LIVRE m. SECT, 2*. CHÀP. X
Les bourgeois et les campagnards effrayés convinrent, avec ou sans le consentement de la garnison ^^^ , que la prise du château entraînerait la capitulation de la ville, mais que du côté de la ville le château n^aurait rien à redouter. A la vue de la terreur du peuple , Neuwyler fit demander à Zurich du secours ou des ctt'dres, et reçut pour réponse « qu'il était impossible » de le débloquer maintenant, mais que la situa- » tion du château lui permettait de tenir ^^*. » Jusqu'à ce moment la garnison avait répondu , faiblement il est vrai ^^^, au feu des assiégeans ; mais alors elle perdit courage ^^^; Grûningen capitula; la garnison sortit libre. Elle avait obtenu des Confédérés un sauf-conduit; néanmoins le bailli Kilchmatter , sans aucun avertissement, fut tué d'un coup de hallebarde ^^ dans la petite ville par deux Unterwaldiens ^^^. Le courroux des parens eux-mêmes de ces assassins égala l'outrage fait à l'honneur. Mais Berne , Soleure et Luceme^^^ déclarèrent que « la honte de la violation d'un sauf-conduit » les peinait à tel point que si les Gantons ne savaient » pas maintenir une bonne discipline parmi leurs trou- » pes, ils ne feraient plus de campagne avec eux. n Les
^^ Edlibaeh est pour la première alternative.
^'^ Ediibach : « De sorte qu'on ne pût ni ne voulût Tébranler. •
3^^ ■ On ne tira pas joyeusement. • HâplL « Us ne voulaient pas que l'artilleur tirât. > Le même.
^^ .« Ainsi ceux de Grûningen abandonnèrent misérablement nos seigneurs, a Ediibach.
*«7 Ediibach.
2" Henri An Steinen {Buesinger et Zelger : Steiner) et le fils d'Aerni Willi (les mêmes disent « les fils; » c'est peut-être une faute du copjfte.) Tschudi.
"9 BuUinger.
354 HISTOIRE DE Ll SUISSE.
Confédérés des divers cantons^ réunis en assemblées générales autour de leurs bannières respectives, statuèrent que w les coupables fugitifs, si on les rame- » nait ^^, et tous ceux qui à l'avenir violeraient un » sauf-^-conduit , seraient punis du supplice de la » roue. »
La garnison de Grûnihgen vint de nuit aux portes de Rapperschwyl ; elle fut renvoyée comme une troupe de lâches ; à Zurich on la mit en prison : beaucoup de soldats furent punis, et les chefs, dégradés ^^^
Non loin de Grûningen, les Zougois brûlèrent Mônchaltorf pour venger le meurtre de deux compagnons d'armes* Rapperschwyl s'était préparé à soutenir un siège; mais les Confédérés n'avaient pas assez d'artillerie et de munitions pour assiéger une place aussi importante, habitée par un peuple résolu; d'ailleurs les vivres commençaient à manquer à leur nombreuse armée ^^^, et depuis la violation du sauf-conduit les Bernois s'étaient refroidis à leur égard ^^^; ils terminèrent donc cette campagne, fraternellement toutefois.
Les bannières des villes redescendirent vers la Glatt ; elles n'avaient pas ravagé toute cette contrée, afin qu'au lieu de marcher parmi les cendres elles trouvassent des vivres et des logemens. Schwyz et Glaris mirent dans Grûningen une garnison de 1 20 hgmmes sous les ordres de Werner Rufi, de Schwyz. Le landammann Tschudi ramena «es troupes à Glaris par le
**^ Selon qnelques-nns {Rakn) le fils de Willi fnt taé. *oi , Poar avoir été n paresseux. •BulUnger.
*^ « Ghacan songea aux siens , qui avaient été blessés près du retranchement ou ailleurs. » Taehaehtlan,
*** Ils ne firent pas ensemble la campagne suivante.