LIVRE V. CH4P. II
Leur médiation ^^^^ la bonne volonté des Milanais ^^' eiknr prudence ^^\ tout fut inutile. Beme^ se rappelant les journées de Laupen et de Morat , ne voulut pas abandonner d anciens et perpétuels Confédérés aux ooiisé([uences d'une erreur. Les Zuricois, les Lucemois, presque tous désapprouvaient cette expédition ^^^; mais ceux d^Uri avaient si bien mérité de la patrie^ et l'atta- ^m«DLt confédéral était si fort, qu'on aima mieux partager leur faute que de les voir succomber devant des étrangers. Berne envoya doQC en même temps des com- DMssaires médiateurs ^^^^ et, avec la bannière delà ville, trob mille bommes sous les ordres d'Adrien de Bubenberg, Tavoyer, le héros ^^"^^ cinq cent cinquante bommes de Soleure et de Fribourg , des Zuricois, non moins prompts et vigoureux, sous les ordres de Waldmann^ des troupes bien équipées de tous les cantons passèrent le St.-Gotbard au mois de novembre. A cette nouvelle, Gbecco reconnut les artifices de
. *** Diètes à Goire. EdUbaeh, Bêcéê de Lueerne, Otbmar. Faire représeoler âi ceux d'Un par des députés fédéraux « combieD ce nous est peu commode à tous , en raison de l'hiver ; que personne ne les a attaqués , qu'aucun serment ne les oblige , et qu'ils ne nous ont pas requis ( préalablement à l'expédition) ; il faut absolument les inviter à rentrer dans leurs fojers. • BalikoBor, Droit fédéral { Eidg, Recht) , p. 129.
s*> Les Milanais offrirent de se soumettre à une inspection locale et de pajer des indemnités si le tort était du c6té de leurs gens. Id.
^^ Lettre de Bonne etdeêon/iUâ Vri, Milan, 15 mai 1478 : Que ceu\ de la Léventine ne se présentent pas en nombre ni armés au jour fixé poor raccommodement Schmid, HiêU d^Ori, U, 145,
^^ Anêhelm, expressément*
^^ Le gentilhomme Rod. d*£rlacfa; archer, ancieft banneret ; Soleure covoyu l'ancien avoyer Gnenzmann Vogt; Fribourg, l'ancien avoycr PéCenDann Pavillard. Schilling.
^^ Avec lui l'ancien avoyer Guillaume de Diessbach , les bannerels Hnber el BaumgarteB. Id^,
196 HISTOIRB DK LA 0UI88B.
Rome; il n'avait pas attendu de la Suisse autant d*ac^ cord. Souvent la froide politique s'est trompée dans ses calculs pour avoir ignoré la puissance des sentimens populaires*. La régente et son fils ayant reçu une déclaration de guerre conçue avec l'énergie allemande***, Checco adressa aux villes des réponses telles que la colère les lui suggérait *^^. a Puissans seigneurs, nous » attendions de vous phis de raison que du peuple des » Alpes , dont l'extravagance et la grossièreté ne nous » sont que trop connues. Chez vous, nous le voyons, » il n'y a pas de différence entre les villes et les cam- » pagnes. Qu'a-t-on fait à vous ou à vos négocians^ » pour qu'un an après une paix chèrement renouve- »lée*^, vous attaquiez notre pauvre peuple avec une » armée semblable? L'avarice vous pousse, une ava- » rice aveugle , une soif insatiable du bien d'autrui. )) Elle ne sera pas assouvie. Nous avons pour nous Dieu » et la justice; nous avons aussi des soldats et pouvons » les remplacer. Uri a des Confédérés; nous aussi ^^ I) Nous recevons votre déclaration de guerre. Cette ré- » ponse vous sera portée par votre messager auqud
* Les Espagnob, les Portugais , les Tyrolois ont prouvé qn'il existait encore des nations , an milieu de la servitude générale. D. L. H. {Note écrite veriiS09),
*** Déclaration de guerre de Sehwyz, ievidi ap. Othmar (Nov. med. ) iàlB : De les attaquer dans leurs corps et leurs biens par le fer, le feu et le pillage , de ruiner villes et ch&teaux , de jour et de nuit , par terre et par eau , le plus que possible.
