‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 145 sur 157 · LIVRE III. SECT, 2*. CHAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE III. SECT, 2*. CHAP. X

sans beaucoup d'art ^ sans grand appareil^ rapidement^ en peu de jours, avec énergie et sans pitié.

Las d'ofirir inutilement la bataille, ils brûlèrent l'église et le village de Kilchberg , avec tout ce qui s'y trouvait ^^"'j ainsi que les métairies environnantes, se dirigèrent vers la Sihl, montèrent sur l'Âlbis, ravagèrent Adlischwyl , incendièrent toutes les maisons des sujets de Zurich, outragèrent les moines de CappeP^^, descendirent dans le bailliage libre de Maschwanden, qu'ils forcèrent de leur jurer fidélité. Ensuite ils assiégèrent Lunkhofen et attendirent la bannière de Berne.

La ville de Berne, ne désirant rien moins que la guerre , ne s'était pas prononcée tant que l'honneur permettait l'inaction. Même après que ses troupes se furent mises en marche, Jean d'Erlach avait entamé à Zurich des négociations qui faisaient espérer qu'à la fin les Bernois aideraient à mettre Schwyz à la raison^^^. Leur armée était près de Langenthal, attendant les résolutions définitives.

Dans ce lieu des envoyés de Schwyz se présentèi^ent aux Bernois et obtinrent que les troupes se formassent en assemblée délibérante auprès de la bannière. « Fi- » dèles et chers Confédérés de Berne , » dirent pleins de confiance les hommes de Schwyz , « rappelez-vous » aujourd'hui le jour du péril devant Laupen^^, alors » que vos ancêtres, attaqués par l'Autriche et par tous » tes grands et privés de secours, envoyèrent Krambourg

'*^ HàpU le dit expressément.

*5® Ils percèrent les armoiries et les portraits de leurs bienfaiteurs el tracèrent sur les murailles de tout autres figures.

^''^ On peut le conclure du récit de BaUinger.

"• T. II, p. 422 el suiv.

» dans nos vallées. A cette époque aucune alliance ne » nous unissait. Mais quel fut le langage de nos pères ? » L'ami ^ dirent-ils^ se reconnaît au jour du danger. » Us exposèrent leur vie pour Berne. Rappelez-vous » les larmes de joie qui coulèrent lorsqu'on les vit » arriver de Mouri. Et que dit Erlach sur le champ » de la victoire ? Que la mémoire de ce jour serait éter- » nelle^^^. Dés lors nous sommes confédérés. Vous ne » connaissiez point alors Zurich. Citoyens de Berne , » fils des vainqueurs de Laupen , c'est nous qui som- » mes aujourd'hui en péril; la guerre de l'Autriche, » à qui Zurich s'est dévoué , pèse sur nous ; beaucoup » des nôtres sont tombés il y a trois jours ; l'ennemi » attend de grands renforts ; comment soutenir leur )» choc ? Fidèles et chers Confédérés ^ Tami se reconnaît » au jour du danger. » Le souvenir de Laupen fit prendre une décision si prompte , si pleine d'enthousiasnie, qu'on ne songea pas même qu'Erlach était encore à Zurich. Lorsqu'on reçut dans cette ville les lettres par lesquelles^ ensuite de la demande de Schwyz et aux termes des alliances éternelles^ les avoyers^ conseils et bourgeois de Berne et de Soleure^^^, déclaraient la guerre au margrave en sa qualité de bailli de l'Autriche, aux conseils de cette puissance ^^^, ainsi qu'à la ville de Zurich ^^* , Erlach ne fut pas moins surpris que la ville elle-même. « Chers seigneurs de Zurich , >y dit-il, je suis innocent, j'ai rempli un ordre; vous » me tenez en votre pouvoir. » Les Zuricois le ren-

«* T. Il, p. 432.

