LIVRE V. CHAP. I
Trêves et le victorieux électeur-palatin Frédéric^ bien coDiNi de Bubenberg et de ])ie86bach , désiraient entrer aiailiance avec la Suisse. L'archiduc Sigismond cherdnit à s'assurer par leur moyen la possession de Sonneoberg ; Fribourg et Bienne s'efforçaient de se ratta* dier aux alliances perpétuelles. Les vues des Suisses nmienty Berne préférant la gloire et la domination, d'autres, une vie paisible et le repos.
Bubenberg et probablement d^autres hommes d'État déploraient comme un acte de démence l'anéantisse* ment de la maison de Bourgogne , qui devait livrer tout VOoddent au pouvoir de la France; nul doute qulls ne gémissent de l'aveuglement de Charles , qui courait a sa perte. Gomme il n'y avait plus rien à espérer de œ prince , quelques-uns conseillaient de hâter sa fin^''^. Les États de Bourgogne n'étant point autorisés par le duc à faire la paix, on ne voulut pas entamer avec eux une négociation inutile ; mais on refusa également d'envahir le duché, ainsi que le rot le proposait. Louis n*avait pas même fourni les secours en argent qu'il avait promis ^''^. Les Suisses alléguèrent donc l'épuisement de leurs ressources et leur incertitude sur les mouvemens de l'ennemi; du reste, ils s'en rapportèrent à la sagesse du roi pour l'invasion de la Flandre et l'occupation de Genève ^''^j toute négociation ultérieure fut laissée aux soins de l'ambassade qu'on allait lui envoyer selon son désir.
"^ t De s'eo défaire f • dit nalTement le Be€é$. *^^ Aussi y eat-il bien des pourparlers avec l'amiral , an sujet des M,000 francs et des 80,4)00 florins ; l'aniiral , comme de coulume , prit
^'' Pour un temps. fVuritisen rapporte qu'il j mit ikOO cavaliers en guniton.
Us montrèrent au duc de Lorraine la meilleure volonté, mais lui représentèrent l'impossibilité de faire marcher des troupes en Lorraine , tandis que Charles les menaçait d*une troisième guerre. Toutefois ils lui promirent loyalement et par écrit qu'ils ne feraient pas la paix sans lui, leur fidèle frère d'armes à la bataille de Morat, et que, dès que le danger s'éloignerait de leurs frontières, ils permettraient à leur peuple de s'enrôler sous ses drapeaux ^'^^. En eifet , des partisans bourguignons inquiétaient l'évèché de Baie au point que 1 on pouvait craindre une attaque de ce côté ^^^.
Comme l'amiral de Savoie recommandait instamment la paix , les Bernois représentèrent qu'ils avaient envoyé mainte ambassade à la duchesse pour empêcher le passage de troupes italiennes; qu'en dépit de ses belles paroles , elle leur avait ouvert son pays ^^' sous les prétextes les plus frivoles ^''^ ; qu'au mépris des traités elle avait écarté du siège épiscopal de Lausanne Burkhard Stôr, candidat du pape et de Berne ^^^ ;
*'* Alliance de sept canton» (Schwyz n'en est pas, à moins que ce ne soit nne erreur de ma copie ) avec le due René ; i*' août 1476 , pour tout le temps de la dorée de la ligne inférieure. Beaucoup de choses restent indéterminées, comme entre bons amis ; il donne une solde « équitable ; • il n'emploiera pas les troupes dans des lieux où « l'honneur des Confédérés • (un engagement antérieur) ne le permet pas. Etter lin îèii mention de cette alliance, 214.
*^^ On craignait pour Porrentruy, St-Ursanne et Rocbe<^d'Or.
*'* Le bâtard de Bourgogne en amena de Rome et de Venise.
*'* Elle disait que ces gens ne marchaient pas contre Berne , que la guerre n'était pas encore déclarée alors. Tout cela se lit dans Schilling,
4$e x^ y^ p. 249. Nous ignorons comment le pape fit pour se prononcer maintenant en faveur de St6r; mais il faut bien qu'il l'ait fait , puisque personne ne le contredit ; probablement ensuite du traité n^ocié par le médiateur Philippe de Bresse, beau-frère de la duchesse; en opposition à ce traité , elle et la Bourgogne continuèrent à favoriser l'antagoniste de St5r.