2M ^QQs possédons en latin et en allemand les Eépomes à Zurich et à Luceme , 27 nov. i47S. Les autres étaient sans doute de la même teneur ; Tabbé Silbereisen, de Wettingen , en donne la traduction dans sa chronique.
s** Allusion à n. 2ii.
^^^ Mais pas de la même espèce; Florence et Venise n'étaient pas pour Milan ce que Zurich et Berne étaient pour Uf !.
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Muons n*aToos.pa8 cassé le bras, comme' ont fait au n nôtre les gens d'Uri , yiolateurs de tont droit et de » tonte layauté, » Immédiatement après il envoya le comte Borelli avec dix-huit mille hommes sur les frontières de la Suisse.
Hix mille Suisses , en avant Zurich , parti avec Uri, marohaient contre les Milanais. Les Zuricois et ceux dUri aTaient £ait bombance à Wasen , peut-^tre bu k Goschinen; ils montèrent en courant les Schôllinen, théâtre des dévastations d'une nature dont les formes gigantesques réduisent l'homme aux proportions d'un nain. Comme si le génie de la montagne voulait punir leur manque de respect , Fair ébranlé par leur tumulte détacha de cimes inconnues une avalanche qui , dans un clin-d'ceÂI, ensevelit soixante hommes perdus sans ressource ^^. Les autres^ contenus, s'avancèrent par le St« -Gothard contre le Milanais. Prés d'Iragna, ils oommencèrent à exiger des contributions de guerre ^^^. Les médiateurs^ pleins d'espérance , attendirent à Bel* linzone )e dernier mot de Milan , lorsque tout-à-coup parut sur la Muésa le landammann André de Béroldingen avecla bannière d'Uri; les cavaliers lombards placés en observation, furent repoussés; et même, tantl'inianterie suivit avec impétuosité ! on prit d'assaut dans la soirée la première muraille, et Ton fit une brèche à la seconde. Les Italiens crurent cette surprise concertée avec les médiateurs, qui eurent bien de la peine à
^> D'antres rapportent qae oel accident ent lien comme ils relonrnaicot; mais la date indiquée, le SB déc, ne cadre pas avec les éTénemens; uoas smvons EdUifoch.
^^ Témoignage de l'armée en faveur de la eommime Uranye^ jeadi , 8«. jour ^ SL-Martîn 1478 (Schmid, p. H6) : qu'il faut les considérer dès ce moment comme Suisses.
se sauTer. Les Suisses les reçurent pleins de colère pour s'être abouchés avec les ennemis. Il n'était guère difficile de pénétrer dans la ville et plus avant. Mais Bellinzone est un entrepôt entre le Midi et le Nord y important pour le commerce d'expéditions ; le pillage de cette ville eût causé du dommage à beaucoup de maisons suisses ; aussi l'assaut fut-il mal dirigé ce jour-là ; plus tard les tentatives échouèrent. Les Suisses passèrent le Monte-Genere et menacèrent Lugano. Mais l'hiver déploya toutes ses rigueurs ; une neige abondante tomba dans les montagnes ; l'air obscurci , les chevaux de somme ne trouvaient pas les sentiers. Ainsi, avant que l'arrivée des vivres et le retour ne leur fussent entièrement coupés, le conseil de la guerre décida de suspendre les hostilités ; on occupa l'entrée de la Léventine ^*.
En apprenant que le village fortifié de Giornico n'était gardé que par la milice de la Léventine , par cent hommes d'Uri et à peine autant de Zurich, de Lucerne et de Schwyz, en tout moins de six cents, le comte Borelli crut pouvoir, avec des forces supérieures et de la ruse, s'emparer d'un poste qui arrêterait tout court les troupes en marche contre le Milanais. Il fit faire à un petit détachement un détour par les montagnes qui séparent la Léventine de Yerzasca ^ et
2»* Schilling et Edlibach pins en détail.
