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connaissaient si peu les pays où Ton parlait des langues étrangères, que ces bohémiens ne furent pas compris ou qu'ils mentirent impunément ^^^. Leur idiome a fait conjecturer ù la fin que , par suite de la grande rèvo* lution de l'Inde orientale supérieure, lorsque Pir- Mobammed-Jehan-Okir, petit-fils de Timur, eut reur versé la dynastie des sultans de Ghaur, ils sortirent particulièrement du^ Multan et passèrent d'Asie en Europe ^^*. Ils observaient les pratiques chrétien-
'*' On les disait de la petite Egypte, du nombre de cenx qui avaient refnsé de recevoir Joseph et Marie ; devenus chrétiens, ils devaient •rrer sept ans par pénitence.
'^^ Les faire sortir de l'Afrique Zeugitane {GuUr) était un système sans fondement; nous ne sachons pas qu'à cette époque aucim événe- « ment en Espagne ou dans le nord de l'Afrique ail pu occasioner une semblable émigration. Us n'ont pu être pris pour des juifs que par fVagetueîL qui voyait des juifs partout. Autrefois nous étions disposé à les regarder comme une horde originaire de Bohème; leurs usages chrétiens viendraient à l'appui de cette opinion ; les Suisses ne connaissaient pas plus la langue slave que celle du Multan ;.si fJ^arstisen a plus exactement déterminé l'époque, leur expédition coïncide avec les troubles de la Bohème ; et ainsi les Français n'auraient pas tort de nommer ces sortes de gens Bohémienê. Mais Topiaion avancée dans le texte a pour elle l'autorité de Chr. GuilL Bûitnet\ philologue profondément savanL II est difficile de décider si, conformément aux observations sur leur langage faites par un homme bien instruit en cette matière, Paulin de S. Bart/iolanuo, c'étaient des Souders ou Tchoutries , peut-être même des Parias ( Voy. Malte-Brun^ Préeii de La géogr, utu'i;., t. IV, 1. LXXI) , ou des débris de Tarmée de Timur, comme le pense J. J, Hottinger^ Les deux dernières castes indiennes «que nous venons de nommer étaient dans une position trop basse pour une telle migration ; qu'est-ce qui aurait pu les y déterminer, eux qui n'avaient presque rien à perdre? où auraient-ils pris quelque idée des pays situés au-delà du Gandahar? David Richardaon considère les Zigueu nés comme des comédiens indiens ambulans {Nuti, en persan Baeigars), en possession des chants du grand Kubir; idée digne d'un sérieux examen ( Annonce* de Gâtfingup, i804t p. It022}. Cette idée ^t la remarque de PauUn ( n. 507 ) confirment ce que WaUer fVkiter avknce dans son grand Etymologietm (Londres, i7Q<k« lo*4) qiie Imt
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nes^^^; on les toléra^ parce que pendant un certain temps ils possédèrent de Tor et des pierres précieuses ; butin enlevé à quelque peuple. Mais dés ce moment, se montre dans presque tous les pays une société de Zigueunes^ qui a ses chefs, ses lois^^, un langage qu'elle s'est fait en tout ou en partie ^^, et certains arts^ probablement originaires de l'Orient ^^ \ gens d'un es-
idiome, probablement le plus ancien de ceax qui subsistent encore, forme le chaînon qui rattache le sanskrit à l'égyptien et aux langues de rSurope occidentale; il répand du jour sur les noms de nombres grecs et sur les douze tables des lois romaines. En voilà assez pour éveiller l'attention. Il est vrai que Timur occasiona de ces petites migrations de peuples. Cette même année on vit des Arméniens en Moldavie {Sulzer, la Dace transalpine )i suivant le récit de la Veille Tartare Gognicba, les Cosaques arrivèrent sur les bords du Ja!k à la même époque. Rytschkovt Topographie d'Orenbourg,
*^^ Gomme coutume nationale; personne ne parle de leur croyance.
••• Guler, Ce que Fiedling rapporte dans Tom Jones ne donne pas précisément l'idée d'une république platonique de voleurs ; presque tout ce qu'il raconte d'eux est vrai.
