LIVRE V. GHAP. IIK
gone^^ choisi par le pape, iiyant résigné dans sa vieillesse, Jean Ffyffer deSur $ée, à qui le pape avait donné cette expectative; d'ailleurs apparenté au bourgmestre
Waldmann, prit possession de la dignité vacante. A?aot son installation Tévêque fut averti que Jean Mejer, curé de Bûren, avait obtenu sa nomination dlnnocent YIII , par Forgane du commissaire papal Kistler^^, et qu'il pouvait compter sur la protection des Bernois. L'évéque s'en tint au prescrit de son devoir ^2. Pierre Kistler remit au conseil de Berne la balie qui autorisait le curé Meyer à recourir au bras séculier.
Us Bernois permirent qu'au carnaval suivant il emmenât avec lui cent vingt-six jeunes hommes vigoureux de Bûren ^^, ses ouailles, animés par des rasades <le bon vin, qu'il marchât sur Moutiers et qu'il forçât b popalatioa et le chapitre à lui rendre hommage. Le maire de l'évéque l'apprit à Delémont , arma le Salzgau, surprit les adversaires qui se croyaient en sûreté , et força Jean Meyer de jurer qu'il se soumettrait à la
Ddrfljngen est proprement dans le Bégau , et Jean fat peat«étre dn coorenl de Toas-les-Saints à SchalThoase (1S5S) ; c'était une
fioiUe riche et considérée. Bàger, Depuis, ils s'établirent à BéronoiAnster, où Jean, cousin du prévôt, contribua beaucoup au perfectionnement de rimprimerie {HoUhaLb, supplément de Leu) ; d'autres mem- ^de cette famille ont conservé jusqu'à ce jour, dans le même lieu , la gloire de l'amour des sciences.
^ La cour de Rome commit-elle une méprise, ou bien le pape précédent considéra- t-il l'expectative comme éteinte?
'* L'autorité ecclésiastique suprême ne lui avait probablement rien
ÂtilDé,
'^ Nous avons pris ce nombre dans une relation de la collection de ^tUer. Pour le reste nous suivons principalement Anêhelm, qui raconte «faitàl'anlASÔ.
décision de TéTéque. A cette nouvelle ^ Berne estimant son honneur compromis, requit Soleure d*exercer une surveillance fidèle; Sienne, de ne pas ouvrir ses portes à Févéque, s'il se présentait; toute la contrée située entre les lacs, de se porter sur Moutiers*. Le commandement fut confié au banneret Louis Dittlinger. Le bourgmestre Waldmann , cousin de Pf yffer, et la ville de Lucerne, dont celui-ci était bourgeois^ détarminérent les Confédérés à désapprouver ces procédés ^» A rheure même les Bernois mirent sur pied deux districts voisins, tout le pays de Bipp et de Berthoud jusqu'à Cerlier (des Soleurois se joignirent à Tarmée)"^; ils prirent possession de la prévôté , de la vallée entière , ainsi que du mont de Diesse que baigne le lac de Bienne, et imposèrent à Tévèque deux mille cinq cents florins de contribution de guerre pour avoir porté atteinte à leur honneur. « Comment se fait-il^ » demanda le greffier Ammann, ami de Waldmann, que les Confédérés députèrent vers le conseil de Berne, « comment » se fait-il qu'une ville; plus que toute autre célèbre » par sa sagesse et son amour de Tordre, oublie subi- >» tement, dans une affaire si désagréable pour tant » de Confédérés , toute modération et les décrets de » Stanz ^ ? » En même temps il demanda, non sans menaces, que Berne revint en arrière et payât des indemnités. Berne répondit : « que le pape était réservé dans » toutes les alliances; que Thonneur de la ville exigeait
* Gelte conduite était une violation du convenant de Stanz. D. L. H. j
** Balthasar, Cho$ei mémorables de Luceme, iU, d'après le Mémorial de la ville.
*' Tiré des reeés psr J. J. Hottinger, HUu accL i4S6.
'^ Le convenant opposé ii tout mouvement tumultoaire.
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«tout pardculièrement cette fois-ci •'^ qu'elle proté- » geat les siens, m L*évéque voyant, ainsi que Waldmann, cette résolution, estima qu'il fallait avant tout arrêter le {progrès des armes ; il obtint, par Tentremise du prévôt du chapitre, Hartmann de Hallwyl , frère du béros, le traité de Rennedorf ^^, par lequel les Bernois renoncèrent à la guerre en conservant le val de Moutiers.