^^ Ou bien il Tenvoya de la vallée de Palenza par brngîasca. Eélibûek dit positivement que Borelli voulut les couper et faire arriver la petite troupe au milieu d'eux par la vallée • d*Oergend. • Siumpf écrit ce nom Oerienz (Airolo). Mais comment croire que les Milanais osassent s'avan cer autant? Nous prenons la contrée au nord en général; il n'est pas dit de quel côté cette troupe vint; il n'en est même plus question dans la suite de l'histoire ; Tétat des chemins l'aura retardée.
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Im ordcmna de se montrer à un jour fixe au-dessus de (^mioo; lui-même^ avec environ quinze mille hommes remonta le long des rives alors belles ^^ du Temn y et fit une irruption près du couvent de Poleggb. A Vaspect du taureau d'Uri ^'^^ on ne put empèdier le soldat de piller et de ravager la contrée '^. &nri Troger, de l'ancienne maison de Sillinen, capitaine général du canton d^Uri.et commandant de Giomico, Tapprit. Or^ ce village est situé sur les deux rives du Tessin dans une vallée très-étroite; des châteaux en ruine et des tours puissantes montrent l'importance qu'il avait eue pour les Lépontiens et les Lombards : alors encore des remparts le défendaient; au nord r^nent les terreurs d'une nature sauvage ; au nûâi le ciel et le sol font pressentir Vltalie'^^. Dés qu'on sut rapproche des ennemis^ le juge Stanga y commandant de ia milice léventine, conseilla de diriger les fiots rapides du Tessin sur la grande route et les prairies et de pourvoir les soldats de crampons ^^.
Le jour des Innocens '^S de grand matin ^ les Lombards montèrent par la route inclinée. Quel mécompte
KoDS cOrons dans la saile comment elles changèrent en i5i4« ^' Chammm de VioL t • Ils aperçnrent près du petit convent la terri- • ble léie de Uoreaa , ils firent les braves et ils l'abattirent à coups de pi* » qoea. ■ » C'était le taureau dlJri peint sur les murs» comme wmoi-
>M • Us coupèrent les arbres fruitiers. » VioL La destruction de ces antea d'arbres est toujours le signe d'une dévastation barbare.
*** Yoy. sur le lieu de cette scène H. A. Sckin^, Métuoiret powr la coh" mmûs* de la Suîmu {Bêytr. utr Kênntnàê d. S.),U II« ouvrage excellent
>** Schmid, qui se sert ici de renseignemens manuscrits qu'il a trou» Yés dans la Léventine et dans les collection&de MM. Camow.
*** Je ne comprends pas comment Edlibaeh peut dire que cela arriva dix jours après la Toussaint
300 HIftTOiRB DE LA SUISSE.
lorsqu'ils durent marcher sur la couche de glaee récente^ les cavaliers avec beaucoup d'efforts ^ les fan-tassins péniblement aussi , appuyés sur leurs piques ! Les Suisses les regardaient du haut de leurs boulevards; dès qu'on les vit pour la plupart dans ce cruel embarras^ Frîschhanns Theilig^ excellent jeune homme ^ chef des Lucernois, à la tâte des arquebusiers^ suivi du plus grand nombre d'^itre eux^ d'un pas affermi par les crampons ^ courut le long de la descente^ et fondit sur Tennemi, dont le courage fut ici vaincu par la nature ^^^. Les Italiens se virent forcés, pour prendre pied^ de rebrousser en hâte, l'espace d'une lieue , jusqu'à Bodio. Avec des cris formidables répercutés par la montagne y les troupes fraîches attaquèrent les troupes fatiguées dans un lieu où la supéxiorité du nombre ne pouvait pas se déployer et où cavalerie, infanterie, artillerie, s'entravaient mutuellement. Beaucoup de nobles renversés par terre ayant été faits prisonniers, les canons ^evés et tournés, comme la mort sévissait sans laisser d'espoir, le Lombard se prit à fuir. La terreur le saisit : Henri Troger ne craignit plus alors une contrée plus ouverte. Lui donc, Theilig, Stanga, ivres de joie, avec six cents hommes en chassèrent quinze mille jusqu'au-delà du district de Riviera. Les vainqueurs s'arrêtèrent sur les bords de la Muésa. Plus de quinze cents Italiens'^'
^* Lectear, remarqnek ici Frîscbhànos, toos ie verrei an jour martjr de cet exploit , mais auasi Tengé. EdUbaeh rapporte cette action , mais , bean-fils de Waldmann, il n'en nomme pas l'auteur. • Facto globo, » dit un italien qui raconte ce fait » • excelso animo Mediolanenses adorti in fugam vertant • Prd J^opo Fiiippo da Bergamo, SuppL chrrmieor^ fol. iii, Venet. 1513.