'*^ Les chroniques ne nous donnent aucune idée de la langue que les Zigueunes parlaient en 1418 ; Paulin croit y reconnaître un dialecte sanskrit. LacA. n. 510 ne mentionne que la langue des GilenetdesLanien,qQe Brukner regarde comme gens de même trempe et certainement de la même origine. Bile paraît en partie composée de provincialismes ; le reste est un argot Ib appelaient une auberge ou un gîte pose {posa en italien) ; le pain, /em; le vin, johanns (Jean) ; une oie, breitfuss (pied large) ; les poules, flughart (dur vol); les poissons, flôsseling (de floss, bateau, fldssen, faire flotter, pécher an filet); un habit, klabet; le fromage, wendèrieh (peut-être de «en(ien, tourner, faire tourner); les magistrats, die schuder (nom de la quatrième caste de l'Inde, celle des artisans) ; conduit prisonnier à la ville, gedrukt in der gabel (pressé dans la fourche), etc. ; c'est à peu près ainsi que leurs pareils appellent tous ceux de leur bande tes garçons; le geôlier, Conele; la prison, le paradis , etc. Interrogatoires de Genépe, 1788. ssa ijes curieux pourront puiser une instruction approfondie sur rargot des voleurs dans les Mémoires de Vidocq^ G. M.
*^" La divination, l'interprétation des songes, arts que l'Orient a communément ravivés.
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prit singulièrement fécond ^^® en inventions hostiles à la propriété ^^^. Jusqu'à ce jour subsistent, surtout le long des frontières de beaucoup d'États, de semblables associations ^ nombreuses au-delà de toute idée , disséminées et intimement unies ; elles font sans crainte la guerre aux institutions de la société humaine, dont elles s'estiment affranchies, parce qu'elles ne jouissent pas de leurs avantages ; classe d'hommes qui , comme
*** c'est pour cela que WurstUen les appelle un peuple ingénieux et dangereux.
sio Avertissement de la ville de Bâle d êon peuple, aa sujet des tromperies des Gilen et des Lamen, 1422, dans Brukner, Au moment où Ton donne la bénédiction dans Téglise, î]s prennent du savon à la bouche, et se piquenl les narines avec un tuyau de paille, afin d'écumer et de saigner, comme s'ils avaient une attaque d'épilepsie. Au moyen de certains ongaens, ils se donnent Textérienr de gens tombés dans le feu ou que SU Nicolas a délivré des chaînes et des entraves ; d'où ils prennent occasion de mendier pour lui faire une offrande. De vigoureux compagnons vont çà et là, armés de longs couteaux, comm» s'ils avaient tué quelqu'un en défense légitime et qu'il leur fallût trouver dans un temps fixé une somme d'argent sous peine de la vie. Des femmes mendient au nom de sainte Marie-Madeleine^ déclarant qu'elles ont mené une mauvaîsevie et qu'elles veulei>tse convertir. La chaste nourriture signifie chez eux errer en habits décens, comme des nobles exilés. Les Camerieri portent certaines marques témoignant qu'ils onf été dans des villes saintes ; ils racontent devant les portes des églises de grands miracles. Ils se donnent la pîlileur d'une longue maladie ; un bain la fait disparaître. Les aveugles attachent un peu de coton ensanglanté sur leurs yeux, et se font passer pour des m«chands pillés dans une forêt, aveuglés, liés & un arbre, et à peine délivrés enfin le quatrième jour par de bonnes âmes. Ils cachent leurs Yétemens, se frottent de graines d'orties, pour n'avoir pas froid, et restent assis devant les églises à demi-nus ^t greloltans pour qu'on leur donne des habits. Quelques-uns se font mener enchaînés et déchirent leurs haillons comme des insensés et des possédés qui vont invoquer l'aide d'un certain saint; mais il leur manque douze livres de cire pour obtenir leur délivrance. D'autres semblent tout absorbés par la lecture d'un livre ; ils disent qu'ils viennentde fort loin, qu'ils ont visité les saints lieux, qu'ils liront l'Évangile selon St. Jean pour ceux qui leur feront faumône, etc.
les mendians, vit au milieu des autres sans qu*ou prenne garde à elle.
Pendant les années de la durée du concile^ les Suisses firent sur la frontière d'Italie une guerre bien dilFé* rente de celle de TArgovie.
Lorsque^ comme nous rayons raconté^ les vallées d'Ossola eurent été surprises et rapidement conquises par les Confédérés^ le bruit se répandit parmi les sol^ dats que le baron Wischard de Rarogne , seigneur d'Anniviers^^^, capitaine-général du Valais, oncle ou p4re de l'évéque Guillaume de Sion, bourgeois de Berne, avait dît « que s'il avait combattu, lui, con- » tre eux, pas un seul n'aurait échappé. » Ce propos les blessa. Les bannières étant rentrées dans les Waldstetten , ils envoyèrent à Berne Henri Zelger, landammann d'Unterwalden, pour se plaindre de ces paroles injurieuses à leur honneur et pour en demander le châtiment. Les Bernois répondirent « qu'ayant inuti- » lement requis le seigneur de Rarogne pour l'expédi- » tiond'Oltigen, ils l'avaient abandonné à lui-même. « Mais les habitans d'Uri et d'Unterwalden , chez qui le point d'honneur n'était pas moins chatouilleux que l'amour de la liberté, épanchèrent leur ressentiment dans le cœur des habitans du Valais. Ajoutez que Ra-^ rogne passait pour avoir facilité au sire de Chivron, général savoisien, là rapide soumission du val d'Ossola, et que bon nombre de ses compagnons d'armes au service du roi Sigismond étaient rentrés dans leurs foyers sans avoir reçu de solde. Ainsi s'alluma la colère du peuple ; bientôt le joug de la maison de Rarogne lui parut dur et insupportable ; sa puissance dangereuse; l'usage
'*^ Annivisii, dans la ch, n. 51 S.
