‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 131 sur 157 · LIVRE m. SECT. 2*. CHAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE m. SECT. 2*. CHAP. X

» Fégalité des droits. » A ce moment de la plus forte tentation qu'ils pussent avoir de renoncer à leur neutralité, les Appenzellois n'oublièrent pas les principes en vue desquels ils avaient choisi cette position : l'abandonner^ c'était se rendre parjures envers Zurich, s'exposer à l'animadversion des tribunaux d'Empire devant lesquels ils comparaissaient souvent et qui vengeraient le roi ; c'était se fermer de tous côtés ^^^ l'importation des subsistances. Quand Réding les vit inébranlables , emporté par la colère , il leur reprocha leur ingratitude et leur peu d'intelligence , et s'oublia au point de les menacer « de leur faire expliquer le » droit public avec des barres de fer ^^^. »

L'assemblée générale ^^* du Gaster , de Wésen et de Windek , réunie à Scbennis , décida avec une prudence conforme à sa double position et à la situation du pays, « de ne jamais attaquer l'Autriche, souve- » raine primitive, et d'aider aux Schwyzois et aux » Glaronnais à défendre leur pays, comme ils en )) avaient pris l'engagement, à l'instigation de l'Au- >ï triche même ^*^. »

L'irritation s'accrut; l'esprit des alliances perpétuelles se révoltait moins qu'autrefois contre une rupture qui en vengerait la violation. Zurich ne fut presque plus convoqué pour les diètes; à celle de

'^^ On sait qu'ils ne faisaient pas encore partie de la Suisse propre^ ment dite.

**' Lances ou massues.

*** Le 27 mars.

**^ BuLUnger rapporte pourtant que les Suisses, à force de bons et de mauvais moyens , rendirent enfin ces gens plus mécontens que d'au-^ 1res.

Berne ^**, à laquelle ou invita ses députés , il se répandit^ dés le commencement^ des bruits si fâcheux ^ qu'on n'admit plus les Zuricois aux délibérations^ mais qu'on les laissa dans leur auberge sans communication officielle. B'un autre côté, Jean de Rechberg, suivant la coutume, arrêtait de paisibles voyageurs ^^^ et les emmenait dans des prisons éloignées ^^^ afin de les rançonner. Les habit ans de Rapperschwyl semblaient fâchés de ce que les Schwyzois, souvent provoqués, ne les attaquaient pas. Plus d'une fois ils avaient cherché querelle à leurs sujets sur le lac supérieur, alors couvert de glace. £n vain se mirent en campagne ceux qui, à la fin ^*^, crurent apercevoir la bannière de Schwyz arriver de Hurden ; ils ne virent que des enfans jouant aux soldats sur le pont, avec des baguettes pour armes , et un grand et vieux linge pour étendard.

Les négociations publiques devinrent plus sérieuses, lorsqu'au printemps pâtres et laboureurs sentirent qu'il fallait se décider pour la guerre ou la paix. Au premier avril , s'assemblèrent à Bade , où le margrave se rendit, les députés de presque tous les cantons *^^, ainsi que de quelques villes ^^^, la plupart médiatrices. A l'égard de leurs sujets enlevés par Jean de Rechberg,

**• 15 mars.

^^' Rodolphe Summer , d'Araa , Louis Rûss et Jean Bûrgi , de Luceme.

"• Au-delà du Rhin. •

**• Vers la fin de février.

"• Schwyz seul excepté.

*" Bâle, Constance, St.-Gall, Schaifhonse, Rapperschwyl, Winterthur.

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