‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 1 sur 157 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous avons vu THelvétie primitivement habitée par une confédération d'hommes libres et braves ; cellç-ci , privée de la liberté par les Romains^ se perdre ensuite dans la foule des nations sujettes ; la domination romaine renversée dans ce pays aussi par des peuples étrangers^ à leur tour incorporés au royaume des FraAks ; ce royaume tomber progressivement en dissolution; beaucoup de seigneurs ecclésiastiques et laïques , de plus en plus indépendans^ rétàbUr et propager l'agriculture à l'aide de leurs serfs; la population croissante relever d'anciennes villes^ en bâtir de nouvelles pour y diercher une vîe s&re; quelques-unes de celles-ci se maintenir malgré bien des dangers el des crises^ et arriver enfin à la liberté; dans certains can*-

tons forestiers à Tentrée des Hautes«Âlpes , au sein de la vie pastorale^ les vieux Suisses^ amicalement unis en une confédération basée sur la confiance^ demeurer libres sans villes , puis, provoqués, sortir impétueusement, vaincre, ne rien demander pour eux-mêmes que des amis qui , libres comme eux , deviennent leurs frères : cette histoire, embrassant quinze siècles ^ a été racontée dans le premier et le second livre.

Si la Suisse, dans son étendue actuelle ^ et dans Tincroyable variété de ses sites et de ses constitutions^, offre un abrégé de tous les climats et de tous les genres d'institutions politiques, il n'y a guère non plus de peuple dont l'histoire nous montre avec autant de détails ^t d'authenticité le premier et simple germe et le développement progressif d'une constitution propre à faire le bonheur de l'humanité.

Rien ne ressemble davantage à la primitive réunion de familles patriarcales, sous la forme naturelle d'une société plus forte , que les alliances perpétuelles des hommes d'Uri, de Schwyz et d'Unterwalden , qui, depuis un temps immémorial jusqu'à ce jour, sont restés les mêmes, comme la nature, leur mère.

Leur caractère distinctif, la base de leur solidité, c'est la simplicité et l'innocence de leur but , l'union dans rintérêt de la liberté et de la paix. Si les éternelles alliances avaient eu pour objet de donner à tous

* Depuis la guerre des Gimbres, 110 ans avant J.-C, jusqu'à la Confédération des sept anciens cantons en 1352.

* L*auteut la prend avant la mutilation qu'elle a dû sabir de nos jours.

* Non-seulement chaque eantoii avait la tienne , mais Berne et les ipràndi cantons respectaient et protégeaient l'ancienne organisation de ^chaque district. = C'est parce qu'ils ont fait le contraire depuis , que leur sceptre a été brisé. D. L. H.

Page 1