L'ëvèque Gaspard avait irrité le mal par sa fierté ; pour y remédier, il n'avait pas d'autre moyen que de se rendre en personne à Berne. 11 était accompagné du prévôt du chapitre et de Herrmann d'Eptingen^ cher aux Suisses depuis la guerre de Bourgogne. Cette démarche lui valut la restitution de sa souveraineté 'entière; mais comme Berne tenait plus aux hommes qu'au territoire, elle stipula que les habitans du val Moutiers soient à perpétuité comhourgeois de leur ville, qulls j<Miiraient de sa protection , défendraient la république <ians toutes les guerres, et ne garderaient la neutralité ^*en cas d'une guerre avec l'évêque de Bâle^®. L'af-
*'' Le parti de i'évèqae, fier peat-éire de l'appni de V^aldinann, panlt avoir parlé d'une manière inconvenante. '=» Et qae faiaaîl cela? D. L H.
** Correndelin dans le val de Mootiers. Sam. ap. Valentin i4S6.
" Le Traité de combowrgtouU avec U pûI de Motaùn est do ii mai da la même année ; il se trouve dans le NotufêtM Musée êtùeêe, U, 215. La tOKtentum avec Cévéque est du dimanche ap. Cather. ( nov. ) Ibid. S07. U village de Reiben , près de Bfkren « resta à l'évéqne ; mais on abolit le droit de refuge qui mettait les malfiaiteurs à l'abri des poursuites des Bernois. 11 est question dans la convention de beaucoup (f autres cboses : àa lac deNidau, à l'usage duquel les Biennois pourront participer, mais sans contrebande ; du p&turage près de Nidan, dont les habitans de cette ▼ille faucheront la première fleur, mais dont les coupes suivantes seront |*opriété commune; elle détermine qui peut faire brouter les petits prés. Berne acquit la haute justice du mont de Diesse. Voyes sur beau-
faire despréTÔts fut abandonnée au pape; les Gonfé-dérés administrèrent les revenus. PfyfiFer se contenta d'un petit bénéfice; Meyer, d'une bonne cure *^. La combourgeoisie de Berne garantit à l'évèque son ancienne souveraineté^ mais à la vallée ses franchises et le repos ; celle-ci y rattachée à l'Empire germanique ^^' sous la protection de la Suisse^ se chargea d'un quatorzième des obligations de son seigneur envers TEmpire ; elle les a remplies jusqu'à la dernière révolution. Les comtes de Mon tforty seigneurs de Sargans^ étaient bien connus de l'ancienne Suisse comme amis et comme ennemis; les interminables querelles et la mauvaise économie de George^ l'un d'eux y firent tomber cette seigneurie sous la dépendance de sept cantons voisins ^^^. \Ay dans des vallées charmantes et des prairies fertiles , entre le mont Scala ^^ et les gras pâturages d'une chaîne d'Alpes qui s'élève jusqu'aux glaces éternelles ^^y entre le Rhin et le lac de Walenstadt , habi-
coap d'aolres particularités Bienne dam m eotuiiiutian primitive (Biel iu Btiner Uraniage), 1795, 8*, ouvrage fondé sur les docuroens.
**® Il devint curé de Berthood. Les choses restèrent donie ans dans cet état ; Hartmann de Hallwyl remplit les fonctions de prévôt Balihaaar, Chù$e$ mém. III. A la fin, en 1408» Jean Burkhard fut éla à Moutien {Leu; cet article est du reste très-superficiel), et les Confédérés prièrent Tévéqne Gaspard d'examiner les dettes que Meyer avait faites an nom de la prévôté. Hottinger, 1. c. d'après les reeés,
^^^ Il y avait appel à WeUlar. Voy. de Waitewyl, Hi$i. de la Canf. helvit,
*** En 1483. Bdlibaeh commet sans doute nne méprise lorsqu'il exclut de la participation non-seulement Berne, mais encore Un. N'y eut-il pas à Sargans, en ih9à déjà, un bailli d'Un ? Lem
*^* Les noms sont ici à moitié rhétiens; le mont Scala est sans doute ainsi appelé à cause des escaliers anciennement taillés dans le roc.
'** Les eaux de la vallée de Galfeis sortent du glacier de Sardona; la Ta mina vient du Kunl^el par Vettis; la Sarn descend do Granhom, de là le nom de la contrée tantôt Samgans on Sangans, tantôt Saigans, et