‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 88 sur 127 · LIVRE V. cuAP. m · texte numérisé non relu

LIVRE V. cuAP. m

itle y devait exciter leuf défiance. Le temps pouvant la dissiper; le roi Maximiiien le désirait, la plupart des altiës montraient de la bienveillance , mais le sentiment d'une force nouvelle, réveillé chez la noblesse et ses serviteurs, réveilla la haine endormie. €omme dans la suite maint État sans intelligence et sans vie ci^ut tenir un gage de la victoire dans l'imitation des unif<»rmes et de l'armement de Frédéric--le-^rand , de même ces seigneurs se crurent déjà victorieux des Suisses pour avoir, comme eux, une confédération« Au lieu de s'instruire cle leur expérience, ils s'estimaient si supérieurs à leur ligue, qu'ils se permirent de la railler en yainqueurs, avant d'avoir tenté de la vaincre. De là naquirent des conflits dés la pre-' miére année ^^.

La ville de Schaffhouse était un lieu intermédiaire. L*£mpei*eur lui imposait-il en faveur de l'Empire une contribution exagérée, les Confédérés intercédaient pour cette ville un peu apauvrie ^^''^ ; en général elle prétendait ne remplir envers TEmpire que les obligations indispensables ^^^. La noblesse, le comte Alhvig de Sulz lui-même, trouvait dans son droit de bourgeoisie à SchafFbouse une protection utile qui

*** Jostifîcation à Constance an sujet des propos injurieux de Didier deBlumenek (que nous avons vu à Roverédo}. Anshebiu

**' Lorsqu'on dut payer un florin pour mille de contribution à l'Empire , la cour estima la fortune de cette ville à un million » et exigea d'une manière pressante mille et quatre-vingt-dix florins; mai» les Ck)nfédérés représentèrent h l'Empereur que Schaffhouse s'était appauvri (par des guerres ) pour lui et pour eux. Tuhudi, 1487.

^' Le couvent de Sainte-Agnès se refusa d'avoir égard aux « primae pfeoes • dn roi Maximilien en faveur de Walpnrge LOti , 1488. CA. dans le tnsc. du bourgmestre Pfuter.

n'amenait aucune compUeatioij ^^. Cette ville formait une administration de famille > où présidait Téquitë : des bourgeois* affermaient, contre des impôts modérés^ les vignes ^^^ et les pédieries ^''^^ du couvent; les contributions foncières, respectées comme toute pr(^riété , étaient néanmoins rachetables ^''^ , faculté précieuse pour le contribuable , mais avec laquelle les institutions ne pouvaient subsister à la longue ^''^ i les corvées appartenaient aux châteaux ^^ , qui 9 à leur tour, devaient oflArir un asile sûr en cas de péril *^^.

En Thurgovie, chez la bourgeoisie saint-galloise^ régnaient la sérénité, le courage, la prospérité. Giel

*** Droit de bourgêo'uU héréditaire d'Aihrig poar le Klekgaa » Thfingen et Baim , 1488 (année da différend au rajet de Jestetten. A l'occasicm de Balm ( t. VII , 10 ) Ulrich de Stoffeln IVait réconcilié avec la ^le en 1484* Le second fait est tiré des msc. da bonrgmlestre Pfitter, le pi^ mier d'une chronique écrite, à ce qu'il parait , à MartkaUné

*'* En 1475 l'abbé et les conventuels de Toua-les-Saints afferment aux bourgeois le Henenbeig pour le tiers du produit de ce vignoUe.

*'« Fief héréditaire de Vabbé Conrad Tetiikhofer, de la pêcherie du Rhki, entre le ruisseau de KircUi>erg et la forge du couvent ; on l'afienne en H86 à Jean VOgeli pour 10 livres et ItO poissons par an. Informafûmplus exacte en ld54 sur les limites. Annuaire officiel , 1476.

*'* Gh, 1481 : une livre de hellers racbetable par 10 livres, on flo* rin par 20 fl., un muids de bled par 20 livres de hellers.

>7t Parce que le taux de l'argent change , tandis que les revenus des caisses chaigées des dépenses publiques doivent être fixes. Par U l'on ne fait de tort à personne ; les domaines grevés de ce genre de contributions se vendent à meilleur compte.

*^* Convention d'Adam Crow, seigneur de Herblingen, avec la commune, 148 S : quiconque possède une charrue lui laboure un arpent pour les semailles d'hiver et pour celles d'été ; celui qui ne possède que la moitié d'une charrue, un demi arpent ; celui qui n'en a point , fait quatre corvées de sa personne^

'^^ Crow, ea échange , ouvre son château à la commune en cas de danger.

