‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 80 sur 127 · LIVRE y. CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE y. CHAP. III

tent les descendans des antiques Rhëtiens , race excellente à bien des égards. On croit que dans la nuit des âges primitifs , alors que le vieux Océan couvrait encore les demeuresdes générations actuelles, le Rhin roulait ses flots à travers cette contrée *^^. Quoi qu'il en soit (et qui pourrait découvrir les routes des premières eaux dans les abimes des mondes naissans? ), les Confédérés avaient conquis pendant la guerre de Tan U60'^, les domaines autrichiens ' de ce pays*^; le peuple jouissait des plus grandes libertés ; le comte George, sans enfans, après bien des peines inutiles sous les armes et devant les tribunaux , ami du repos et du plaisir, consentit à vendre aux Suisses le reste de ses terres *•*. Lui-même tenta une fois encore la fortune dans les querelles de Tarchiduc. Uni avec Oswald de Thierstein et Gaudenz de Metsch^ il entreprit d'enlever le TjTol à l'Autriche au profit de la Bavière. L'Empereur les mit au ban '®®. George s'enfuit avec Victor

sans donte, dans Pline, Saronetes. Voy» Gulm; la Rhétie; d'Orell, De*oription, Zorich et Leipsig, 1791, S*, ouvrage Irès-eiact; Ebel, Manuel àe wjrageur en Suisse.

'*^ Ce n'est pas sealement ane idée des observateurs récens ( Ebel ) ; OQ voit par les chroniques du xvii* siècle qu'on craignait autrefois que le fleuve ne reprît son ancien lit,

"* Racontée t VIT , p. 53 et suiv.

'*^ Uri, Schwyz et Claris s'emparèrent de Walenstadt, de Freudenberg et de Njdberg; Zurich, Luceme, Zoug et Unterwalden devinrent coseigDears, après la paix, parle traité du 17 févr. 1462. Leu.

^** Pour la modique somme de 15,000 florins, de sorte qu'il ne lui resta guère de produit net au-delà de 650 florins. Voy. n. 121. Us l'achetèrent de son beau- frère et tuteur Jean Truchsess , comte de Sonnenbag. Anskelm, 1482.

'*' Prouvé authentiquement dans les riches Archives pour l'Aile- "*^iK méridionale {Archio fur Sûddeutêchland) Francf. et Leips. 1807, p. 288.

313 HlftTOUB DE LÀ 8UI88B.

Bûchlin, à U fois soa valet de chaoibre et son emsi*nier, dans son château d'Ortenstein, situé dans la vallée rhétienne de Domleschg. Il y vécut pour lui-même sans inquiétude , principalement au moyen du prix de domaines aliénés. A la fin, Victor, craignant le résultat de ce désordi^, détermina son maître à vendre aux frères de la con^tesse ^^^, pour un secours modique ^'^ i'inaliénabilité d'Ortenslein. Il vécut dix-huit ans dans ce château magnifique ; on montre encore dans le mur de la puissante tour la place de son lit^^^. Les Truchsess, ses beaux-fréres et ses héritiers, tinrent leur parole à regard de sa veuve ^^^ ; ils honwérent aussi l'in-^ telligence et la fidélité de Victor ^^^.

Deux ans après la vente de la seigneurie de Sargans, que depuis lors les Suisses administrèrent en commun, le comte Jean-Pierre de Sax-^Masox ^^^ vendit à la ville

^*® Les Truchsess de Waidboarg, seigneurs 'de Sonnenbeig. Noos •Tons vo Barbe an cbap. précédent, n. S 17.

*** Si son revenu ne suflBsait pas.

**> LehmatM, U$ Griaon$, t I, S57 et 258 ; belle description suivant son habitude.

*>* Il moarut en 1501 ; Barbe fat entretenue « satis laute. « '

*^* « Via industrius et frugi. • Nous suivons YHigt. RhœU de Campbell. Il ajoute qulls laissèrent l'administration du ch&teau à Victor pendant vingt ans ; que lorsque Louis Tschudi, frère de l'historien » eol acheté Ortenstein en 1521 , Victor devint percepteur des péages en 1527; on vendit le chftteau en 1528 à Jacques Travers de Zuti. Lehmann, d'après les documens. Campbell, qvà vivait peu après et ne pouvait guère ignorer l'histoire de la famille de Travers, ajoute qu'il épousa ApoUonie , fille du riche Victor. Celui-ci mourut en 1529, des suites d'un accident , podestat de la Valteline ; Jacques Travers lui succéda jusqu'à l'expiration de ses fonctions. Porta, Campendio , 9&7, comparé avec Lca, XVIII , 426.

