‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 4 sur 127 · LIVRE V. CUAF · texte numérisé non relu

LIVRE V. CUAF

que. Il est, en efFet^ incertain si le roi doutait de la ooostance ou de la fortune des Suisses , ou si , rassuré sur ce point, il voulait seulement engager le duc à risquer toutes ses forces à la fois. La contradiction affermit dans son opinion Charles tout bouillant de colère et de courage ^.

Il se mit en route le 1 4 janvier , et entra dans Be^ sançon après huit jours de marche '^. Là se trouva réunie la nombreuse et belle artillerie au moven de laquelle il avait long-temps tenu en respect les villes des Pays-Bas, pris Liège et conquis la Lorraine; en tète, pour effrayer, étaient placés deux énormes canons ^. A la suite de son arpdée on voyait la plus grande partie de sa cour , Fancienne et célèbre magnificence de son çère , royalement augmentée par lui-même^ « grande bande de valets, marchands et filles de joyeux amour , malcîtude qui bruyait de loin, » rapporte la chronique; on eût dit d'une fête bacchique et non d'une lutte contre les héros de Sempach et de Laupen, Charles lavait ordonné ainsi , parce qu'il attendait de la riche Italie un grand concours de princes et de militaires, et qu'après le châtiment des Suisses il comptait entreprendre une expédition peu dangereuse dans des pays méridionaux. A Besançon déjà il trouva Frédéric,

probablemeiit cette entreprise parce qu'il savait que c'était l'engager à l'exécnter; Charles n'avait-il pas accordé toale «a confiance à Gampobasso depuis que Louis XI lui avait révélé que c'était un traître? = Voy. sur les copseils donnés par le roi au duc M, de Barante, ducM de Bourg* X, 46d , 465. G. M.

* • Rnminans corde illud Neptuni : Qnos ego ! • dit ironiquement Albert de Bonttetién,

^ DoMod, Hist. de la comté de Bourg, t. UI. Selon May, Hist. milit, 4a Suisses, au bout de onze jours. May n'indique jamais ses sources.

* Us portaient les noms de Damviller et Sclcnquin. Calmet, Lçrr,

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prince de Tarente ^ ^ fils de Ferdinand, roi de Naples , à là tête de quinze mille hommes; âgé de yingt-quatre ans , intelligent et brave , ce jeune prince brûlait de se montrer, par sa vaillance , digne de l'héritière de Bourgogne. Un grand nombre d'historiens ont écrit ^^ que la Confédération , surprise let effrayée , avait envoyé deux députations pour demander la paix, et une alliance, exclusive si le duc Texigeait, et qu'on dit à cette occasion qu'il y avait plus d'or aux éperons et aux mors des chevaux bourguignons que dans toute la Suisse. Leduc, il est vrai, était plus riche en ornemens de ce genre qu'en argent comptante L'excès de son luxe le força de s'emparer au profit de sa caisse militaire d'une somme considérable que depuis nombre d'années une repentance dévote avait déposée à Auxonne pour la croisade souvent promise contre les Turcs ou les Mamelouks; cet acte scandalisa ''. Les dispositions des Suisses n'annonçaient aucune crainte. Le bruit s 'étant répandu que l'armée bourguignonne était en marche, le margrave Rodolphe de la maison de Baden, seigneur de Neuchâtel, apprit qu'elle traverserait le défilé fortifié près de la tour desBayards, ainsi que son pays. Il fit venir sur-le-champ de Susenberg et de Kothelin cinq cents de ses sujets badois. Il se

' Frédéric 8*y rencontra avant Charles; on lai avait adjoint Toolongeon de la Bastie. Gotluim

** Le fait parait être poisé dans Philippe de Cominet. Noos ne Tavons point trouvé dans les documens. Aarait-on transporté ici Fambassade mentionnée ci-dessas, t VU, p. 217? Gomines écrit quelquefois de mémoire et sur des ou!-dire.

**• GoUat enlr'autres raconte ce fait» l'an de ceaxanxqneb on attribua les revers dû duc. 93 D'après M. ile Barante (X, A68) ce trésor provenait dé taxée levées sur les sujets du duc pour les frais de cette sainte croisade. G. M.

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