LTVRE III. SECT. 2*. CHAP. X
guerre bien plus grave par ses conséquences qu'aucune des précédentes, et qui les jetterait dans un embarras extrême , attachés qu'ils étaient à leurs plus anciens confédérés '^^, à Zurich, avec qui des liens plus étroits les unissaient *^^ , enfin à leurs autres devoirs et à leurs autres relations *. Le zèle avec lequel ils remplirent leur rôle de médiateurs fit suspecter leurs intentions. Les Bernois s'empressèrent d'écarter ces soupçons , faits pour encourager les ennemis delà Suisse à l'attaquer. Il déclarèrent énergiquement leurs sentimens fédéraux dans deux lettres où ils exhor-^ tèrent les Appenzellois à la même fermeté ^^^ , et dans . une troisième par laquelle ils invitaient le maréchal de Bourgogne , le comte Jean de Neuchâtel , leur combourgeois , à se préparer à la guerre et à faire à son seigneur, le duc Philippe , des représentations sur la ligue dans laquelle on le disait engagé contre les Confédérés *^^.
On se souvenait que dans leurs guerres les Appen-
**• Es le furent dès 1323 , mais pîns particulièrement dès 1339. T. II, p. 315 et suiv., A3 3.
"7 Depuis 1423. T. IV, p. 348.
* Rendons justice à la sage et grande politique de la république de Berne, en transcrivant les observations suivantes de son digne historien, «r Au milieu de cette fermentation des passions , Berne conservait
• encore une noble attitude, grâce à la sagesse et au véritable patrio- » tisme de ses principaux magistrats. Les périls qui menaçaient la Suisse
• depuis la conclusion de la dernière paix n'avaient point échappé à la » clairvoyance des Bernois. S'il eût dépendu d'eux , les conditions de » cette paix eussent amené une concorde plus durable. » M. de Tillier; t II , p. 83. G. M.
"8 21 février. StettUr, 1 , 142 , 6 ; l'une était adressée à Appenzell , l'autre à St. Gall.
**^ 23 janvier. Ibid,
zellois seuls avaient bravé la noblesse entière de la Thurgovie et d'outre-Rhin ; aussi le secours de leurs armes fut-il ardemment recherché par les Confédérés et fort redouté de l'autre parti. Dans une grande landsgemeinde ^ qui s'assembla le premier mars au matin et ne finit qu'à la nuit **®, Ital Réding rappela, au nom des Confédérés ^*^ , le temps où Âppenzell n'avait trouvé d'appui contre ses ennemis les plus formidables qu'à Schwyz y alors sans aucune relation avec lui. « Par l'intermédiaire de Schwyz , ce pays aurait » contracté une alliance avec sept cantons ; six d'entre » eux , pressés par la nécessité , le prient de leur donner » un légitime secours contre le septième ^ maintenant » étranger. Leur demande rencontre de l'opposition » de la part d'un roi, qu'ils ne sauraient reconnaître, » tant qu'il subordonne ses devoirs royaux à ses in- » téréts privés ; il est trop évident avec qui les Appen- » zellois doivent faire cause commune, pour qu on ai< » besoin de le leur montrer ; mais la Confédération » aussi veut à perpétuité associer ses intérêts à ceux » d' Appenzell; il en apporte à la commune une preuve » inattendue, cette alliance (il produisit ici une charte) » qui affranchit leur pays de la tutelle exercée sur lui » jusqu'à ce jour par les Confédérés , et lui assure
•*• Jusqu'à six heures du soir. fVaUer, S 06.
*** Lucerne , Schwyz , Unterwalden , Zoug , Glarîs. «= Des députés de ces cantons parurent à la landsgemeinde. Ital Réding ne prit pas seul la parole. Les aulres exposèrent aussi l'objet de leur mission , TenToyé de Claris avec beaucoup de développement ; mais Ital Réding parla une seconde fois , au nom de tous , avec l'énergie et la véhémence de son caractère , et avec l'autorité que lui donnait ta qualité d'ancien commandant général des troupes âppenzell oises. Voy. Zellwèger, 1 1, p. 504. Au mois de janvier une mission semblable avait déjà eu lieu de la part des cinq mêmes cantons et'dcxeluîd!Uri. Ibid,\ p. 502, C. M.