‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 35 sur 127 · LIVRE y. CHAP · texte numérisé non relu

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» soD pays et dans sa puissance, y» Cette précaution ne déplut pas au roi. Il envoya donc Bouchage^ son confident, avec Charles d'Âmboise-Chaumont^ gouverneur de Champagne , et trois cents lances pour Tenlefer *. EUe fut reçue par les Français comme la sœur du roi j et par le roi , à l'entrée du palais , avec un lé-^ ger reproche en forme de plaisanterie^^. Tous deux savaient à quel point ils pouvaient se fier Tun à l'autre ^^ : elle ne resta pas trop long-temps , ils se récondlièrent pour toujours. Elle parla au sentiment des ambassadeurs suisses ^ et leur persuada de mettre le passé en oubli et de renouer l'ancienne amitié. Un entier raccommodement et l'intercession en faveur d'un emprunt pour la Savoie étaient dans les instructions de Vambassade^^.

Du reste y Louis ^ conformément à son véritable intérêt j insistait sur Fanéantissement de Charles. Il désirait que la Suisse envoyât en Lorraine trente mille honunes , ofirant de payer les cinq sixièmes de leur

* • Le sire d'Amboise prit nne escorte de cent lances , et arriva sans nol empêchement à Rouvre. Le pauvre secrétaire, qui avait si bien maoqné d'être pendu , était revenu préparer tout pour l'évasion de sa maîtresse. Elle sortit du château avec ses deux filles , pendant la nuit, et en peu de jours arriva au Plessîs-les-Tours , où le roi Tattendait. Il envoya ses principaux serviteurs au-devant d'elle pour lui faire honneur , et lui • même vint la recevoir à la porte. > De Barante , XI , 111.

*** « Madame la Bourguignonne , soyei la très-bien venue. Elle res-

• pondit bien sagement qu'elle esloit bonne Françoise » et preste d'obejr > ao Roy en ce qu'il lui plairoit commander. • Cominn ^ 1. Y , ch. IV. Il était présent

**' Brttntâme avec son naturel ordinaire : • Elle ne devoit rien au roy

• son frère; elle se reviroit le plus doucement qu'elle pou voit, de peur

• de l'olfenser ; elle étoit cent fois plus fine que luy. • Dame* UL, t. I, 29*7 ( 00 266 de l'édit. de Leyde, 1722 ).

^* Inêtructians de Berne dans Stettler, La paix devait être ratifiée par les États.

solde, tandis que lui-même attaquerait l*ennemi de tous les côtés avec les forces de la France. Âpres quelques échanges de paroles y peu convenables de la part des conseillers royaux ^^^ on arrêta une convention modérée ^^ ; ce qui ne paraissait pas acceptable fut modifié , au moment de ]a rédaction. Outre une somme d'argent comptant pour les villes et les cantons forestiers ^^ et une indemnité de mille couronnes, applicable aux frais d'ambassade , le roi fit à chacun d'eux un présent de vaisselle d'argent en souvenir des jours passés auprès de lui ; à Bubenberg , par estime singulière et pour chercher à le captiver tout-à-fait , il donna le plus illustre de ses ordres , celui de Saint- Michel , et cinq ou six fois autant d*argenterie qu'aux autres ^^^. A leur retour, pendant tout le trajet ils fu-

**' On diminna les subsides de gnerre , parce que les Confédérés n'avaient pas été plos de six mois soos les armes ; la coar voulait que la pension courût , non du jour de la date du traité « mais du jour de l'échange.

*>" Us reçurent 82,500 francs, avec l'agio, 84,018 fl. du Rhin et 18 gros de subside de guerre , 27,027 fr. de pension en trois termes; à l'avenir la pension devait être pajée^r^lièrement par Nicolas Stoss à Lyon.

4>* Tous les historiens parlent de 24,000 flor. du Rhin; la pension aura donc été payée tout à la fois , ou , comme les termes sont stipulés dans le traité , le roi aura fait un présent extraordinaire ; économe ou prodigne suivant son intérêt , il devint dès ce moment très- libéral pour eux. domines.

^** Quelques-uns, comme SteitUr, qui rapporte le fait des 1,000 couronnes, estiment l'argenterie que chacun reçut à 20 marcs, celle de Bubenberg à 120; d'autres, comme Rahn, n'évaluent la première qu'à 12 marcs. =sM» de TiUier n'a pas trouvé dans les sources la confirmation du fait rapporté par MuUer, que Louis XI donna l'ordre de Saint-Michel à Bubenberg : ce monarque lui fit un présent de cent marcs d'argenlpoor lui avoir rapporté un ordre royal trouvé près de Moral. T. II, 505 et n. 1. C, M.