2^* Soleure fit toujours cause commune avec Berne. ^•* La ch, datée du 27 mai est de même dans Tsekudi. *•* Cette ch, aussi , du 28 mai , est dans Tschudi,

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voyèrent dans sa patrie avec une escorte pour sa sûreté; il ne prit aucune part à la guerre, « parce que » Zurich avait mieux agi à son égard que Berne ^^^. » Le soir même où les Confédérés arrivèrent à Lunkhofen , ils obtinrent des avoyers et conseils de Bremgarten et de Bade, villes voisines, une entrevue dans laquelle ils leur demandèrent trois choses : de ne plus obéir aux Zuricois , leurs maîtres pour un septième ; d'annuler la combourgeoisie renouvelée entre Zurich et Bremgarten ; de laisser les deux villes ouvertes aux Confédérés. Fendant la nuit accordée pour la réflexion, Bremgarten députa vers Zurich, qui n'en est éloigné que de trois lieues«

**5 BulUnger, el d'après lui Bodmer, dans les Narrations historiques. Je trouve vers ce temps un Jean d'Erlach , patron de l'église de Grosshônstettcn, qui fit des voyages et se maria à Naples. J'ignore si c'est le même, bb M. le landammann de Tillier (t II, p. 86) démontre que le récit emprunté par Muller à Bullinger manque d'exactitude, et que Berne n'hésila point entre Zurich et les autres Confédérés. Berne avait évité la guerre aussi long-temps qu'il fut possible. Mais le 26 mai, de bon matin , arriva la nouvelle du combat livré sur le Hirzel et le mont de Horgen. Aussitôt les conseils résolurent d'obéir à l'invitation de SchwjE, et de faire marcher leurs troupes le mardi suivant 28 , avec la bannière de Zofîngen. Ils ordonnèrent aux villes dépendantes de Berne d'armer, comme on le voit par une missive adressée au conseil de Thoune, le 26. Le 27, Berne et Solenre envoyèrent leur déclaration de guerre à l'Autriche, et le 28 à Zurich, puis l'armée bernoise et soleuroise se porta de concert avec celle des Confédérés devant Bremgarten. La date de la déclaration de guerre , ra^^rochée des autres documens , prouve que Berne ne fit point promettre de secours aux Zuricois, et que le secours donné aux Confédérés ne fut pas le résultat d'une délibération de l'armée à Langenthal, puisque l'expédition avait été résolue le 26 déjà et que les troupes ne se mirent en marche que le 28. Il n'est d'ailleurs fait aucune mention à cette époque d'un Jean d'Ërlach , employé pour d'importantes affaires d'État. C'était Ulrich , plus tard avoyer, qui jouissait alors de la conGance de Berne et du reste de la Suisse. G. M.

Bremgarten , dans une presqu'île de la Reuss , es* situé en partie sur une hauteur , en partie au bord de la rivière. A Texplosion de la guerre, cette ville s'était mise en état de soutenir un siège; les tours et les murs furent munis d'artillerie ; des retranchemens défendaient la partie accessible de la plaine ; tous les arbres furent coupés , et la rivière à la distance de trois toises rendue inabordable ^^. La garnison suffisait à la défense; Tavoyer Walther Megger^^'^ joignait la prudence au courage. Dans les plus grandes batailles les citoyens de Bremgarten avaient si loyalement ver^é leur sang pour l'Autriche ^ que les ducs en perpétuèrent le souvenir dans les couleurs de la ville ^^^, Depuis que l'empereur Sigismond avait détaché Bremgarten de l'Autriche , l'amitié de Zurich lui conserva la basse justice dans tout le Kelleramt, dont Lunkhofen fait partie ^^®. La ville, se souvenant de ces faveurs, promit de tenir bon ^'^^, et, outre un directeur de Tartillerie, reçut de Zurich et du margrave ^''^ l'assurance qu'elle serait débloquée dans l'espace d'un mois.

Lorsque les Confédérés reçurent de Bremgarten un refus et de Bade une déclaration de neutralité, ils adressèrent à la première de ces villes une nouvelle sommation et campèrent devant la porte supérieure ^"^^^

266 Par des digues. BulUnger,

**' Metzger, dans BulUnger, paraît être une faute de copiste.

«» T. ra. p. 276.

»«« T. IV. p. a56,

27» Hûpli.

^^^ La lettre du margrave Guillaume ^ Âscens., est dans Tschudi.

^^^ Dans les prairies voisines de la tuilerie. BulUnger,

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