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le$ cantons une constitution uniforme ^^ elles se seraient dissoutes depuis long«temps> et d'autant plus rapidement que l'uniformité eût été calculée avec plus d'exactitude et d'artif La règle de la nature est une infinie variété dans les formes ^ l'unité dans le principe générar. Tandis que la Confédération suisse florissait et que la sympathie secrète ou uanifeste du peuple ^ et son propre héroïsme la rendaient invincible aux monarchies voisines alors mal gouvernées, le bonheur de ses armes développa une cause active de ravages dans son intérieur.
Nous avons montré, dans le dernier chapitre du second livre et dans les deux premiers chapitres du troisième, comment le louable principe des fondateurs de la liberté, de n'avoir pas de sujets, mais beaucoup d^amis^, se perdit avec le temps. Gela eut lieu insensiblement sous des prétextes spécieux. Tantôt un pays auquel on accordait alliance ou combourgeoisie présentait trop de danger de la \ part des anciens sei-
^ Gomme rassemblée nationale de France en 1789 ; il est vrai qu'elle assimila des {Hrovînces dont piasienrs sont aussi considérables qae lUelvétie entière, mais où les caractères étaient bien plos usés par le frottement et Toriginalité plus ou moins effacée par leur ancienne union et par rimîtation d'une capitale dominante. Les Athéniens et les Lacédémoniens ont tenté la même chose ; les premiers établissaient la démocratie , les seconds l'oligarchie dans tontes les villes avec lesquelles ils s'alliaient. Thuejrd.
* L'auteur oublie ici ce qu'il a si bien dit t IV, p. 526. On peut défendre a?ec succès le principe que la Confédération helvétique a succombé pour n'avoir pas eu un gouvernement central fortement constitué, pour avoir consacré les divisions intestines , pour n'avoir vu que les familles gouvernantes, qui seules formaient, à ses yeux, la nation. D. L. H.
* Luceme , Glaris , Zoug , Enllibuch , Scmpach , Solcurc , Schaffhonse, Bàle, etc.
* Arlh , Steinen , Glaris, Zoug , etc.
gneurs et de leurs adhérens, ou sa situation l'exposait trop aux incursions des ennemis pour qu'on pût lui accorder la plénitude de l'indépendance et de l'égalité. Tantôt des seigneurs étrangers^ dont les entreprises passionnées excédaient la mesure de leurs forces et de leurs revenuSé se voyaient réduits à céder à un canton à prix d'argent^ comme hypothèque ou propriété^ des domaines qui étaient à sa conveDance. Les cantons dont le territoire se trouvait en totalité'' ou en partie* entouré de pays non suisses profitèrent long-temps de ces occasions sans qu'on y prit garde ; d'autres ^ ne purent que racheter les droits féodaux que des seigneurs étrangers possédaient dans leurs limites , et qui , malgré les abus, furent respectés par leurs consciencieux ancêtres, parce que c'étaient des propriétés. L'antique innocence n'avait vu dans la puissance de chaque canton que la puissance commune ; mais elle eut de jour en jour plus de peine à empêcher la jalousie de se développer*.
La troisième année de la paix de cinquante ans conclue entre les Confédérés et l'Autriche, l'empereur Sigismond conçut l'idée de renverser avec le secours de leurs armes la puissance de Habsbourg aux bords de la Thour et de l'Aar. Ber^e saisit avec joie cette occasion d'un agrandissement important ; d'autres cantons cédèrent avec plaisir à la violence ; les plus loyaux furent les cantons les phis éloignés , moins exposés à la tentation. Les cantons alpestres, timides comme un jeune
' Comme celai de Zurich et de Berne.
* P. e. Schwyz, Lucerne, UrL
* P. e. Unterwalden.
* Toutes ces raisons peuvent être bonne» , mais l'auteur pouvait en donner une meineure , le démon de la puissance et de la domination qui se niche dans le cœur de l'homme. D, Ij. H.
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homme pour la première fois infidèle à la Tertu ^ sui- Tirent leurs confédérés^ qui avaient plus d'expérience du monde.
Dès ce moment ^ l'antique fraternité fut ébranlée par la diversité des intérêts et par de mauvaises passions. Les cantons qui s'étaient considérablement agrandis n'étaient pas moins soigneux de conserver et d'arrondir les seigneuries acquises, qu'ils l'avaient été de défendre la liberté et leurs amis. La nouvelle puissance de ces cantons excita chez les autres une envie si in-^ quiète que le Saint - Gothard n'était pas assez haut pour les empêcher d'entreprendre de semblables conquêtes en Italie. Mais la défense de ces conquêtes parut aussi onéreuse à leurs confédérés ^^, que l'était pour eux-mêmes celle des seigneuries dans le Jura^^ La crainte d'un ennemi commun , principe d'union , avait disparu. Ainsi s'affaiblissait progressivement le sentiment d'une patrie commune embrassant toutes les contrées de la Confédération. De là vint que des magistrats inaccessibles à l'intérêt et même à l'ambition se croyaient animés de l'amour de la patrie y quand ils visaient à l'agrandissement de leur canton , sans beau-* coup d'égard pour les autres *.
Ces maux, enfantés par les circonstances, s'accrurent avec d'autant moins d'obstacles qu'aucune expérience n'en faisait entrevoir les suites aux Confédérés. Ils se développèrent tout-à-coup , l'an 1 436 , d'une
** Histoire de BelUnzone.
** Morat, 1476 ; le Pays-de-Vaud.
^ C'est à cette révolution déplorable, qui daté du xv« siècle, qu'il faut attribaer la décadence de req)rit public et du patriotisme , Tenvabissement des droits de la nation , la déplorable formation d'un patriciat ,. l'établissement d'une caste sujette, etc. D. L« H,
manière si terrible, que^ pendant quatorze ans de fermentation intérieure^ tous les Confédérés s'armèrent contre Zurich, leur ville directoriale ; Zurich s'unit avec l'Autriche contre les Confédérés , et ceux-ci combattirent le dauphin de France. Cette guerre , où les efforts et l'acharnement furent extrêmes ^^, révéla mieux que toutes les précédentes l'énergie du caractère national , capable des choses les plus grandes comme des plus terribles. La tempête qui alors agita tous les esprits ne se calma qu'après un espace de quatre-vingts années pleines d'événemens ^^.
L'occaaion de cette guerre fut l'extinction de la tige masculine de Tokenbourg.
'^ « Ce fat la plus violente guerre que les Confédérés sonlinrent jamais, * Etterlin,
** Depuis 1436 jusqu'à la paix perpétuelle avec ta France , en 1516, qui fot Tépoqae du systèpie de U neutralité.