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^ cette cour était en réalité un des principaux auteurs de la guerre; qu'ils étaient résolus de la punir; ^'ils se réservaient une satisfaction pour Toffense; fue pour les frais de la guerre ils se contenteraient do Pays-de-Vaud, de Genève et du Chablais^^^ L'é- ?éqae Jean -Louis et les plénipotentiaires de Savoie supplièrent qu'on ne fit pas expier au pays innocent, au peuple déjà cruellement puni , à un jeune prince de onze ans les fautes de sa mère et de son oncle lé comte de Romont. Ils rappelèrent l'ancienne amitié du temps du comte Pierre, les premiers commencemens de Berne, les alliances souvent renouvelées, les avantages de leur union précédente, puis ils jetèrent aussi un regard sur l'avenir qui les attendait* L'amiral ne parla Y^ seul ; d'autres intercédèrent : le duc René, avec beaucoup de zèle, pour satisfaire, autant que possible, le liant pays; au nom de rAutriche, mais avec une énergie personnelle, Guillaume Herter; beaucoup de vieux amis, avocats généreux. Alors il y avait de la sympathie pour les malheurs d'une maison antique et illustre. Berne, quoique toujours attentive à étendre son territoire, mettait un plus haut prix encore à l'honneur et à l'amitié. Elle choisit donc comme médiateurs l'ambassadeur français, le duc René , le comte de Gruyères, ^nd en crédit à la cour de Savoie, et le noble chevalier Guillaume Herter*®*. Ils arrêtèrent la convention stiivante.
ce Genève donne des cautions pour le paiement en
*** Aa liea du Ghablais , la charte dit vaguement t qaelques dblricts;» maison sait qae les Valaisans, alliés des Bernois , avaient déjà conqnîs la plus grande partie da Chablais.
^^ On loi avait accordé auparavant déjà pour les Savoyards une trêve ft un sauf-conduit, Ck,
» trois termes des vingt-quatre mille florins; contribu- » tion de guerre imposée Tannée précédente. La terre » romande , appelée Pays*de-Vaud y telle que le comte j» de Romont Ta possédée ^ à Texception de Morat et » de quelques autres contrées importantes pour Berne M et pour Fribourg *®^, sera rendue par les Confédérés » au duc Philibert de Savoie , dés qu'il aura payé cin- » quante mille florins pour les frais de la guerre. Le » Pays-de-Vaud ne sera jamais gouverné par le comte I» Jacques de Romont ni par un autre que le duc de >) Savoie. La paix^ la liberté du commerce et des corn* D munications , la marche de la justice sont rétablies ; » aucun des deux États ne donnera passage aux enne- Al mis de l'autre ^^^. » Cette cession, peu considérable en apparence, mit les Bernois en contact immédiat sur plusieurs points ^^'^ avec les plus grands lacs de l'Helvétie
*" Grandcourt , Gudrefin et d'autres lieux. Schilling, Ces autres lieux étaient la seigneurie de Gerlier sur le lac de Bienne, les Ormonts , Aigle et Bex , jusqu'au lac de Genève.
*** Schilling et tous unanimement La Ch. n. &Sî nous fournit an échantillon du style diplomatique : f Au sujet des difficultés» mésintelli-
• gences et discords qui subsistent entre haut et puissant seigneur , mon-
• seigneur de Savoie, la maison de Savoie, sonEminence monseigneur
• Tévéque de (îenève , vénérable en Dieu notre Père et notre Seignenr , t enfin la ville et le pays de Genève , d'une part ; et , de l'autre, mes* » sieurs des ligues et de l'alliance des Bernois et d'autres villes , etc. »
**' L'avoyer et le comeiL aux habitans det Ormo^ia , confirmant leuri franchises et les affranchissant de la main-morte. Ils y sont appelés anciens sujets de la ville. ( On trouve en effet, déjà avant iA50, un prononcé de l'avoyer Hofmeister, concernant la montagne Ysarin (Isenau? G." M.) dans les Ormonts. Il fut confirmé en 1477. Kegistrê det conventions du, Gtêsenay, 1659, msc.) Les Bernois annoncent aux Ormonnens qu'ils les défendront. 20 nov. 1476. f En 1479, Jean de Rovéréa avait été co-sdgneur de cette haute vallée et de St-Tryphon. ) A tabbé de St.-Maurice, letlre de garantie pour toutes ses propriétés ; 31 octobre.
