LA GUERRE DE BOURGOGNE
1. Marche do duc. — Préparatifs des Suisses. — Massacre nocturne dT Verdun. — Arrivée de Charles. — Prise de Graudson. — On marche contre le duc. — Bataille de Grandson. — Butin (les diamans ). — Conduite de Louis XI.
2. Kouyeaux préparatifs. — Le duc à Lausanne. — Organisation militaire des Suisses. — Marche de Charles sur Morat. — Les Suisses. — Bubenberg. — Bataille de Morat. — Retraite.
3. La duchesse Yolande. — Conférence de Salins. — Diète de Fribonrg. — Ambassade en France. — Campobasso. — Charles devant Nancy. -— Les Confédérés s'avancent contre lui. — Bataille de Nancy. — Mort du duc.
[ 6 janvier 1476 — 6 janvier 1477. ]
Dans les premiers jours de l'an 1476, Charles, duc de Bourgogne, passa en revue près de Nancy, ville conquise ainsi que toute la Lorraine, une armée de
trente mille hommes d'élite ^^ bien équipée^ et pourvue de tout avec luxe et en surabondance. Il résolut de la conduire par la Haute-Bourgogne et par le Jura^ audelà duquel il attendait des renforts. Il pensait qu'il lui serait alors facile de venger sur la Suisse le comte de Romont et ses propres offenses, comme aussi de se rendre maitre de ces positions élevées et fortes et de ces peuples belliqueux. Ceux-ci lui donneraient une supériorité décidée non-seulement sur les villes coupables qui avaient mis à mort le bailli Ilagenbach , mais encore sur les nombreux États de la Haute-Allemagne et de ritalie, et même sur Louis XI, son plus grand ennemi. Cette pensée était si bien en harmonie avec la grandeur de ses projets qu'il dédaigna, comme une entreprise trop facile, de soumettre les provinces hypothéquées qui s'étaient soulevées contre lui ^; il accusa de timidité Simon de Cléron et d'autres conseillers qui inclinaient à une médiation ^ , et attribua les avertissemens du roi Louis de prendre garde aux Suisses ^ , à l'envie que sa fortune excitait chez ce monar-
*- Les lueillears hisloricns des deux nations sonl d'accord sur ce point ; ceux qui portent Tarméc à soixante ou quatre-vingt mille hommes, comprennent dans ce nombre les troupes auxiliaires mentionnées cidessous et celles de la Haute-Bourgogne. =: La guerre de Bourgogne a été racontée par M. de Barante au commencement du t. XL G. M.
* « Avec singulicTC curiosité. • GoUut.
' En effet , avec la Suisse il eût conquis tout le reste. Gollut croit qu'il ne voulut pas donner sujet à l'Empereur de mettre l'Allemagne en mouvement.
* • Qu'ils étaient gens timides , peu soigneux de son honneur. • Missive de Berne à Zurich, 8 janvier 1676.
^ « De laisser ces pauvres gens de Suisse en paix avec qui il n'y avait rien à gagner. » Paradin , Cliron. de Bourg, Le roi disait à ses propres ' serviteurs : Mon cousin ne sait pas avec quelles gens il a affaire et quelles irerges il donne pour le fouetter lui-même. Fugger, l\ lui déconseilla