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de Glattbourg ^^ refusant de itelàeber sur caution un débiteur^ la contrée se mit sous les armes et rasa son chàtefto^ inexpugnable pendant sept siècles ^''''. De bien des côtés on gwantissait aux villages leurs droits par des statuts '^®> tout comme l'Empereur garantit à la ville de St.-Gall son indépendance » et, source de prospérité y la marque de ses marchandises^''^, son marché ^^ et l'impôt sur les produits febriqués'^^ Les plaisirs publics ornaient et encourageaient les progrés de l'industrie ; dans les grandes réunions Frauenfeld rivalisait avec des villes plus considérables^^; St.-Gall y par son fameux tir à l'arbalète et au mousquet y attira dans ses murs , pour un jour, trois mille joyeux tireurs de la Suisse, des bords du lac de Constance et même d'Ulm^^'. Peu après, quelques centaines de bourgeois visitèrent dans son château de Kesswyl le vaillant chevalier Gœchauf , puis à leur tour hébergèrent les quatre-vingts beaux hommes qu*il leur donna comme cortège d'honneur '^.

>^* n est singalier qae Lm dans l'arlicle Giel place cette bùtoire cent ans plvs t6t » et dans rartiele GUathourg à la même date qee nous.

>^ 1485. Simnpf, Y, 22. Giel s'appelait Werner.

>'• SUtntsda tribnnal de Muola id67, 1477 ; de Manehwyl, 1469 ; de Hdehêt dé Su.-Margmn'if , 4488. CoUecL de HtiUer.

*'* Si quelqu'un falsifie les marques et les sceaux, les couleurs et les tissus, la ville peut le punir d'après le droit de l'Église. PriviL impér.,

*** A deux milles à la ronde aucun péage ni marché ne généra ses franchises. Ib.

•M imp^t de la laine , de la toile et des marchandises, suivant les besoins. Ib,

»« 1488, Stampf, V, 27.

*" 1485. Siaider, Fragm. smr l'EntUbueh, t II; 208 arbalétriers, 415 arquebusiers; du 19 juillet au i2 août. HaUme/er, 207, 208.

*^ 148S. HaUmeyer, 20G.

368 HlflTTOIRB DB hK SCTISSE.

Cependant Tabbé , on plutôt te prince Ulrich '^ ne laissait échapper aucune occasion de consolider et d^arrondir sa domination. Il acquérait successivement, de l'hôpital de la ville, Grimmenstein et ses dépendances dans les deux villages de Hôchst, près de l'embouchure du Rhin dans le lac de Constance ^^; les terres du château miné de Glattbourg*^^ ; de (quelques chanoines, Sch warzenbach , jadis objet de haine ^•; d*une veuve, le château de Blatten ^'^ ; delà maison de Bonstetten, l'église où Zwingle fut baptisé^*®; des comtes d'Ems , le beau Rebstein dans le Rhemthai ••*; it fit vidîmer ses chartes ^'* et déterminer ses anciens droits dans TAppenzell '^ et dans le Rheinthal , qu'il

its yisUation de Bursfeld, 1485 : « Inveniinns temporalia competenter, spiritualia claudicant; nec calidi Dec frigidi. • Hotiinger, HUU ecel. deCHetv,, additions iiO.

'** Aetê d^athai de Grimmemtein^ ikBi : Noos gardons h métairie de Hôcbst pour Ste. •Marguerite ; les serfo paient annuellement 10 livres • ensoite la donation à caase de mort et la portion mainmortable; il j avait des fiefs libres sur les denx rives dn Rhin ; à Hôcbst de SL^ean nous trouvons plus d'un impôt pour les fordts.

**' Elle était autrefois déjà un fief dv couvent CA. t4S4 : chambra de bain, boulangeries , 4 étangs , 6 fossés y sont mentionnés.

'*' T. n, 155. Jele d^achat du château et de la teigneurie de Sekwar' tenbach pour 8,000 fi. des barons, frères de HÔwen, 1&85.

*** Acte ttachat de fViehenstein et <f one partie de Slatten, vendus par Oertrude de HOmligen, veuve de Jacques Mangoldt 1496. Gi-dessas ch. II, n. 426.

**® Rachat du fiefdee deux pribendee, de Ut cure et des matinée de Witrdenhauâ des mains d'André Raoul de Bonstetten , 1486. Zwingle y était né en lASA.

>*> 1473. Histoire du Rheinthal, SL Gall 1805; d'après les chartef.