^** D'après TiiNNifairtf d'il ri, il en aurait péri plus de tGOO.
LITKB V» CHAP. U. 201
TougJMnt ht neige de leur sang; les flots en déyorèrent aussi nngnnd nombre; leur défaite fut si complète qu'elle parut surnaturelle ^^^. On ramena à Giomîco des chevaux magnifiques ^ beaucoup de mulets, une ^antitë considérable de superbes canons ^^. Stanga se nyonii de cette issue, ne retint pas davantage le sang de sa blessure, et tomba sur le seuil de sa maison ^^^. Comme à Morat et à Nancy, Jean Viol composa le chant de la victoire à laquelle son bras avait contribué *. Cette action valut aux armes suis^s une renommée fiMmidable par toute l'Italie ; Sixte avait été le premier à les apprécier» Dès ce jour le gouvernement milanais rechercha la paix par Tintermédiaire du roi Louis.
Les Suisses repoussèrent la }Nroposition d'une trêve^ , mais la plupart des gouvernemens consentirent à Qoe paix, toutefois sans empressement ^^^. Giornico, pourvu d^artillerie par la victoire ^^^, reçut une plus
*** L'honnête Schilling pense qu'ib soaffiîrent ainrî a pour lenn péchés contre nature, aUeodn que les Suisses n'avaient guère le droit pour eux. • La chronique de Bergamo raconte bien loyalement : « Pau-
• ctsûmî • ( 50 seulement , sdon elle ] « paucissimo negotio octingentos
• tmcidamnt; nemo vlrtutis Italie» memor; magna profecto nedum
• Jactnra, sedignominia npstrorum haec clades. «
^' Viol : m Huit précieuses serpentines de campagne , beaucoup de lourdes arquebuses à crochet, trois cents bonnes arquebuses, plus de cîoq cents arbalètes.
^* D'après Vannualre ttUri, Martin Stalder , de Schwyz , mourut aussi de ses blessures.
• Voir Roehhotz, Eidg, Lieder-Chronik, $07-814. C. M.
*•' Diète de Luceme, commencement de février 1479.
^* Ibid. St. -Matthieu ; peu de députés avaient des pleins pouvoirs.
^* Des canons y sont restés jusqu'à nos jours , mais ils ne proTenaient pas de cette bataille, comme le croit Leu dans ses notes sur Simml$r^
forte garnison^ sans frais pour Uri. Les Confédérés n'appuyèrent pas les réclamations exagérées qu'on fit à Milan '^^, mais les demandes d'indemnités^ compatibles ayec l'honneur, ainsi que l'adoption de principes fixes pour les relations commerciales : les produits suisses ^''^ furent soumis à un droit de péage; aussi semblait-il impossible de balancer équitablement l'introduction des marchandises du Midi. Mais on ne viole jamais plus les traités de commerce que là où Tabsence de modération les rend le plus nécessaires; il faut pouvoir^ comme eux , imposer l'équité par la force.
Avant la paix , Pierre de Brunnenstein , prévôt de Lucerne, se rendit à Rome pour consolider l'allianoe avec le pape^''^. Rien de plus désirable pour le siège pontifical que le dévouement d'un peuple dont le nom seul était une égide* En revanche, rien, après la patrie, n'était plus sacré pour sa loyauté que l'I^lise et l'Empire. Si les grandes puissances avaient uni la fermeté à la loyauté, elles auraient trouvé dans ce centre de l'Europe une milice toujours prête. Sixte céda pour lors aux Suisses ses prétentions sur Milan comme une chose d'importance ; o^ fit une convention
145; ils portaient les armoiries de France et de Milan réunies et celles de Venise.
