‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 60 sur 127 · LITRE V. CHAP. II. 2H · texte numérisé non relu

LITRE V. CHAP. II. 2H

ber^-Sargans^'^ dans la ligue de la Maison-Dieu ; son père avait été tour-à-tour ennemi et allié des Suisses pendant la guerre de Zurich ; il possédait lui-même (fans la Haute-Rhétie une seigneurie souvent attaqua '**. Cette démarche consolida le pouvoir du comte, les droits du peuple, la paix du pays^^^; tout prospéra dans la joie. Mais, par suite de la vie chevaleresqae qu'il avait menée dans sa jeunesse, George s'âait obéré au point qu'il dut abandonner à Tévéque ses beaux domaines de Razûns , héritage de sa pre-

■«» Avec Barbe de Somaenbçrg , sa (seconde) femme. Nous avons toQs nos yeax une copie de la longue CA« lundi av. Barthél. 1475.

w u ne condnt l'alliance que pour ses domaines au-de»os de la lanàpirt et « en deçà de la montagne, • savoir Rheinwald, Savien , OrlensletiL

'" P^ÛDt de guerre sans le consentement de l'alliance ; celle-ci même ne consentira qn'après une délibération en commun. Point d'asile pour les sujets rebelles. Le comte ne prend aucune part aux contributions. Quand oo lève une contribution générale sur le pays, lui et ses gens n'y sont jamais soumis sans son consentement Pour les diètes et les guerres défensives l'ancien usage du pays fait loi. Les députés de la Maison-Dieu jugent arbitralement tous les différends, en cas de besoin la ville de Constance nonmie le surarbitre. Les signatures font connattre foiganisation de la ligue et les hommes les plus considérables de chaque localité : l'évéque, le chapitre et la ville de Goire; Jean de Marmels, bailli d'Aspermont, appose son sceau pour les juridictions de Tri m mis et de Zizers ; le bailli Joachim de Gastelmur de FQrstenau pour les habilans du Domlescbg , du Ueinzenberg , de Tschapina et d'Obervaz ; Ragetto Fontana , bailli de Ryems (Réams), pour Avers; l'ammann 6au< denx Planta , de Zoug , pour Zemez dans l'Engadinc sous Pontalt ; Jos^ Coldin, pour la Basse-Engadine au-dessus et au-dessous du val Taaoa, h Scnols ; Fadministrateur Jos^h Hohr, pour Remuss; le gentilhomme Herrmann Kilchmatter, lieutenant à FOrstenbçnrg , pour Mûnsterthal et pour le pays de l'Adige ( ci-dessus n. }0i).

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miére femme ^^, et se soumettre à une tutelle pour la dot de la seconde ^^L

Vers le même temps Jean- Jacques Trivulce , noble Milanais , d'un esprit vaste et apte à tout^ et d*un caractère inquiet , conçut l'idée d'acheter en Suisse et en Rhétie des biens qui le rendissent indépendant des caprices du duc et même important à ce prince par ses nouvelles relations. Jean-Pierre , baron de Sax , comte de Masox, seigneur de Belmont^ petit-fils d'un des fondateurs de la ligue Grise ^ lui vendit la seigneurie de Masox pour le prix de dix mille florins ^^' : Trivulce prenait plaisir au chàteau-fort qui dominait Grémëo; toutefois 9 il choisit à Rogorédo une belle habitadoo qu*il voulait orner avec magnificence. La seigneurie de Masox s'étend depuis les frontières de Bellinzone sur plusieurs vallées jusqu'aux sources de la Muésa et le long de l'Adula. Le duc régent^ Lodovico-le-Maure, désirant que ce jeune et riche seigneur ne fut ni son ennemi , ni trop puissant, mit des obstacles au paiement jusqu'à ce que le pays fût entraîné dans une guerre ^^^. Trivulce ne se donna point de repos qu'il n'eût^ outre Masox , acquis du comte George de Werdenberg beaucoup de domaines dans les Alpes; pendant

*^ Tasis, Ueinzenberg, Tschapina, 1475 (le même jour que la cL précédente ) pour 5,000 florins. Sprtcher, Pallas , 207. Anne de Raiûns, sœur du dernier seigneur , avait été sa première femme.

*>^ De Henri de Brandis , son beau-frère. Sprechsr. La dot était hypothéquée sur Ortenstein.