^*^ Au chap. précédent, n. 522.

UVRE V.' CUAP. lU. 313

deLueenie pour vingt et un mille (lorins la se^ueurie agréable et fertile de Werdenberg, qu'il tenait d'une héritière des comtes de Montfort ^^^. Il ne sut pas gouverner^^'' et dissipa toute sa fortune ^^^. L'ancienne oohiesse y ainsi que dès • lors de plus grands seigoeors^ perdit son éclat et sa puissance quand une fflolle vulgarité l'emporta sur la magnanimité héréditaire.

Grâce donc à l'argent non moins qu'aux armes , toute la contrée du nord-est depuis le pont de Thardis ^'^ jusqu'à Stein fut incorporée à la Suisse^ sans deveoir indépendante. Tandis qu'ailleurs lé joug des princes s'appesantissait^ plusieurs cantons gouvernèrent ce bailliage commun , sans rien changer aux anciennes franchises ni aux anciens droits ^^^, sans augmenter les impôts ^^^ et au sein de la paix si extraordinairement longue due au respect pour le nom spisse.

^* Soit qu*Âdâaîde {Leu, XIX, SOS ) tit été rhériiière du comte Guillaime, on, selon CampbeU, m beUe-mère , enceinte de son fait et qn'il ^usa après la mort de Guillaume.

^" H fat impliqué dans des querelles avec ceux de Werdenberg.

*" En iàSl il aliéna Masoi , en 1485 Werdenberg. Son frère Gaspard donna la meilleure cure dans le Lugnez pour une lyre. C'est ainsi que pfau aneiennement un comte du nom de Werdenbei|^ vendit tout ce qoll possédait contre une rente viagère pour lui et pour ses serviteurs. Vaber, Hiët. Sue9. 1. II.

"* Limite sud-est de Sargans , presque vis-à-vis de Tembouchure de ULandquart. GuUr.

^ ConfinMiion de ta wn^i^taion de ceux de Sargane et d'autres droits ; 148S : • la foire restera, parce que les villes veulent des foires. Outre

• cela le bailli reçoit de ceux de Walensladt sur les Alpes le repas des

* oiseaux, • etc.

"* Werdenbeig fut vendu Si,000 florins; il en produisait i,000, sans les revenans bons ; ainsi 5 pour cent Tichudi,

On fit deux choses pour purger indëfiDiment la Thurgovie de toute influence étrangère. La justice provinciale pour les crimes capitaux et les autres délits graves fut administrée au nom de la ville de Constance, suivant une ancienne coutume, par deux fois douze jurés. Au temps de la disgrâce de Frédéric d'Autriche, elle avait acquis de Fempereur Sigismond ce droit important par voie d'hypothèque ^^^. Les sept cantons qui aspiraient à la souveraineté complète en Thurgovie, résolurent le rachat moyennant trois mille et cent flonus, qui furent déposés à St.-Gall. Constance obtint, par la médiation de Tévéque et de Berùe , que la ville , en abandonnant les trois quarts de ses revenus, conser> vât encore son honneur et son influence ^^^. A cette occasion on défendit, par prudence , d'aggraver les peines.

L'évéque de Constance, Otton de Sonnenberg ^^*, fut traité conformément à la politique sage, qui se décide d après la nature des choses, et non d'après les personnes et au gré de la passion. L'adversaire auquel il avait enlevé l'évèché, avait donné sa nièce à l'avoyer bernois Guillaume de Diessbach ^^^ ; Tévèque blessa d'ailleurs les Bernois en exerçant le droit de proposition dans la circonscription ecclésiastique de Zofingue ^^^ ; à la fin il prétendit établir une telle séparation

*** T. IV, p. 257.

*^ Contention, Boife^ 12 janv. et Sébast 1485. Anshetm et Tsehudi,

^^ Oncle des Trnchsess n. 110 ; Louis de Freyberg , son adversaire; chap. précéd., n. 859.

"< Lettie d'Otton aux Cantons, 1488.

*^ Ils appellent cela « diminution de quelques donations du Saint- Siège. • IVavons-nous pas Tait voir ci- dessus que Berne avait reçu la collature des cures des Zofîngiens ? = On trouve depuis le xiii* siède sous

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