*^* Les habitants d'Un exigeaient au moins 100,000 florins, on pour les conqaôtes faites hors de la Léventine, on parce que le pape avait abandonné aux Confédérés des prétentions qu'il estimait à 60,000 florins. jinsheUiL
^^ Spécifiés dans £</ii6acA : Beurre, caillebotte, fromage, chevaux* peaux , cuir.
>7' Sixie aux Confédérii, Home, 21 janvier 1&79 : SI a rapporté des chartes dans lesquelles tous les cantons se montrent prêts i marcher contre les ennemis de l'Église.
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pour les sidwides^^^ les avances ^''^^ la solde ^^; l'ailianœ fut conclue ^^. Ils étaient à ses yeux les premiers des chrëtiens; il se souvint de Tantique gloire que leurs pères avaient acquise par leur justice^^'^. Ses projets en Italie et contre le grand Mahomet leur pa* nirent si vastes^ qu*ils jugèrent utile de faire des réserves^*. Ce qu'on apprit de sa cour et de ses mœurs pumt bien surprenant ; mais la divinité de l'Église était indépendante de l'humanité de son chef. Les subsides furent payés aux Confédérés avec l'argent qui leur avait servi à acheter le pardon de leurs pé* chés»^*-
L'ambassadeur français, Bertrand de Brosses, négocia, moyennant une indemnité modique ^^, la paix entre la Suisse et Milan , aux conditions suivantes : n Uri reçoit du chapitre de Milan , à titre de fief héré- » ditaîre et perpétuel, la Léventine, y compris la vallée
'^ Bdle docals cfaaqae fois qa'il les requerra et chaque année tant qo'ib le serviront.
"* Un paiement • avanti cbe 1 soldati marchino , per le preparative clie avranno a f are. •
S7» Cinq florins d'or dn Rhin ao fantasrin, dix ao cavalier.
<» B«/^, 19 octobre 1479.
^^ « Semper enim majores vestri , uti ex historiis constat , Jostitiae oiltores fuemot. >
^^* Le traité d'alliance portait qu'ils ne serviraient pas sur mer , ce que probablement on n'eût guère exigé d'eux.
^^* Spécialement 1,900 livres en 1480, qui furent livrés pour la construction de SL -Pierre de Rome. RulUnger,
^* 14,000 florins de frais ; 1,500 pour quelques réclamations isolées. La première de ces sommes fut distribuée aux militaires après déduction des frais de la chancellerie de Luceme, de 100 ducats pour le maître dTécole dUri, de 160 florins offerts par reconnaissance à de Brosses , et de 60 pour Tinteiprète Sloss. Diéieê dé Luutne, Laurent 1479, Judica 1480.
>rde Brugiasca^^^ et donnera annuellemont, pour » connaître la suzeraineté, un cierge de trois livres ^^^ ; M Uri demeure en possession des forêts de châtaigniers » et des pâturages alpestres en litige ^^^, du village d' A- » biasco et de ce qu'il a pu conquérir le long de la ri— » viére du Blégno^*, On renouvelle les tt*aités concer— » nant les capitulations, la marche de la justice et la D route commerciale. » Les Suisses réservèrent encore le pape. Louis XI se porta garant de la paix ^^. Bien-* tôt aussi les péages furent rectifiés ^^.
Ce fut la dernière affaire dans laquelle le vénérable chancelier Checco Simonetta servit l'État auprès des Suisses , au nom dé la duchesse Bonne et du duc Giovan-Galéazzo->Maria. Lodovico-le-Maure , frère du souverain assassiné , s'empara ensuite du pouvoir suprême, relégua le duc encore enfaiit à Pavie, et sa mère à Âbiagrasso; quant au vieillard Checco^ qui pendant près de cinquante ans de service avait mérité l'affection de son père , le grand Francesco , la con-^ fiance de toute sa maison, le respect universel de
2'^ Vallée latérale déboachant dans celle de Palenxa.
s» Uri possédait aossi le droit de nommer les curés , mais cenx-d devaient recevoir leur confirmation à Milan.
