LIVRE m. CHAP. I
cèrent et le. ruinèrent de fond en comble. De là ils remontèrent la vallée, traversèrent la Dala, parvinrent à Louéche et assiégèrent en même temps une tour, splendide habitation du sire de Rarogne au temps d'une meilleure fortbne, et une forteresse de Tévèque. Ils se rendirent maîtres de Tune et de l'autre; rien ne fut épargné ; ils brisèrent et démolirent tout avec fureur, descendirent à la hâte de Louèche, passèrent le Rhône et mirent le siège devant Beauregard. Beauregard, bâti au-^iessus de Chippis, sur la pointe d'un rocher haut et perpendiculaire , étendait au loin sa protection et sa* domination sur la contrée où le val d'Anniviers, caché au sein des hautes Alpes, longtemps foyer de terreur ^^^ ou asile, se perd enfin dans de beaux pâturages au* pied des Alpes d'Aoste, Rarogne, qui supporta les précédentes hostilités, parce que les autres châteaux ne lui appartenaient peut-être pas exclusiveinent ^^^, et parce qu'il espérait que le peuple s'apaiserait, voyant le péril de l'antique seigneurie de ses ancêtres, retourna en hâte à Berne. Il trouva toute la ville agitée par l'expédition d'Argovie qui venait de se terminer, et uniquement attentive aux démarches du duc Frédéric. Poussé par la nécessité, il sortit des bornes afin de se défendre , et recourut pour lui-même
**' Des Hans y«oiis d'Italie, dit une ancienne tradition Fabaleose, peuple ancien et vigoureux , cherchèrent ici un refuge et résistèrent longtemps à la foi ; mais lorsque le chemin appelé les Pontis eut été taillé dans les rochers entre lesquels FUsenz coulait avec peine. Christ et la* cnlture pénétrèrent chez ces p&tres remarquables par leur vaillance et lenr beauté. EbeL
»*• On a quelques preuves quele ch&teau de Sierre dépendait de Tévôchéf et l'on prétend (voy. £ea, art. Louèche) que la tour de Louèche provient des barons de Thnm h Gestelen; elle fut peut-être le salaire pour lequel la maison de Rarogne abandonna leur cause. ,