‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 85 sur 173 · UVRE III. CHAP. I · texte numérisé non relu

UVRE III. CHAP. I

pontificale à des conditions honorables *''®. Le concile croyant avoir étouffé la réforme par la mort injuste de maître Jean Huss^ il ne restait, semblait-il, pour la complète réunion de l'Église, qu à vaincre l'opiniâtreté de Benoit Xlil, qui continuait de s'arroger dans lin coin de l'Espagne le titre de pape. Le roi s'en chargea; toujours prêt à voyager, il était alors riche, circonstance rare ; non- seulement il avait hypothéqué à rëcuyer-trànchant Jean de Waldbourg le bailliage impérial de Souabe^"^^, et accordé à plusieurs villes autrichiennes la liberté impériale ^®^, mais il sut en- CM'e vendre, comme nous Talions voir, ce qu'il avait déjà donné.

Décidé à partir pour TAragon , il invita les Confédérés a lui envoyer une députa tion de tous les Cantons. Celle-ci étant venue à Constance, il exprima dans les termes les plus gracieux sa reconnaissance pour le secours qu'il avait reçu, et finit par dire : « qu'il ne res- » tait maintenant qu'à lui remettre les pays conquis au >) nom de l'Empire. » Les députés répondirent : k Que w cette demande ne pouvait que les. surprendre extrên mement; qu'ils n'avaient entrepris à leurs frais cette* « guerre , à laquelle ils n'étaient obligés ni seuls ni

H prononça un très-beau panégyrique du pape Grégoire, qui le mérîtaît. F lia Jah. n. 41.

i^B • Status honoriiicus et coaimodosus » avait été permis à Inî^ à ses cardinaux et à ses courtisans. Use, Vienne, Dts qu'il apprit ce, qui venait de se passer, il reprit ses anciens habits de cardinal. « ^

*'• Voy. sur ce bailliage, Bésching, Géogr, Art. Souabe, Introd. § 6, etc.

180 Outre celles que j'ai citées ci-dessus, RaloîfÈelle,Brisach et Neuenboarg. De cette époque date , dans Tschadi^ la charte de l'institution 4u tribunal de Frautnfeld. Pour les causes capitales, le bailli et les douze jurés s'adjoignent doii2e -assesseurs de la ville ou de la campagne. Suî- \ant ranciennc coutume , les appels vont au conseil de Constance.

» avant tous les autres membres de TEmpire ^^'^ qnV » prés avoir reçu la garantie de la propriété de leurs » conquêtes. » Le roi répliqua : « Certes , je pourrais » vous demander si cette guerre était la vôtre? N'êtes- )) vous donc pas liés par la paix de cinquante ans y et >) peut-on conquérir quand on ne prend pas les armes » pour son propre compte? Toutefois, en considération » de la parole dont vous me faites souvenir , le pays » vous appartiendra, comme un ami appartient à son » ami : il vous sera dévoué dans tous vos besoins. Quant )> aux revenus et à l'administration, je n'oserais les en- » lever au Saint-Empire. » Les députés, sans pouvoirs pour un cas aussi inattendu , partirent. Ceux qui allèrent aux informations se convainquirent bientôt que, par ce biais, le roi cberchait à se procurer de Targent, qu'il ne serait même pas difficile d'acquérir encore de lui la juridiction de la Thurgovie ^*^, mais que ce marché pourrait mieux se conclure sous un nom déceitf , lorsque,* éloigné de Constance, du duc et des amis de ce prince^ il aurait moins à ménager les apparences. A la diète qui s'assembla ensuite à Zurich, on * rencontra une pluç grande difficulté dans la pénurie de presque tous les Confédérés; l'expédition d'Ârgo^ie avait épuisé leurs ressources ; il était donc à craindre qu'ils ne fussent réduits^ à laisser d'autres profiter de cette occasion unique.. Zurich tira la Suisse d'embarras y se chargea seule de la négociation et des avances,

4 Si A jager les membres de l'Empire d'après leurs obligations, la gneire queJirent. left Suisse^ De peut être taxée d'injustice. En exécutant seuls ce dont les autres se contentèrent de menacer, ils méritèrent un dédommagement et une récompense aux dépens de celui qui avait occasioné ceà troubles. Voy. n. iOi,