'*' Celles-là près d'Iragna et de Lodrino , cenx-ei çà et là.
^*^ Dans ma copie du traité de paix se trouve nommé le val Bolegna^ on s'intéresse aussi à l'hôpital de Bolez; il ne parait pas cependant qu'alors déjà tout le val di Blegno devint Suisse.
3SS Elle fut acceptée à Luceme le jour Esto mihi et signée par le roit le S9 sept. 1479. CA.
^^ Ck, Milan , S mars i4S0, as Cette goerre a été racontée avec les détails les plus attachants par M. lUUfimse Fucks dans son HUu dugn/tr» rei du Suiêteê dan» UMUanaU {dUMaUmndiêchenFeULaigtder SekwêtMÊr), U I. 101- i45. Voyez aussi Si$mondi, Hi»t. du répubL îiaL XI, 16Q<< f 66. C« M*
U¥RB y. CHAP. II. 205
lluKe , il le fit torturer et dëcaphei' ^'^. Lodovioo , homme de la plus grande souplesse, d'une culture ache« Tée; foulait aux pieds la justice^ sa parole^ Thuma-* nilé. Les fonctionnaires crurent ne pas devoir se con* former à la conrention des péages stipulée par Ghecco; le trésor retardait aussi ses paiemens. Soudain une multitude de jeunes hommes Uelliqueux se rassemblerait à Schwyz^^^. Lodovico réfléchit au danger d'un pouvoir mal affermi , recourut à la médiation des Gonfédérés et de la cour de Rome^^^^ donna des déclaradons satisfaisantes concernant les péages '^^ envoya les. sommes dont le paiement lui fut imposé ^^^, et sul gagner les esprits par des présens ^^^. Les villes obtinrent le renouvellement des capitulations ^^^.
Bans le pays des Grisons y où un grand nombre de communes libres formaient trois ligues , celles-ci une seule confédération , et où les droits seigneuriaux et les franchises y dans leurs combinaisons bizarres^ mettaient incessamment aux prises le pouvoir des petits souverains et celui du peuple ^ les troubles étaient fréquens plutôt que considérables. Pendant la guerre de
s>Y ^u mois dToclobre lASO; SiettUr commet ici plosiears eneiin. M^SUmondi, L c. 172-174. C. M.
^* Diète contre celte expédition, Lucerne , sept. 1481*
*** Qni employa Bartholomeo Maraschi de Mantoue , évéque de Castcll , l^at a Uaere, maintenant uni avec Siite contre Venise.
*^ Canvetiiion, Lnceroe,* 16 sept 148ft. Exemption des péages à Como, Beilioxone, Lugano, Gbiavenna, dans la Valteline, à Varèse, Locamo, Arona, Galerato, Legnano , Domo d*Ossola , jusqu'aux fossés de la ville de Milan , pour aller et revenir.
^^ 1 ,700 flor. , somme des réclamations présentées à l'avoyer de Scharnachthal; le onzième florin était absorbé par les frais. An$heim, 1482.
'** 1,500 florins pour les Cantons, 200 pour leurs députés. *** Les Gantons forestiers y prirent peu (f intérêt ; « nous ne savons pas le UUn, • dirent-ils. « Ildefome Ftuh$, t I, 151 et suiv. G. M.