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teot reçus de la manière la plus honorable^ surtout à mesure qu'ils approchaient de la frontière ^^; à Genève ^^, le peuple et le comte de Genevois ^^ , à Chambéry la cour de Philibert les accueillirent avec la même distinction.

Autant le peuple se montre communément admirable dans la guerre , autant les magistrats se laissent souvent guider dans les diètes par des idées étroites et fausses : le partage du butin ^ la domination sur Morat ^^, l'alliance avec Fribourg ^^ furent traités tout autrement qu'on ne devait s'y attendre dans une épo* que si héroïque. I^s Suisses, héros au jour du danger, sont en général une peuplade économe, qui se renferme dans les habitudes de famille. Cependant le roi ne put ks déterminer à faire les premiers la guerre , ni telle ou telle puissance, à conclure une paix précipitée. L'illustre fils de l'illustre Hunyade, Matthias, roi de Hongrie^ sous les drapeaux duquel Jean de Hallwyl avait appris, dans la guerre contre les Turcs, l'art de vaincre, et dont la cour brillante avait formé bien des

Mi L'abbé de SL -Glande recommande son paavre monastère.

**' Cette fille tenait rartoot au passage des marchands français ; mais ib ne devaient pas transporter des objets nécessaires à la guerre.

*** Le comte de Genevois était Janus , frère du duc précédent Du reste , pour tous ces événemens , nous avons suivi la Relation (PambassatU qui se trou? e dans les manuscrits de Tschudi.

M* Reeéê de Zurich, septembre : Différend entre Berne et Schwyz(è cause d'fijDsidlen ) au sujet de l'ostensoir de Bourgogne. Délibération sur la question , si Ton enverrait une députation à Milan pour vendre le diamant Jusqu'alors Lionnet en offrait le prix le plus considérable. Rela^ f Mm itambaêsade.

Mt xous les Gantons voulurent y participer; Berne et Fribourg s'y

opposèrent *** Fribourg s'adressa aussi à Zurich ; mais les cantons forestiers ne

Tonlaient plus de villes.

gentilshommes suisses ^^ ; ne cessa jamais de prendre intérêt à leur nation, à cause de l'Autriche ^^. Ce prince fit donc offrir à George de Stein, Bernois , d'être médiateur entre la Suisse et la Boui^ogne ^^. Sixte, pape éclairé, même l'empereur Frédéric, en quelque sorte auteur de la guerre ^^^, désiraient aussi un accommodement. Ces deux chefs de la chrétienté accréditèrent le légat Alexandre , évêque de Forli : Guillaume Herter lui aplanit le chemin. Les Confédérés demandèrent que le duc de Lorraine fût rétabli dans ses États. Charles leur fit offrir la paix, mais il ne voulut pas entendre parler de René ^^^

Le duc, après avoir rassemblé les débris de son armée, menaça de nouveau les Suisses et fit une revue générale de ses troupes à Rivière ^^^. Là il apprit avec un égal dépit que les États flamands, refusant de nou-

^*' 11 y eat à ses noces un mNobilU a Bem. » Relation de Vankanade du Palatinat, dans le t. i*' de Sckwandtner, seripi, rer. Hangar*

^** ^ignore comment son traiti avec l'Empereur (Mar. Magd. 1&58 ) se trouve dans les archives de Schaffhouse ; mais il y a plus d'un indiqie de ses relations avec la Suisse.

^•» Steiiler et d'autres.

*^* Dans Vaillance avec la Lorraine, où les parties contractantes n'avaient pas intérêt à se tromper réciproquement , les Confédérés attestent qu'ils font cette guerre à la réquisition de l'Empereur.

^** Diète de Bàle, S nov. ( nous en possédons le recès ) : les Confédérés n'étaient pas mal disposés ; ils voulaient , « autant que possible ,

• se montrer à l'égard des souverains chefs de la chrétienté , comme des

• sujets soumis à l'Église et à S. M. Impériale et comme gens lûen enclins

• à une paix solide et véritable , dans l'intérêt de la nation allemande , m et pour éviter toute effusion de sang. » Le légat promit au nom de Charles satisfaction et même une alliance. ( Remy, ditcours. ) Mais ii ne parut aucun négociateur immédiat de Charles , et les Confédérés estimaient avec raison peu équitable et peu sage d'abandonner la Lorraine. Edlibach; PVuratiten.

**' Olivier de la Marche,

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