‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 147 sur 157 · LIVRE III. SBCT» 2^. GHÀP. X · texte numérisé non relu

LIVRE III. SBCT» 2^. GHÀP. X

Les troupes couvraient toutes les routes et les sentiers de la plaine jusqu'au pied du Jura^ s'avançant vers la Glatt. Elles espéraient avoir pour elles , non la noblesse et le clergé, mais le peuple. Le soir de leur arrivée à Rûmlang, elles furent confirmées dans cette opinion par le récit de leurs gens que, chemin faisant, elles avaient rencontrés en deçà du. nouveau Régensberg. Les nombreux paysans réfugiés dans cette petite ville défendue par la montagne et par un château-fort, s'étaient entretenus amicalement avec les soldats. Ital Réding le jeune alla le lendemain matin sommer ce château de se rendre. La sommation fut repoussée en raison des avantages de la situation, et sur les exhortations de Henri dlsni, commandant de la garnison composée de quarante et un Zuricois ^^^. La confiance trompée produisit l'irritation ; le grand village de Rûmlang et sa tour , Ober-Hassli , Unter-Jïassli et Mettmen- Hassli furent livrés aux flammes , et le sîége de Neurégensberg poussé avec vigueur. L'artillerie du château fut réduite au silence; bientôt bourgeois et paysans jugèrent la résistance inutile; le château menaça de les punir eux-mêmes de cette disposition, mais les Confé^ dérés les exhortaient à se rendre. Ceux-ci assaillirent ensuite la forteresse avec tant d'impétuosité, que la garnison capitula, malgré le vague des conditions ^^''. On se partagea les prisonniers et le butin ; le bailli Jean Bossart voulant entrer dans une maison bourgeoise fut

2»« HàpU.

^"^ BuUinger affirme qu*on avait promis de ne pas brûler le châleau et de laisser la garnison sortir librement. Ce dernier point n*est guère croyable , attendu que la répartition des prisonniers se fit avec ordre et non tumuUuairement.

arrêté et massacré ^^^ ; le lendemain matin ^ malgré l'opposition d'un grand nombre qui désiraient occuper le beau château ^^^, la majorité décida de le brûler; les murailles de la haute tour résistèrent seules aux

flammes.

Les Confédérés traversèrent la Glatt, Kloten, Tintérieur du pays , Greifensée , et arrivèrent à Grûningen. Leurs forces et leur tactique répandaient-elles à ce point la terreur? était-ce la crainte de troubles intestins qui porta la garnison de Zurich à les laisser parcourir sans obstacle et ravager à leur guise le pays ennemi? Cette guerre fut une des premières qui fit sentir l'avantage d'une vaillante infanterie sur l'organisation de la chevalerie , et ramena insensiblement aux principes des anciens.

Le château deGrûningen^ fort par lui-même, était bien défendu ^^^ et suffisamment pourvu de provisions de bouche, d'artillerie^^*, de flèches inflammables et de poudre; la petite ville renfermait beaucoup de paysans du voisinage et de soldats mercenaires , commandés par Jean Neuwyler ^^^, général Zuricois, et par le bailli Pierre Kilchmatter. Les Confédérés menacèrent, en cas de résistance , de brûler biens et métairies.

^** Eéiibaeh : « nonobsant un sauf conduit. » BulUnger : « chacun ne vit pas cela avec plaisir. >

S89 . Cela eût mieux valu et eût même été nécessaire aux Confédérés. • Edlibach. •

2>^ Par 6& hommes, Tschudi, Selon Edlibach, il y en avait 30 dans le château et 60 dans la ville.

. S9i 4 grandes pièces de position, 2 bonnes pièces à boulets de pierre, beaucoup de coulevrines , 7 tonneaux de poudre , un tonneau de flèches inflammables. TschudL

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