Bourgogne eut lieu dans TEngadine la guerre des poules. De toute antiquité , nous Tavons vu ^^^ , les ocHntes de Tyrol exerçaient une souYerainetë héréditaire le long de rinn jusqu^à Pontalt^ sur un territoire entremêlé de fiefs et de domaines de l'évéché de Goire. L'inégalité des franchises , l'orgueil des Tyroliens, appuyés sur leur prince y l'orgueil des sujets de la Maison-Dieu, appuyés sur leur ligue, enfin l'opiniâtreté firent, de simples malentendus, naître une guerre. Dans une de ces querelles, pour des péages et des mines, le commandant tyrolien de Schlandersberg , à la tète d'autant de troupes qu'il en avait pu rassembler sans donner l'éveil, tomba subitement sur la Basse- Engadine par le pont de St.-Martin« Au point du jour les voisins virent le vieux manoir de Tschanuff^®^ en flammes, et entendirent le bruit formidable de ses crénaux qui s'écroulaient dans les profondeurs de la Wraunca. Les habitans de Remuss , de Schlins ( Celi^ nenses) coururent aux armes. Au pied de la colline du château incendié se tenait l'ennemi qui avait déclaré ce ne vouloir pas même épargner les poules ^^. » Telles étaient, sans doute , les menaces de Martihanns, guide de Naudersberg, fier de sa vigueur et de sa taille gigantesque. Gebhard-Guillaume, l'orgueil de Remuss, remarqua son insolente fureur, et marcha droit à lui ; les troupes s'arrêtèrent étonnées. « Je puis périr, » s'écria Guillaume, (c mais avec honneur. » A ces mots il se jeta sur Martihanns comme sur une bête fauve qu'il aurait combattue pour défendre son troupeau. U ter-
»* T. n, 159; t VI, 416.
**' Canitiès, ch&leau situé près de Remuss; voj. CampbelL ^* Campbell : de là le nom de la guerre ; il ne s'agissait pas des poules du caroaYa].
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lanasoD* ennemi y le tint, sous ses genoux^ loi ôta la TkySe releva d'un saut^ et pénétra jusqu'au onzième rang de la horde e£frayée. Là il saisit la bannière de h ville de Hall. Les Tyroliens combattirent pour Thonoear de leur pays ^ qui avait toujours enflammé leurs âmes. Guillaume, heureux de son exploit , wccomba^ mais il revit dans les chants dé sa nation^^. Les habitans de tous les villages et des montagnes de TEngadîne accoururent , et déjà brillait sur les hauteurs la taille et l'armure de messire M unzasch de Castelmur, si vigoureux, qu'il avait un jour assommé un chanoine d'un coup de poing ^^^. Bientôt ils crurent voir Rodolphe Castelmurer^^^ avec la milice de B^ga^ia , et de tous les recoins du Julier et de l'Albula les drapeaux des communes ; ils rebroussèrent chemin et consentirent à un accommodement^^. Quelque temps après, rarchiduc fit cesser une occasion de fréquens désordres en abandonnant à l'évèque de Goire l'avouerie du couvent de Mûnsterthal^^
Au bout de quelques années l'Âutridie acquit une autorité prépondérante dans le Prettigau voisin, sans
»^ CampbeU en fait mention cent Ans après loi. Une de ces chansons est dans le BeeuêU dss ehatuonM griêonnes (BàndnerUeder) Goire i781, p. S5; celle-ci a été rajeunie à la mani^ de Gleim.
V* Ardiuer, p. 18. Homme âgé à cette époque, puisque 35 ans anparaTant il était intendant de Tévêque.
>** Milan lui accorde en 1477 d'exporter annuellement 50 boisseaux de blé. Campbell.
•** Par les soina des évéques de Trente et de Brixen , le savant Jean Binterbacber et George Gober.
**^ 1479. \oj, Lehmatm, GrUom, U I, ouvrage fait avec soin. Nous ne saurions néanmoins voir dans cet acte le titre légal ni l'occasion de bk prise de possession de cette vallée ; auparavant déjà elle se rattachait â la l%ae de la Maison-Dieu.