**^ Vidimus de ces chartes devant l'official Conrad Winterfoerg à Constance, 20janv. 148â.

*** Confirmation papale de ta convention de 1465 , en 1486. Gt-desms t. VI, 443.

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oonv<Htak ; il cherchait pour le moment à le» défendre du moins contre tout empiétement ^^^.

Une pensée l'occupait surtout , c'était de soustraire son siège à la gène que lui imposait le voisinage d'une ▼ilie libre ^ et de bâtir pour sa résidence un nouveau couvent sur la hauteur qui domine Rorschach^ marché florissant de TEmpire^ dans un des plus beaux sites , au bord du lac de Constance. Il obtint d'abord et sans peine du pape Sixte Tautorisation d'établir labbaye unique de St.-Gall dans les deux lieux , avec les mêmes droits et les mêmes franchises , en -fixant toutefois dans le nouveau monastère le siège de l'élection abbatiale ^^^. L'empereur Frédéric^ avoué suprême et protecteur de tous les couvens , ne permit pas avec moins d'empressement et cette construction '^ et toutes les autres qui pouvaient consolider dans ce lieu Taotorité de l'abbé comme bailli d^Empire ^^^ faire le commerce ^^^ et rendre les péages plus pro-

'** Sentence de$ arbitrée st.^allois dans le différend entre l'abbé et Appensell, 4&S6 : il doit abandonner tldéede racheter le Rheinlhal pour son compte (L Vi, &4i» 442 }; mais eux ne doivent point le troubler dans l'exercice de la basse justice ; tontes les affaires seront jugées an dedans des marches du pajs. WaUer, 858 ; HaUmeyer , 2ii ; Hottin» gtr, additions ,110.

*•• Bnlle de Sixte IV, 28 mai 1488 ( dans la collection de Haiter ). Les abbés de Salmanswyl et de Fischingen et l'éTéqne de Tricarico (dana les ËUls de Naples, probablement légat) doÎTent le sontenir dans ses projets.

»M C4. Constance . 17 août 1485.

**' C4., Nuremberg, 15 sept. 1487. Hante justice, droit de polenee et de torture. Certificat du comte Hagnee de Mantfort-^Botkenfele, Élisab., 1487, comme qnoi il a reçu en qualité de commissaire impérial le ser^ ment de l'abbé pour le droit renouvelé do punir de mort

*** Seemdeelu^ Constance, 17 août 1485, concernant marché, péage, €iitrep6t de marchandises, tavernes, accises, poids, mesures, aune.

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duclifs ^^» Il favorisa les droits de l'abbaye d'une prééminence décidée sur ceui de la ville *^. Lorsque le prince eut secrètement obtenu des hautes puissances spirituelles et temporelles toutes ces prérogatives^ il fit au peuple , dans plusieurs proclamations , la communication suivante ^^^ s « Chacun sait par la tradition » et par l'histoire comment les travaux et l'intercession » de St. Gall , la sagesse vigilante de tant de grands » abbés , leur gouvernement paternel > leurs armes sou- » vent heureuses ont fait naître et fleurir dans une » solitude inhospitalière, l'abbaye, la ville et le pays » de St.-^all; comme il arrive, de l'activité |Mrot^;ée » est né le bien-être; de la richesse, Torgueil ; cet or- » gueil a , depuis plus de cent ans ^®% engendré des » querelles pénibles, fatales et toujours renaissantes. La » sainte maison a cessé d'être un monastère, attenda » qu'elle était ouverte aux boiurgeois, qui souvent, » au milieu de leurs séditions, s'y précipitaient par M troupes , cherchant leurs ennemis dans les oel- » Iules des conventuels et jusque dans Ja chambre de » l'abbé ; elle était ouverte aux servantes allant à Teau, n ouverte même aux courtisannes que parfois^ le gar- » dien de la tour introduisait auprès des jeunes cha--

pain, vin, viande , te loot avec des francbises et des droits conâdénbktet en ^ând nombre.

*** En revanche ii se charge de la eoastnielion des rontes ; le péagt sera le même qu'à Lindau et à Constance.

*«« Ch. i&87 : si Ini (l'Empereor), sar la proposition de la ville, décrète quelque chose an détriment de Tabbaye (compar. n. 380 et 89S ), son décret sera nul et non avenu.

*^' Nous réunissons ici l'essentiel de trois ou quatre prodamatiots qu'il fit depuis 1487. T$ekmtU; fVeiiwt.

*^> II date précisément la décadence de la mort de BonsteHen el de l'administration de l'abbé George de Wildenstein.

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