‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 100 sur 173 · IV. 19 I · texte numérisé non relu

IV. 19 I

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et pour Févéque à la protection du due de Savoie. Le roi Sigismond venait d'élever Âmé VIII à la dignité ducale ^^^. Le due^ charmé de ce prétexte, ordonna au bailli Amédée de Ghallant de se rendre du Ghabbiis dans le Valais avec des forces suffisantes , de re^ cevoir des mains de Tévéque le château de Majorie, près de Sion , le fort presque inaccessible de Tûrbelen situé beaucoup plus haut y Mont-Orge ^^^ dans le passage qui conduit au Gessenay, et de mettre partout de fortes garnisons. Le sire de Rarogne féunit toutes les provisions qu'il put trouver y et les hommes les plus vaillans dont il était sûr; il prit aVec lui son épouse, dame Marguerite de Razûns, Tévéque Guillaume, tous les vieillards et tous les enfans de sa maison^ fortifia le château de Séon et leur commanda, ainsi qu a tous ses domestiques, de s'y enfermer avec ses biens les plus précieux. Un grand nombre de ses serviteurs fidèles défendaient Beauregard ; il fut secondé par Yéié, dont les chaleurs excessives rendent les Yalaisans in« actîfe; aiais enfin le château^ fut pris par la famine; bientôt la longue vallée d'Ânniviers vit briller dans les airs la flamme qui s'élevait de Beauregard. ..

Lorsque le bruit se répandit que les Rarogne comptaient se maintenir avec l'aide des ducs de Savoie, Tindignalion du peuple fut portée à son comble; elle gagna beaucoup de gens jusqu'alors impartiaux , qui virent dans la démarche à laquelle le sïre de Rarogne fut obligé un extrême péril pour la liberté et un crime de haute trahison envers la patrie. Leur unanimité fut si

*'* 1416. C/i. dans Guichenon^ t. III.

*** « MoQs Ordei • MoQt-Orgie a été changé par Gniobenoii e« Mpat* ours.

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forte et si menaçante qu'Amédée de Challant, crai-gnanty non sans raison ^ pour le Ghablais même, con-> élut une trêve *^*, bientôt suivie de la paix. Le duc , en qui Rarogne avait une confiance exclusive et exagérée, cause principale de sa disgrâce , renouvela les anciens traités ^^ sans rien stipuler pour ce seigneur. Il remit Tûrbelen, Majorie et Mont-Orge, non à Févécpie, mais au chapitre, pour une scrnime d'argent. Aussitôt ces châteaux furent pris par les Yalaisans , pillés et ruiliés. Séon resta seul debout. La puissance de Rarogne était tombée^ les richesses paternelles dispersées et anéanties. Sous un seul rapport Wischard fut moins malheureux que le duc Frédéric : il ne perdit pas courage , et demeura maître de sa personne.

Espérant encore que les Bernois seraient émus âe son infortune, il se rendit auprès d eux. Son précédent éclat ne l'envircmnait plus, mais il avait la touchante dignité d'un homme qui triomphe d'un sort injuste à force de grandeur d ame. Il rappela aux nobles « la » fortune de son antique race , du faite de laqueHe il » était innocemment tombé dans la misère , et leur fit » sentir ^e la vicissitude des choses humaines pouvait » aussi les atteindre. » Il représenta aux conseillers et aux bourgeois « que dans de meilleurs temps Rarogne x> n'avait jamais demandé en vain le renouvellement

^* Pendant laquelle les Valalsaiis se plaignent d'avoir été aasaîUis ^ assassinés par les Savoyards «apud Plulta » (nom méconnaissable, sans doute altéré par le copiste) non loin de Sion; 1^16, 4 mai. D'après la chroniqae manuscrite extraite en i576 par le chanoine Pieifre Braniêchen des archives, des « libri obituum » de l'évéché e% de quelqqei chartes de Saint-Manrice, communiquées « quasi per transennam. »

M7 Notamment la pux de i990; Guiehenon, Sav. ad 1417. La Franco et la Bourgogne étaient en proie à des troubles ; le Piémont allait passer sons la maison de Savoie.

» de sa Gombourgeoisie ; que ^ s'il avait été assez aveii-^ » glé pour préférer uae fois la faveur d'un prince , il n payait bien cher une expérience qui le rendrait sage » pour le reste de ses jours; que Berne n'avait jamais » eu l'habitude d'abandonner le malheur; que Dieu » lui-même pardonnait les fautes ; que^ destitué de » tout appui humain , il les priait an nom de Dieu de >> recevoir la contribution bourgedise ^^^ qu'il avait » néfi^ligé de payer ces dernières années ^ afin que » Wischard de Rarogne^ après avoir tout perdu ^ )) trouvât un appui dans sa qualité de Bernois. » , A peine les Yalaisans furent-ils instruits de ces choses^ qu'avant tous les autres le dixain de Couches dans les hautes Âlpes^ près des sources du Rhône , résolut d'anéantir les espérances de Rarogne. Il fit faire par des amis aux habitans des Waldstetten^ ses voisins, la proposition suivante: « Les habitans de la » commune de Munster , ceux d'Âernen et tous ceux » qui habitent la partie du pays au-<- dessus du Doi- M s<Aerberg^^^ ont, de concert avec d'autres, chassé » iWischard de Rarogne, qui voulait s'ériger en maître, » particulièrement parce qu'il a invité la Savoie à s'em- » parer du val d'Ossola; voilà l'homme que Berne se » propose de soutenir. Des populations libres doivent, » à l'es^emple des Waldstetten , faire cause commune. » Le val d'Ossola confine à leur pays; pleins de con- » fiance, ils promettent leurs secours pour le faire

*'" Il lui importait qoe les Bernois acceptassent ce paiement , plutôt qne de le lai remettre, afin qu'ils pussent prendre 'intérêt è tous les év6« nemens qui lui étaient arrivés ces dernières années,

*'* C'est le nom du dixàin de Gonches dans le traité ttalliance rédigé le jour de St. Thomas Hi6 {Têehudi)^ quoique l'alliance date du mois de septembre*

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