LIVRE III. SECT. 2*. CHAP. V
>i ment perdu leur cause contre Zoug devant les mêmes » juges ^ ? A la vérité, depuis lors ils ont bien expié leurs » vieux péchés sous les murs de Bellinzone , et cornw battu en bons confédérés ^^ j Kolin et Fûntiner sau- » raient qu'en dire , si Garmagnuda ne leur avait pas » fait mordre la poussière avec quatre cents autres } » Luceme leur est redevable d'ayoir épargné alors bien ^ des frais de navigation ; partis dans sept barques , on » est revenu dans deux. » Les Schwyzois cherchèrent d^abord à se justifier de leur mieux; puis ils répondirent au bourgmestre « que , fondateurs de la » Confédéi^ation , ils se consolaient par Tespérance de » trouver leurs confédérés a.us$i disposés à leur prêter » une oreille favorable qu'au successeur de ce bourg- » mestre dont la perfide influence , à Tépoque d'une >i extrême irritation entre F Autriche et la Suisse, alors » que devant Sempach et Naefels le sang des héros était » à peine refroidi, avait entraîné Zurich à une alliance » avec l'Autriche ^^, » Aux Glaronnais, quand il les rencontra hors de la séance , Stûssi déclara « qu'il ne » les regardait plus comme des confédérés ; qu'ils >i étaient gens sans foi , oubliant que leurs pères avaient » signé l'engagement de ne conclure en aucun temps » de nouvelles alliances sans le consentement des autres » cantons ^^. » En vain lui opposèrent-ils bien des raisons, et entre autres, que sa propre ville, dans un traité particulier, les avait reconnus les égaux d'autres
«• Voy- 1 ra , p. 386-888.
«* T. IV . p. 337 et suiv.
♦« Voy. t m, p. 34a à 523.
'* Voy. t. III, p. 33. Le reproche est eipHcite dans T$tktidi,i. Il, p. 232 et suiv.
cantons^. Il n'épargna pas davantage Claris au sein de rassemblée; à la fin, le banneret Rietler se leva et lui demanda : « Qui donc étes-vous pour exclure arbi- » trairement de la Confédération un louable canton ? » La chevalerie toute fraîche par laquelle l'Empereur » vient, d'apaiser l'impétueuse faim de votre vanité » parait vous faire oublier qu'on voit encore debout » dans le pays de Claris la cabane ^^ où votre père na- » quit , pendant que votre grand-père conduisait les » vaches à la montagne. Que tous les députés sachent » que ma mère est tante du bourgmestre, et que moi, » simple paysan , qui ne dois ni ne demande rien à » aucun roi, je ne suis pas tout-à-fait étranger à ce » seigneur, » Ici le landammann Tschudi l'interrompit ; « Silence , banneret ! les Confédérés ne sont pas assem- » blés pour prononcer sur les personnes, mais sur les » choses. » Le greffier Michel Craef lança aussi des traits, acérés ^. Les Confédérés arrêtèrent à la fin que dorénavant les parties ne porteraient plus la parole l'une contre l'autre , mais remettraient leurs propositions par écrit ^''.
Le premier grief des Zuricois fut articulé au nom de la comtesse veuve, dont les sujets avaient fait une alliance avec Schwyz et Claris. Schwyz répliqua : « Le » comté peu avant sa mort l'a ordonné dans la même
** Voy. t. in, p. S90. £n général dans le pacte de 1S52 , il n'a plas été question du consentement unanime des Confédérés , mais de ropinion de la majorité; ils en étaient sûrs dans le cas présent,
*^ Ci-dessus chap. UI, n. 10.
'' Tschachtlan, Tsehudi dit : « On laissa échapper beaucoup de mots grossiers et inconvenans; on raillait de part et d'autre; on eût mfeux fait de s'en abstenir. »
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