LIVRE m. SECT. 2®. CHAP. X
courait par la ville j il s'écria : « Voilà le résultat de ton » infâme écrit; toi aussi tu mourras. » Il le transpgpç2^390. ig greffier mourut^ mais trop tard.
Fendant que les soldats mercenaires étrangers passaient la Limmat pour entrer dans Zurich de ce côtélà, beaucoup d'habitans de la grande ville allaient porter du secours au peuple souffrant du Petit-Zurich ; plusieurs fermèrent les portes de leurs maisons y mais oublièrent de fermer celles de la ville , en sorte que l'ennemi pénétrait. Une femme, du nom de Ziegler, s'arma de courage; elle abaissa la herse. Le greffier de Claris se voyant enfermé avec d'autres et perdu, remit au travers de la herse à un de ses concitoyens ^^^ la bannière qu'il venait de conquérir, puis il mourut.
Les Zuricois s'aperçurent alors que la peur avait exagéré le danger; ils fermèrent les portes, baissèrent les ponts-levis, montèrent en hâte aux tours et sur les murs, et firent feu, non sans succès , avec leurs coulevrines et leurs arquebuses sur les ennemis éloignés et rapprochés^^^.
Les Suisses étaient occupés à dépouiller les cadavres dans les rues du faubourg. Des Glaronnais, parens du
'*' Edlibaeh rapporte que ce fait eat lieu près de St.-Étienne«
»" Conrad Schellbreten. ^
'B> Edlibaeii : « Le premier boulet perça une grange devant St« -Jacques » et enleva toute la partie postérieure d'un cheval, en sorte qu'on ne put » pas la retrouver ; un autre boulet traversa le verger où beaucoup de Gla- » ronnais étaient assis à une table ; il renversa tous les plats, mais ne fit » de mal à personne, si ce n'est qu'il emporta la tête de celui qui » était au haut de la table , comme si on l'avait décapité. » — Cet accident peut avoir occasîoné les atrocités qui suivirent ; Achille n'aurait pas traîné Hector autour des murs de Troie , si c«lui>ci n'avait pas tu^ Palrocle*
bourgmestre Stûs^i ^^^ , en qui ils ne voyaient plus que l'ennemi de la Confédération ^^^, le traînèrent du pont de la Sihl derrière une haie , lui ôtèrent ses habits ^ tandis qu'il respirait encore , assure-t-on ^^ , le maltraitèrent ^^^, graissèrent leurs souliers^ leurs bottes et leurs piques avec la graisse de son ventre^ enfin ^ après avoir mordu son cœur et se l'être long-temps jeté les uns aux autres comme un jouet, coupèrent son cadavre en mille morceaux , qu'ils dispersèrent dans la Sihl ^^^.
Telle fut la fin de Rodolphe Stùssi, grand homme s'il eût aimé sa patrie autant que sa ville. On veit encore à Zurich sa statue ^^^, avec la cuirasse, l'épée et la massue, le casque et la barbe, tel qu'au matin de ce jour , craint et respecté , il sortit fièrement des murs pour les défendre.
Le faubourg fut livré au pillage ; toutes les maisons entre la Sihl et les fossés de la ville , l'église de Saint- Étienne, les villages de Wiedikon, de Rieden et d'Altstetten, toute la plaine de la Sihl depuis le Hard jus-
^^* Nous avons déjà vu plus haut le bourgmestre échanger des paroles dures avec son cousin Conrad Rietler , porle-bannière de Claris.
»9* « Ils le délestaient parce qu'il était de leur famille et on homme » dangereux pour toute la confédération. » Tschudi.
"* Félix Hemmerlin l'affirme, Dial. de Suitensib. : « Semivivo cordis » -massam enervarunt. •
^^^ Us lui plantèrent une plume de paon dans Tanus.
537 Hemmerlin; Faber , 64; Traditions recueillies; JEneas Silviat,de Statu Europœ, p. 133 (édil. Freber. ); BuUinger ; Tschudi (Glaronnais ).
- »38 Sur la fontaine de la place du Stûssîhoff (où il demeurait pe»»" ôlre^. Musée suisse, IIl« année, p. 477*