183 Fugger.

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et promit d'associer chaque canton au gouvernement commun^ aussitôt qu'il aurait payé sa quote-part. Ce procédé offrait le double avantage de l'union '®^ et du secret; ils attachaient avec raison à celui-ci une si grande importance^ que les Deux-Cents de Zurich au* torisèrent sur-le-champ le Petit-Conseil à négocier avec le roi par l'organe de l'ancien bourgmestre Jacques Glentner , soutenu par le comte de Tokenbourg ^^*.

Le duc Frédéric était alors au comble du malheur , parce que le roi ne voulait se déclarer ni pour ni contre lui , et que toute plainte contre ce prince était bien accueillie du roi et du concile. Rien dfe plus évident que les motifs du roi pour différer la décision ; tout prétexte lui venait à souhait. Le duc était surtout peiné de ce que George de Lichtenstein , évêque de Trente, demandait avec autant d'instance que de justice sa réintégration dans les seigneuries de son évêché; en outre, Frédéric avait été exclu par le duc Ernest, son frère, de la commune administration du Tyrol. Ses ennemis considérèrent ceci , non sans vraisemblance ^•^ , comme une feinte des deux frères pour éluder la juste réclamation de l'évèque de Trente. En cotiséguence , George de Lichtenstein lança contre le duc une éxr communication si publique et si extraordinairement rigoureuse , qu'à peine quelqu'un osait encore le fré-* quenter. Exposé à la risée de tout le peuple, il sentit

48* Tons les cantons n'avaient pas le même Intérêt à la chose.

*** Selon le Protoc* munie»

^■^ Un point n*a pas encore été éclairci t ^ntgger représente Ernest comme intéressé » par conséquent son frère comme sincère ; d*anlres disent Tin verse. Selon Ebendorfetf ad 1 A 11 seq., les denx frères ayaîent été auparavant d'intelligence ; tout se concilie , si Ton distingue les époques.

profondément et avec amertume ce qu'il aurait pu être et ce qu'il était *^^.

Dans une séance solennelle , le roi , près de s'éloigner pour achever la réunion projetée de l'Église, recommanda aux pères du concile de ne pas employer moins utilement ce temps à délibérer sur la manière de réformer l'Église 5 puis il se mit en route avec quatre prélats d'autant de nations, avec Frédéric électeur de Brandebourg, Louis duc de Bavière-Ingolstadt, Frédéric comte de Tokenbourg, Jean de Lupfen , le comte d'Oettingen et quatre mille chevaux , et côtoya le Rhin jusqu'à Baie. Là , les députés de Berne l'attendaient. Il reçut d'eux 5,000 florins, et leur engagea, à titre d'hypothèque impériale , tous les châteaux et les villes conquises dans l'Argovie par les Bernofe , avec la prérogative que le rachat ne pourrait jamais être demandé que par un roi des Allemands , pour le compte de l'Em* pire et avec leur consentement ^^"^é De Baie il se rendit par le Hauenstein et par Soleuredans la petite ville bernoise d'Arberg. On fit à lui-même, à Barbe son épouse, et au comte Âmé, qui vint auprès de lui accompagné de plusieurs grands de Savoie, une réception digne de celle pgr laquelle Berne , une année auparavant , ^ vait gagné'ses bonnes grâces avec non moins de splendeur que d'habileté. Il resta trois jours dans Arberg. En ce

186 Tschudi raconte le fait.dc celle sorte. Ebendorfer : « Taedio totus confectus, coaclas'est in Constantia degere eu m pudore et dedecore, damno perpesso vix in aevum reparabili. »Guy^Arenpek croit que le roi avait eu ridéodele faire mettre à mort. Depuis cette époque malheureuse, il conserva le surnom de Frédéric au gousset vide, = Le puissant qui s'abandonne lui-même mérite le mépris. C'est encore une graiide dignité que l'infortune supporté^ avec courage. D. L. H.

"^ Lauffer V, 7 ; il confond un peu les événeûiens.

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