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Les Confédérés, libres d'inquiétude, se rappelant que d'avance les conquêtes leur avaient été abandonnées , délibérèrent sur la manière de les administrer. Dans cette diète, lorsque Zurich s'appropria Knonau, Berne tout ce qu'elle avait conquis seule, et que Lucerne voulut en agir de même à l'égard de Sursée et du Wagenthal supérieur, ceux d'Uri parlèrent ainsi : (( La » guerre maintenant terminée n'était pas la nôtre , » mais celle du roi; comment, sans offense de la part » du duc, pendant la durée de la paix de cinquante ans, » aurions-rnous pu, contre lui, épouser une cause )) étrangère? Puisque le roi fait la paix, ne gardons » rien de ce qu'il peut rendre à l'infortuné duc d'Autri- ))c\ie. Nous, du pays d'Uri, nous n'avons et ne voulons » aucune part à ce qui ne nous appartient pas; nos pères » nous ont transmis la coutume d'estimer au-dessus » de tout une foi inviolable. » Les autres appelèrent cela sagesse inopportune ^^^, et convinrent d'adminis-* trer en commun le comté de Bade et les bailliages libres : « Tour-à-tour Zurich , Lucerné , Schwyz , Un- » terwalden, Zoug et Glaris (Berne possédait assez, 1) Uri ne demandait rien) enverront un bailli dans cette » contrée ^^^ pour deux ans , et chaque année des dé-
» convoquée à Zurich pour décider si on lui enverra une ambassade. » Us comprenaient sans doute que celui qui feint la colère ne veut pas être prié de manifester ses sentimens.
i&9 « Que ceux d'Uri. sont sages et pieux ! ils renient toujours se ûngnlariser. » TschudL s» Ceux qui ont fait tant de bruit de Tinsurrection des campagnes et qui auraient voulu faire croire qu'il y avait injustice^ à les dépouiller de la souveraineté exercée si durement sur elles, auraient dû se rappeler à quel titre impur ils l'avaient obtenue, et se féliciter plutôt d'avoir joui si long-temps de ce bien mal acquis. D. L. U.
160 pierre Oeri de Zurich est nommé dans la séance mentionnée à la n> 158 pour occuper la forteresse (sans doute le château inférieur), pour
» pûtes ^^* de toutes les villes participantes cxami- » neront radministration , ai|isi que le compte des » revenus, n
Telle fut l'origine des bailliages communs des Confédérés; forme de gouvernement qui, comme la plupart, des constitutions , n'est ni bonne ni mauvaise en elle-même, mais qui fut l'un ou l'autre, suivant que la majorité des Cantons (tout se décide à la majorité) écoutaient la conscience et l'honneur national ou Tégoïsme et l'ambition ^ et suivant que la pluralité des députés songeaient plus à eux et à l'avantage présent ou au bien public et à la véritable gloire. Peut-être ces dernières considérations l'eussent emporté si les débats du syndicat eussent été publiés en détail et qu'on eût accordé aux sujets de ces bailliages, pour leurs propres affaires, la liberté de la presse*. Un député ou un bailli né se serait pas déshonoré publiquement sans s'exposer à un grand préjudice et sans fournir à ses adversaires des armes contre lui. Sur ce théâtre, aux yeux de tous leS Confédérés , la loyauté aurait brillé
en prendre soin et en retirer le revenu. Un autre baillî fut préposé à la contrée de Mouri et de Hermalschwyl. Tsehudu Lucerne faisait encore gouverner Meyenberg, Vilmergen et Reichensée par Rodolphe Bram* berg. Leu, art. Bailliages libres, p. 56.
. ^^^ Dont l'assemblée se nomme syndicat» On trouve dans le ProtoeoU munie, de Zurich, 2i juin 1415, rinstruclion pour la diète où cette admi* nistration fut établie. • ^ les Confédérés demandent à Berne de gonver- B ner en commun ks conquêtes que Berne , Soleure , Luceme et nous » avons faites, et que Bème y consente, nous ferons de même, ss B J avait là un peu moins d'âpreté qu'à Berne. D. L. H.
* La liberté de la presse ! Jamais peut-être gouvememens ne furent pins contraires à celte institution que ceux de la Suisse. II fallait , sous peine de la vie , garder le silence sur l'administration intérieure , de bouche comme par écrit. D. L. H«