‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 97 sur 173 · LIVRE III. ÇHAP. l · texte numérisé non relu

LIVRE III. ÇHAP. l

restait iiB^ibobile et silencieuse ; il énonça le genre d'oppression dont chacun d'eux pouvait être soupçonné* Enfin il demanda : « Sont-ce les Rarogne? » La Mazze s'inclina profondément ; le maître de la Mazze prit aussi une humble posture, comme s'il demandait assistance* L'avocat reprit : « C'est à vous qu'elle se )> plaint^ braves gens; que ceux qui veulent sauver » la Mazze lèvent la main, n La majorité étant d'avis que la loi restait muette devant la tyrannie^ que la force provoquait la force , on fixa un jour trés-rapproché. Le bruit se répandit de village en village daas tous les dixains « que la Mazze visiterait le capitaine-général, ;j l'évêque et tous les adhérens de Rarogne. » Ainsi , la trente-neuvième année depuis le commencement de rinfortune du sire Antoine de Thurn à Gestelenbourg, à laquelle les Rarogne avaient contribué ^^*, le seigneur Wischard ne trouva ni dans l'éclat de son antique noblesse ^*^, ni dans la faveur étrangère, ni dans la réunion des plus hautes dignités , une garantie contre la parfaite unanimité avec laquelle, au jour marqué, toutes les contrées du pays placèrent la Mazze devant les habitations non fortifiées de son parti. La multitude y pénétra, emporta tous les meubles, et consomma

*<^ Du moins le capitaine-général da piys, dont le comte ILmé fit décapiter les fils Pierre et Henri. Le ch&tean de Gestelenbourg était peu distant de Rarogne.

*** Nous avons tu dans le L t qne les comtes de Briens étaient de la même souche. Munster les fait venir de Tusls, opii^ion qui a pour elle quelque probabilité < le Valais avait des relations si étroites avec la Rbétie, que sous les Romains les deux pays furent probablement gouvernés par les mêmes seigneurs, ce qui dans un temps était possible aux prési* dens du pays établis près de Tusis. Dans le canton d'Uri , les comtes de BrienE passent pour avoir fondé Séedorf. Tout conduit à une origine de la plus haute antiquité. ^

tous les vivres. Si Wischard était resté dans Je pays , sa vie aurait été sacrifiée à la Mazze. Averti qu'on le mazzerait *" , et se rappelant le sort du sire de Gestelenbourg, il fut saisi d'épouvante. Sur-îe-champ, il s6 rendit à Berne pour renouveler l'alliance de combourgeoisie^ mais à une époque où Ton était bien aise de faire valoir contre lui le prétexte de la réquisition qu'on lui avait inutilement adressée , attendu que Berne était tout occupée de FArgovie. Grâce à l'intervention de Fribourg, et afin que ses châteaux fussent épargnés , il obtint^ après s'être dëinis de sa charge de capitaine-général et avoir abandonné la cause de l'évêque Guillaume, que les Valaisans cessassent de le poursuivre.

Rien dans les chartes ou les chroniques ne fait supposer que Wischard de Rarogne ait été un homme méchant ; mais il paraîtrait qu'il méprisa long-temps les Valaisans à cause de leurs mœurs grossières, se permit à ce sujet des choses offensantes, et manifesta d'une • manière impolitique sa prédilection naturelle pour la cour de Savoie. Sous son influence , les con- Seillers de la ville de Sion ^^* s'étaient entendus avec d'autres hommes distingués ^^^ et avec des bourgeois

**^ Expression usitée dans ce sens, mais probablement particulière aox Vakîsans. Ammaiare vient de ce que la massue était positivement l'instrument ordinaire de Tbomicide.

•*■ Ch. du 27 janvier 14à4; De Compelio et Richardi, notaires publics, étaient syndics ; après eux dix conseillers et ReeonsUlatores (à moins qu'il ne faille lire Beconciliatores ) de la ville , de la commune et des syndics.

'*' Suivent « cerli alli iotius civiiatis cives et burgenses» {civitas estil pris ici dans l'ancien sens de communauté, ou désigne-t-il un. cboîx de délégués de la bourgeoisie?); à leur tête était « noble et puissant » homme, le sire W. de Rarogne, 8e%neor d'Anniviers, bailB du Va-

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