Dame d'Einsidlen fût transféré de l'Autriche au pays de Schwyz ^^. L'assemblée de la commune et du bailliage de Zoug élut pour la première fois son ammann dans son sein , pour elle et non plus pour des étrangers ^^'^ ; ce fut Pierre

^*^ Notamment la dîme impériale, inféodée par rAulricbe à Rodolphe Tavoyer, et an chevalier Noir, deux frères de la famille Kilchmatter. D'après les chartes données précédemment aux habitans de toutes les campagnes et les villes de la Subse, Glaris est inaliénable de TËmpire. Ch, Georg. h. a. Tschudi et Msc.

^^' La charte est datée de Bude, 1424 ; voy* le chap. suîv. Schwyz exerce la justice criminelle depuis cette époque; les autres droits ont donné lieu à ces. discussions, sur lesquelles l'abbaye a jeté un jour favorable à SCS intérêts dans le livre Libertas EinsidUf ainsi que dans d'au 1res écrits.

'<? Depuis la^S, l'amtBann était choisi dans un des cantons coûfédérés*

uvRE m. en AV. u 241

KoIin> bourgeois de Zoug, homme rçnoinmé pour sa valeur. Dans Unterwalden , toute l'autorité du bailli impérial dont Landenberg avait autrefois abusé , toute la puissance que le Haut-Unterwalden^ de concert avec Uri, avait acquise dans la Léventine^^^, furent conférées au landammann ^^^. Enfin Rodolphe et Walther de Hallwyl, seigneurs de Wildek, prêtèrent serment de combourgeoisie aux villes de Berne et de Soleure pour leurs châteaux^ toujours ouverts à ces cités ^'^^. Les ennemis des Confédérés ne réussirent p s^ même lorsque le comte Jean de Lupfen^ bailli impérial à Ëinsisheim y sous prétexte que des marchands suisses n avaient pas payé le droit de conduite, leur enleva près d'Ottmarsheim y sur la grande route , les étoffes qu'ils rapportaient de la foire de Francfort. Sur leur plainte, le roi convoqua et présida une cour de justice; tous les juges d'Empire présens se réunirent à Topinion suivante de l'électeur Frédéric de Brandebourg : a Dieu » s'est réservé le ciel; il a abandonné Tusage de la terre « j) aux hommes^ pauvres ou riches; ils doivent donc » pouvoir chercher leur subsistâïiée sur tous les che- )) mins, trafiquer et voyager, chacun à sa guise, sur n les routes ouvertes de l'Empi]^, à Texoeption de ceux

i0* Notamment la justice crimînellei Dri en possédait le fief depuis long-temps.

*^* Ch, Cantate 1415, TsehudL On y garantit de nouveau aux Confédérés que œr qu'ils ont fait au duc ne doity.£n aucun temps, porter pré» judice à leur réputation et à leur honneur.

*^<^ Traité de combourgeoisie avec Berne^ 141&* Le Irai lé fut affiché à la douane à ^erne ; les Ualiwyl paient annuellement h rinspecteiu des bâtimens de la ville un marc d'argent, el ils plaident leurs causes devant le conseil aux sessions judiciaires trimeslrielies ; Berne ne peut accorder la combourgeoisie à leurs serfs. — Ce furent eux qui vendirent à la ville de Zurich, eiii>1406, le bailliage de Uorgen^ au bord du lac.

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