208 HISTOIRE DB LA SUlSftB.
qu'il fût possible de l'empèdier. Elle acheta^ peu à peu y toutes les seigneuries.de Ycnrarlberg^ pour reculer les frondéres de ses États jusqu'au Rhin et au lac de Constance ^ et les mettre en contact avec les provinces antérieures et avec les limites de la France ^^; dans ce but elle ne négligea aucune des occasions que lui fournissaient les embarras pécuniaires des seigneurs. Lorsque , par exemple ^ les comtes de Montfort ^ chevaliers plutôt que princes , dans une situation de plus en plus difficile y durent vendre leur part de l'héritage de Tokenhourg dans le Frettigau, à une époque où Sigismond lui-même manquait d'argent^ il acheta ces domaines ^^^ et les remit aussitôt à son bourgrave du Tyrol , Ulrich , bailli de Metsch ^^ ; celui-ci , à son fils Gaudenz^^. Gela eut lieu avant la paix perpétuelle et Talliance héréditaire ^ de sorte que la cour d'Inspruck pouvait douter si les Confédérés verraient de bon œil cet accroissement de territoire. Les habitans de Davos, de Kloster, du Prettigau, de Lenz, de Belfort, de Chur#tailden , de la juridiction postérieure et antérieure de Schanfik ^^, ne conçurent point d'inquiétude : Gaudenz leur était connu ^^ ; il leur garantit leurs anciennes coutumes et leur inaliénabilité , et ,
*^^ La Forât-Noire , le Brisgan , le Sundgau , la Hante-Bourgogne.
'*' 1471. Hugues de Montfori'RothenfeU à la commune et à lajmridic' iion de Davot, etc. Ratisb. Visitation de Marie. Dans la Déduction des négociations grisonnes, i622 ( Pundtnerischer Handlungen Déduction) cidessus t. V, 8. t VII, p. 128.
*** Il était aussi commandant dans le pays de TAdige. On sait da reste qu'ils s'écrivaient Comtes de Kirchberg.
•♦* Confirmation des franchises par lui , vendr. av. St-Oall. 1471.
••• L'antérieure à St -Pierre, la postérieure à Langwiesen.
**' Ne tenait-il pas de sa mère, Marguerite de RazQns, les juridlcUons de Gastels et deSchierscb, dans le voisinage? T. if. 159.
UVKB V. CHAP, II. 209
afin «jolis pussent le trouver toujours en cas de besoin^ il leur promit d'habiter au milieu d'eux ^^. Deux juridictions lui furent inféodées par l'Empire, deux antres par l'évéque de Goire^^; enfin, il tenait les denx dernières de sa mère.
Fendant six ou sept années tranquilles ils firent paître leurs troupeaux ; sur ces entrefaites les meilleures idations s'établirent entre Tarchiduc Sigismond et la Suisse. A la fin Gaudenz crut devoir déclarer à la diète de Davos : ce que son attachement pour ce bon pays ne » lai permettait pas de le remettre à d'autres mains sans » la Tolonté des habitans; mais que Sigismond, appuyé M sur une convention avec son père ^^^, insistait sur le N rachat ^^^; qu'il ne lui restait à lui-même d'autre » fard que de les délier de leurs sermens. » Eux, consternés à l'idée de passer d'un régime paternel à l'état de province, refusèrent leur consentement, engagèrent les Grisons à déléguer une ambassade à Inspruck , et demandèrent des secours aux Suisses ^^^. Sigismond avait résolu de les posséder, mais de leur plein gré. Non-seulement il confirma l'alliance avec les Grisons et leurs anciennes franchises, il leur en accorda une
*** Gaadenzau payé, iA7i, jeadi av. SU-Gall, dans la Déduction
diée.
*** Par l'Empire Daros, Klostcr, Lenz, Ghnrwalden; par l'évéque les deoiL de Schanfik. Acte de vente, 1&77.
*^* Sous la condition de la réemption, dont il n'avait pas été question en 1471.
*** Son aeie de vente, mentionné n. 509 , est daté d'Inspruck, vendr. av. SL-Thom. 1677; ronvertured Vammann, auxcameiU et cotnmunei réside Fribourg en Brisgau, St-George 1478. U reçut 5,000 fl. do Rhin pour prix d'achat et 5 marcs pour la réemptioo. En 1479, mercr. av. SL- George, Gaudenz de Ghurberg signa V abandon de ion fief à CEm* : mais il conserva encore ceux de Schiersch et de Gastels.
'<> Ztekokke, UUl deaGri$on$, t. I, 468; tr^s-eiact.