‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 144 sur 157 · LIVRE m. SECT. a*. CHAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE m. SECT. a*. CHAP. X

sacremens répaDdus par terre ^*^. Les jeunes gens reprochèrent à la mère de Dieu d'habiter les églises des Zuricois^*^; ils se raillèrent des prêtres!^*'', s'emparèrent des femmes épouvantées et assouvirent leurs passions ^^^^ soit qu'ils pe crussent pas à la sainteté d'une église où l'on invoquait le ciel contre eux , soit qu'ils voulussent se venger de ce qu'on les accusait de commettre des crimes contre nature.

De Horgen ils se portèrent sur ThalwyU La flamme de Horgen avait annoncé leur approche; le peuple tremblant courait çà et là; le curé porta au devant d'eux le saint Sacrement ; les guerriers bravèrent le Dieu zuricois ^*^. En général ces vieux Suisses^ sur^ tout les pâtres des Alpes , étaient enfans de la nature ; les traits de leur visage ^ quand la passion ne les rendait pas formidables , exprimaient la loyauté ^^ ; toute leur stature , la force ^^^ * Les fureurs de la

**^ « Ils ont enfoncé le tabernacle du Saint-Sacrement et cru qu'il y avait de l'argent ; ils ont jeté dans un pré les saintes huiles , l'eau baptismale et rbostie > (afin de s'approprier les vases). Ihià, Ils ont coupé les tabernacles comme du bois ; ils se sont présenté les hosties avec les paroles sacramentelles , au milieu de grands éclats de rire. Hentmerlin,

^^^ « Salut, madame la p...., que fais-tu là? • En disant ces mots , ils la mettaient à la porte. Ibid^

3*7 « xis se tenaient derrière le prêtre, pendant qu'il célébrait la messe» > et disaient : A, présent le calotin prie, il chante pour l'Autriche et » invoque la queue du paon. » Ibid.

3A' « Ils ont bien souvent pratiqué cela dans les églises, et s'en sont » vantés. » Ibid,

3^^ « Quand même tu porterais la mère de Dieu vers tqn Dieu , à eux » deux ib ne pourraient pas t'aider ; va vers ton Dieu Stûssi , pour qu'il » t'aide. • Déclaration du curé de ThalwyL »

'*• Félix Hemmerlin, DiaL de Suitensibus: C'est en ennemi qu'il farle: « Simulata magnae IcgaHtatis apparentia. *

«« Id.

guerre faisaient taire l'humanité comme chez Achille^ chez David ^ chez les Athéniens et les Romains ; à l'égard de la dévotion y l'on racontait d'eux des choses peu édifiantes ^^^ ; faits prisonniers , ils mettaient souvent fin à leurs jours , à la façon des vieux Romains ^^^ ; ils ne connaissaient pas la crainte , et supportaient moins facilement la honte que la plus cruelle mort*

Ils brûlèrent Thalwyl le lundi matin y après y avoir passé la nuit ; ils dévastèrent toute la rive occidentale du lac, et restèrent trois jours à Kilchberg sans être attaqués. Jusque-là les cavaliers mercenaires s'étaient excusés sur ce qu'ils ne pouvaient se mesurer dans des combats de montagnes avec un peuple de patres accoutumés à gravir les rochers; la misère des campagnards auxquels les mercenaires ne portaient aucun secours^ même en plaine, remplit Zurich d'indignation^^*. Quelques-uns sortaient de temps en temps et tuaient un ou deux ennemis ^^^, mais on n'entreprit rien. Le secret des succès militaires des Confédérés , qui alors et dans la suite ^^^ les rendirent si redoutables y consistait dans leur manière de faire la guerre

^^ Déclaration faite en présence du ionseit de Zurich, 144^ : Un grand personnage d'enlr'eux a dit : « Que Dieu punisse de mille épilepsîes ceux qui ont inventé les églises ! » Ces paroles s'expliquent par les sentimens qui régnaient chez «ux dès le douzième siècle et qui ne changèrent assez généralement qu'après la réformation.

^" Un conseiller de Schwyz s'étrangla avec ses bottes lorsqu'on voulut lui arracher, par la torture, les secrets de son pays; d'autres encore se donnèrent la mort. Hemmerlin, 1. c.

254 , j)es veuves et des orphelins firent entendre des plaintes lamentables. » BuUinger, \

>55 Hàpli.

**• A la fin du XV» siècle et au commencement du XVI«.

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