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occidentek ; suivaai leur habitude ik gagnèrent au$àot le cœur du peuple^.
Hs dëclioérent ralllance avec les électeurs ecclésiastiques; ils ajournèrent à une autre diète la délibération sur Talliance avec l'électeur palatin, mais le célèbre Frédéric mourut au mois de décembre. L'archiduc Sigismond ne pouvant payer immédiatement au comte Eberhard Trachsess de Waldbourg le comté de Son-^ nenberg, ils lui promirent d'intercéder en sa fareur^^^. Fribourg jouissait sous la suzeraineté de la Savoie d'une liberté presque complète ^^"^ ; on lui permit de se rat* tacher pour ses affaires aux villes suisses ; les cantons forestiers étaient peu disposés à recevoir un plus grand BomlM^ de villes dans leur alliance perpétuelle *^.
Peu après, l'ambassade des Suisses, composée de tous les chefs qui avaient commandé à la bataille de Momt^^, Adrien de Bubenberg à leur tète, se rendit auprès de Louis XI dans sa résidence favorite de Pies-
* S'ils eussent persévéré josqu'à nos Jours, ces cœurs leur seraient dmeBrés. D* L. B*
«M Yoy. sur ce comte U VU, pu 74. Une partie de ses prétentions rcmonlaieiit probablement à cette époque. Il est vrai toutefois, que pendant nn différend snr les droits seigneuriaux , Sigismond se mit en posaeanoD de Sonnenberg, pour le prix auquel Eberhard de W^erdenberg Tataît acb^. G*eat abushement^'on donne le titre de comté à cette seigneurie, parce qu'elle appartenait à des comtes; maintenant elle forme une juridiction dans la circonscription deBludenz.
*^' Cette maison souveraine devait à la \ille 25,650 florins du Rhin; anx termes da traité de paix de la Savoie , la reconnaissance de la dette devait être renouvelée.
^* Tout ceci est tiré du Rêeisqn'<m trouve dans les manuscrits de TâckttdL
*** Qnoiqoe Guillaume de Diessbach soit nommé comme membre de la ôéçntàûon{SieUler) , on ne saurait révoquer en doute le récit de Butitmger, qui dit que Ilallwyl eu fU aussi partie.
sis-Ies-Tours. Le roi leur fit le plus grand accueil , reconnut qu'il leur était redevable de la sûreté de son trône , et annonça l'intention de faire à toujours , de la fidélité suisse, l'appui et la garde de la personne et du sceptre des rois de France ^^. Leur loyale bonhomie plut au roi cauteleux. Il leur faisait raconter leurs deux victoires , et répéter les détails concernant le butin et la fuite honteuse de l'ennemi; il demandait à Bubenberg comment avec si peu de troupes la petite ville de Morat avait pu être défendue contre toutes les forces de la Bourgogne* Ils furent reçus à l'exemple du roi par tous les seigneurs de la cour , par l'amiral , qui connaissait leur patrie, par la maison de Bourbon ^^^, qui ne prévoyait pas les services que lui rendraient leurs descendans. Us trouvèrent là Tévèque de Genève et la duchesse de Savoie.
Dans sa captivité, vopnt Charles inexorable ^^, cette princesse avait résolu d'implorer pour sa délivrance le roi, son frère, qu'elle n'avait jamais aimé. Comme elle n'osait pas écrire, elle lui envoya un secrétaire avec la bague que Louis lui avait donnée à son départ. Le secrétaire fut arrêté comme un espion qui avait volé la bague. Elle délégua ensuite son fidèle Rivarol. La Savoie intercéda aussi pour elle^^^. Louis déclara « qu'il » n'abandonnerait jamais sa sœur, qu'il la délivrerait, » si elle voulait embrasser son- parti. » Ils se connaissaient Tun l'autre : elle promit ce qu'il voulut, mais à condition « qu'il s'engageât à son tour à la rétablir dans
*** BulUnger dit qu'il les traita comme des princes. *** Probablement le duc Pierre , gendre da roi. *" EUe le revit à Rocbefort; il dîna avec elle le ih juillet. Journat tU matire é^hâieL A*> Tout cela dans Guiehenon,.