‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 133 sur 157 · LIVRE III. SECT. 2*". €HAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE III. SECT. 2*". €HAP. X

Zoug, Unterwalden et Uri se joignant à Lueerne et à Schwyz, cinq cantons invoquèrent contre Zurich le droit fédéral. Ils exposèrent leurs griefs en ces termes : « L'histoire d'une époque peu ancienne a fait connaî- )} tre les auteurs des guerres qui obligèrent les Suisses }) à se réunir en confédération. Le bonheur des armes » et surtout Talliance ont mis un terme aux entreprises » de leurs ennemis. Cependant entre la maison d'Au- » triche et les Confédérés ne subsiste point une paix » perpétuelle, mais une trêve diversement prolongée )) depuis les journées de Sempach et de Nœfels et fixée )> enfin à un demi-siècle. La moitié de ce terme est » écoulée; à son expiration, les choses rentreront dans » la situation qui a occasioné la ligue suisse. Que cela )> arrive à une époque plus rapprochée encore et même » bientôt, c'est ce que l'affaire argovienne rend non-seu- » lement possible, mais vraisemblable. Que dans cet » état des choses les étrangers cherchent à nous divi- » ser, nous le comprenons; mais nous ne saurions con- » cevoir que Zurich forme maintenant une alliance » perpétuelle avec l'Autriche et refuse à ses confédérés » les chartes dont ils ont besoin. » Berne et Soleure surtout ayant encore prié les Zuricois de la manière la plus amicale ^^'^, mais en vain, de se désister de leur résolution, on décida de s'en rapporter au droit fédéral. « Deux choses , répliquèrent les Zuricois, sont » trop évidentes pour qu'on recoure aux voies juridi- )) ques , c'est que le droit de former de nouvelles al- » liances est réservé dans le pacte , et le pacte dans

•" BuUinger : « Mieax eût valu qu'ils eussent alors donné de moins • bonnes paroles à Zurich. »

» notre alliance avec l'Autriche. Nos seigneurs et su- » périeurSy qui ne veulent absolument pas et qui ne » pourraient avec honneur annuler le traité coficlu M avec sa royale majesté , nous ont expressément in- » terdit de consentir à un examen de leur droit évî- >} dent. Quant à la remise des chartes^ nous pouvons » accepter un jugement. » Les autres représentèrent : w Que si Ton déclinait le droit fédéral pour les réser- » ves stipulées dans le pacte en termes généraux et » vagues, on affaiblissait considérablement l'alliance » perpétuelle. L'opinion unanime des Confédérés ex- » cusera suffisamment Zurich auprès de l'Autriche. » La vieille fidélité fraternelle , le nom des Confédé- » rés, l'esprit des alliances éternelles, voilà leur hon- » neur, voilà leur bouclier, voilà la terreur de leurs )> ennemis. » Les députés Zuricois déclarèrent avec vérité n'être pas munis de pleins pouvoirs et demandèrent un délai de trois jours pour retourner chez eux et revenir avec une nouvelle réponse. Ils partirent. Le troisième jour , de bon matin, les Zuricois envoyèrent un courrier à Einsidlen avec une dépêche dans laquelle ils déclaraient « qu'ils avaient fait connaître leur ré- » solution à tous les cantons , et qu'ils ne se présente- » raient pas devant le tribunal arbitral. » Ils écrivirent aux Cantons : « Que Zurich ne soumettrait jamais au » droit fédéral les réserves contenues dans les alliances » de la Confédération : qu'ils préféreraient être jugés » par Berne ou par Soleure ^^®, ou porter l'ai&ire de-

*^* La charte parle de trois hommes honorables du petit conseil de Berne , ou de Tavoyer et du conseil. BuUinger, peut-être d'après une autre copie , y ajoute les Soleurois.

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