LIVRE T. CHAP. IV
Ulrich y prince-abbé de St.-Gall, séduit par l'idée d'une résidence plus libre et plus belle, avait, deux ans {auparavant, à la fête de St.-Benoit, fondateur d'un ordre de moines dans l'Occident^, posé la première pierre du nouveau monastère sur la colline de Marienberg, aQ«<lessus du bourg de Rorschach que baigne le lac de Constance. La construction fut conduite avec tant d'activité par un architecte bavarois , maitre Erasme Gras- «er, que les appartemens du prince , la chapelle de la cour, les corridors , en un mot la plus grande partie de l'édifice^ étaient achevés, décorés et bénis : entreprise raisonnable, si ce qu'un homme de ce caractère exécute contre le gré de parties intéressées, pouvait être à l'abri de tout soupçon ! Il avait pour lui le pape et l'Empereur; il n'agit pas avec la ville deSt.-Gall d'une manière explicite et ouverte ^ ; l'arrogance de gens peu raisonnables inspira des inquiétudes pour le commerce et la sûreté j il y eut des pourparlers fréquens entre les bourgeois, les campagnards, les Âppenzellois, qui, depuis plus de tr^ixte ans , avaient trop bien appris à coanaitre l'esprit inquiet de ce prince incessamment occupé d'étendre ses propriétés et son pouvoir. Il opposa à leurs représentations sa volonté , le pape et l'Empereur, et même les quatre cantons protecteurs , gagnés de la manière la plus habile. L'embarras ne leur fit pas
^ Le 2i m»rs 1487» non le 91 mti , qui ne coïnciderait pas avec la fêle de St Benoît
^ Il leor fit nne proposition snr laquelle ils ne s'expliquèrent point , parce qu'elle était incomplète. = Cet événement a été raconté par M. Zellwéger, Bi$U dit peuple appenzeUois, U II , 152-316 ; la n^ociation dent il s'agit en particulier ici est exposée par cet historien aux p. 152 et <53. M. ^Jrx a consacré la 10* section de son Hisi, de St,^GaU, t II, p. 39S*4S4» aux mêmes faits. Nous renvoyons à ces deux ouvragvs les lecteurs curieu»4e plus amples détails. C. M.
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perdre courage. Ulrich Farnbuhler, bourgmestre sage, énergique, le landammann Uerrmami Schwendiner, homme audacieux, virent avec plaisir s'accroître cette fermentation , sans y participer publiquement*
Le mois suivant , lorsque la sédition se fut enfin calmée sur les bords du lac de Zurich , on célébra la fête de la Dédicace dans un des principaux bourgs appenzellois, à UrnoBSchen^ au milieu d'une affluence extraordinaire de monde^. Les plus marquans se réunirent en assemblée de paroisse^. On leur représenta dans quelles intentions dangereuses , surtout pour le Rheiothal , labbé , qui convoitait depuis long-temps cette vallée 9 bâtissait sur la frontière voisine un couvent semblable à une forteresse. « Que ceux qui ne veulent >} pas le souffrir lèvent la main ! » La majorité ne fut pas douteuse. On décida donc ^ au nom des hommes d'Appenzell^ que le landammann requerrait toutes les communes de descendre en armes le lendemain matin à Grub ^ sous Christian Pfyffer^ et que le porte-ensei^ gne du pays, le long Zûberbûhler^ prendrait un petit drapeau de société ^ ; qu'ensuite ils délibéreraient avec
* 1489, 27 juillet, et non pas juin ; nous suivons Walser, qui deviit connaître la date de la fête. Un témoignage plus explicite encore est celui de PridoUn Stuki à ceux de Glarii, dans la seconde année du Nouveau M osée Èuisséé
* fValser, Les hommes restent en place et entendent les proposilioos. ^s Le moment où les Confédérés, dont quatre cantons étaient protecteurs du monastère, se trouvaient encore occupés des troubles zuricois, soile du procès de Waldmann, leur parut favorable pour une entreprise contre Tabbé. ZeUw., 154. C M.
* Non pas Tours, armoiries do canton, parce qu'on ne décida pasd*!vance si Ton demanderait l'approbation de l'autorité souveraine, s» M. Zeliwiger dit, an lien d'un petit drapeau, le grand drapeau rouget société. Ils portaient, en place du brassard fédéral, un petit morceau de toile blanche avec un ours peint dessus (p« i54 ). G. 4ib