*^ Lettre de LodovicO'U'MaÊpre, i 8 janvier ii82. Jean-Pierre porte le nom de Montfort à cause de son mariage avec une comtesse héréditaire do Montfort

*** Le vendeur fit une irruption; il était du canton de Claris.

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tienteans il joua un rôle brillant dans toutes les affiiires d*ioiporfaiice.

Dd reste , la faveur de la libre exportation *^* protégeait les champs et le vignoble de Milan contre Tavidîté du peuple rhétien. Le sage abbé de Bisentis, Jesn de Schônegk^ contribua puissamment à faire triompber la justice de la force dans le pays et au ddiors ^^.

 cette époque^ les Confédérés décidaient avec énergie les différends ou les guerres dans leur voisinage , et Voo ambitionnait^ avant tout , leur secours dans les complications du monde chrétien. La puissance ottomane, que le sultan Mahomet I*^ et son fils Murad II , grands guerriers et nobles caractères , avaient relevée avec gloire et gouvernée avec modération , fut agrandie par le génie vaste et le courage infatigable du sultan Mahomet-le-Gonquérant , au point de faire trembler les nations ^^^. L'Europe occidentale^ sa liberté, tout le trésor de nos sciences trouvèrent un défenseur dans Matthias Hunyade, roi de Hongrie , héros comme son pére^ le vainqueur de Belgrade, mais supérieur à lui par les dons de l'esprit^ et l'un dçs plus accomplis

>^ CIL d^ Banne et de GaUazzo, pour Rheînwald, 9 janv. 1478 ; de$ miBiee, an sojet de Bergaglk pour 800 boisseaux de froment, 80 chan de Tin » de TEngadine pour 100 chars , de Schams f • sex ami « ) 55 , cfOberhalbstein et Avers (•Avrea»)50; cinq jours auparavant. Ces communes déléguèrent André Prévost et André de Salis; Wald, Jaoqoes Pariî, de Médels, et Pierre-le-Rouge, de Casanna. SalU^VaiieUine, IV, 84, 93.

'^ Accord avec Milan , 1478. Lea, art Dlsentis. Convention avec la commune de Waltenspurg, 1479. Sprecher,

*^ Jmhelm, dont on aime à entendre le jugement sur les grands hommes de toutes les nations , dit : « It faillit pousser la chrétienté au pied do mur. •

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d entre les monarques. A lui s'alliaient les Vénitiens dans tout Téclat de leur puissance. Ceux-ci avaient contre eux les discordes de l'Italie ; lui , la jalousie de lempereur Frédéric et les prétentions de T Autriche sur la couronne de Hongrie ^^''. Lorsque la ruine des puissans Bourguignons retentit sur les rives du Bosphore, le Padischa étonné s'écria qu'il aimerait à se mesurer quelque part avec les vainqueurs ^^. Mahomet à la tête des Jannissaires, contre Jean de Hallwyl à la tète des Confédérés , ,les cris « Allah ! Allah I » répondant au taureau d'Uri, eussent oflTert un spectacle aussi imposant que la phalange sous Alexandre supposée aux prises avec la légion sous un des Scipions. Matthias inviCa les Confédérés à une diète à Bude, où, après la chute de la principale forteresse de Scanderberg y on devait exsr pûner avec les Vénitiens la cause de la chrétienté ^. Ceux-ci rabandonnèrent^^^: il fit avec les Suisses une alliance pour la durée de sa vie^^^ moins dans Tespoir d'ohtenir une armée à cette distance^ que dans l'intérêt des enrôlemens ^^\ et surtout pour empêcher TEmpereur d'attaquer la Hongrie pendant que luinmème

*^ Albert d'Aatriche, gendre de Tempereur Sigismond , avait transmis celte couronne à son fils Ladislas; après celai-d , le chef de la seconde ligne antrichienne, l'Emperenr, aurait volontiers hérité de la Hongrie.

•*• Anshélm,

*^ 1^78. Continuation de Tichudi; Chronique d^Engelberg. Députés des huit cantons : de Zurich, Thomas Schaub; de Luceme, Melcfaior RQss, fils du greffier de la ville , et Jean Schilling.

*** i479 s « une paix équitable qui mérite d'être excusée. » Mais, I rinstigation de Rome , les Suisses se Cftchèrent et nç voulurent pas entendre leur députation. Anshêlm.

"* 1479. Si d'autres rappellent alliance de onie ans , c'est que le roi vécut encore cet espace de temps. CA.

*'* Des volontaires.

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