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qu'eUe en avait fait^ nuisible à la patrie; chacun accusait sa propre patience : « Pourquoi a-t-on souffert que » l'on conduisit arbitrairement les hommes de guerre » hors du pays? Quel est le but de l'alliance non autor » risée avec la Savoie ? Les anciens usages sont foulés » aux pieds et mis en oubli; les grands veulent intro- )) duire la servitude. Antoine de Thurn à Gestelenbourg » est mort depuis long-temps , et personne ne rend » compte de ses fiefs masculins ^^^; ils écherront sans » doute aux Rarogne ; bientôt le Valais leur appartien- }} dra; c'est aux bons citoyens de mettre un terme à ces )) abus. )) L'évêque eut beau en appeler à sa dignité de comte et à son droit de fief ^ ses prétentions leur parurent contraires à lem^s coutumes. Les habitans de Brigue ^ fort irrités ^ délibéraient là-dessus ^ lorsqu'un petit nombre de soldats savoisiens^ qui revenaient du val d^Ossola par le Simplon , passèrent dans leur village ; ils assaillirent ces soldats , leur arrachèrent les armes des mains ^ et , après les avoir maltraités > les chassèrent de ce lieu , en leur déclarant « que leurs » pareils ne seraient plus soufferts en Valais. » Quoique leur conduite fût contraire aux traités y ils Testimèrent légitime ^ parce que l'alliance n'avait pas été sanctionnée par le peuple. Les auteurs de cette action audacieuse , consultant l'intérêt de leur propre sûreté , soulevèrent tout le Valais de la manière suivante, d'après un usage peut-être plus ancien ^*^.
'^^ Il mourat saos fils ven HOà. Tsehudi ne le nomme pas eipressément ici ; mais il résuUe des circonstances qu'il s'agissait de lui.
'^' D'un côté, il dénote l'esprit d'une plus haute antiquité; aussi les anciens écrivains ne disent-ils pas que la Mazze ait été érigée alors pour la ptemiëre fois. D'un autre côté, on n'en trouve aucun vestige c|^ns l'histoire, du reste asseg pea connue, du seigneur de Thum.
284 niSTOiRB PE tk SUISSE.
Un d'eux prit une grosse massue et se rendit le soir avec plusieurs autres dans un lieu où croissait un jeune bouleau; ils en entrelacèrent les branches, y introduisirent la massue et déracinèrent le bouleau^ sym** bole de l'union des forces , seule capable d'extirper le mal qui rongeait le pays. Ensuite ils taillèrent gros* siérement la massue en figure humaine, représentant la misère opprimée ou la justice souffrante, dont l'aspect n'est ordinairement rien moins que beau. Puis ils entremêlèrent aux branches tant de broussailles qu'à peine voyait-on là figure à travers les épines par lesquelles la tyrannie irrite les esprits et provoque la violence. Enfin, chacun de ceux qui voulaient la délivrer enfonça au bas du tronc un clou de fer à cheval , en signe de sa ferme résolution. Ils donnèrent à cette figure le nom de Mazze, et rattachèrent de nuit à un arbre, au bord du chemin. De bon matin ils furent sur pied , gardèrent le silence , écoutèrent les propos de la multitude qui s'arrêtait en cet endroit. Lorsque le peuple fut attroupé, un homme courageux s'avança comme maître de la Mazze, la délia, et l'établit à côté de lui au milieu de la place publique. De toutes parts s'éleva la question : « Mazze, que souffres-tu ? Mazze, pour quel » sujet es-tu ici? » La misère, tremblant devant un injuste pouvoir, n'ouVtait pas la bouche. Ils le virent, et continuèrent : « S'il y a un homme de cœur'qui sache » parler et qui aime le pays, qu'il s'avance, et qu'il » soit l'avocat de la Mazze. » L'avocat parla en ces termes : « Mazze, ils sont prêts à te secourir, parle, » nomme l'homme que tu crains !... Est-ce Sillinen?... » est-ce Asperling ?. . . , est-ce Henngarten ^^* ? » Elte
*** Famiiies alors florissantes dans ie Valais.