‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 57 sur 157 · LIVRE m. SECT. 2*. CHAP* VH, 44T · texte numérisé non relu

LIVRE m. SECT. 2*. CHAP* VH, 44T

les villes et les communes^^ qui s'en étaient détachées. La chancellerie impériale mit fin à cet etaobarras , grâce surtout aux soins du protonotaire ^^ Marcjuai^d Brysacher et du vice-chancelier de l'Empire le comte Schlick. Celui-ci avait grand besoin de Tamitié des Zuricois pour prendre posse^ion des domaines de Frédéric de Tokenbourg ^^, qu'ils aimaient mieux voir dans ses mains que dans celles des héritiers liés avec Schvryz. Supposé que Brysacher n'eût pas déjà dans Zurich des parens considérés ^^> il fut gagné parce qu'on lui promit pour son frère un des canonicats du grand chapitre^^. En conséquence les franchise^ et les dons accordés par les empereurs et les rois furieût confirmés sous réserve des rachats ^^ et. des autres droits ^* de la maison d'Autriche; les assurances données à Zurich lui permirent dès-lors de proposer sans scrupule le recours à l'arbitrage de l'Empereur. Âjoutezque tous les Confédérés avaient autant et même plus d'intérêt

'■ m Givitas » a ces deux significations.

^ t2e titre ré^nd à cetu) de référendaire impérial usité aujourd'hui. Je crdSs àvdir troiivé des exemples da premier dans UffenBach.

>• Ou pour les tacheter à des coodilions favorables.

'* Leu, art. Breisacber, cite au commencement de ce siècle un tribun zuricois de cette famille.

*^ Les ZuHcois peuvent en trouver la preuve dans les livres tokenèourgeoh de Lear chanceliaie d'État. 1 , 98d et iaii.

^ Ce dispositif concernait probablement TArgo vie et Kibourg. 11 est à remarquer que, d'après la cA. citée n. 24 et que Stettler avait à sa disposition , Ârberg et Wangen furent confirmés aux Bernois , mais qu'il n'y est fait aucune mention des conquêtes en Ârgovie et de^s acquisitions faîtes parmi les domaines de Kibou^g-Berthoud.

'^ On sait que les comtes de Kibourg possédaient autrefois toutes sortes de droits , même à Zurich , p. e. une redevance pour le marché au blé en litige (uppelée Tlmmi) , qa*on trouve encore sous les fils du roi Rodolphe.

que Zurich à ce que l'Autriche ne se prévalût pas de cette réserve ^^; ou la nécessité les rapprocherait donc de Zurich y ou ils paieraient cher un ressentiment o^iniâtre.

Les Confédérés étaient dans la {dus grande perplexité. Leur note 9 rejetée avec tant d'indignation à Zurich; avait été lûen accueillie à Schwyz^ A beaucoup d'égards elle donnait tort aux Schwyzois^ à d'autres elle leur était favorable : son silence sur certains points équivalait à une recommandation ; mais y même sans cette circonstance^ Schwyz se serait empressé de gagner les Confédérés y en voyant Zurich refuser de faire un pas pour se rapprocher d'eux. La nécessité d'exécuter leurs menaces contre les.réfractaires^^ dut être de tout point pénible aux Confédérés : ils prévoyaient une guerre dispendieuse sans dédommagement ni profit , et même une dangereuse intervention de l'étranger.

Deux jours avant l'expiration de l'armistice , les Zuricois ordonnèrent à toute la milice de la ville et de la campagne de se tenir prête à marcher vers les fron* tiéres. Au moment où la trêve finit , le 3 mai de grand matin y environ 4^000 hommes sous les ordres du bourgmestre se rendirent avec la bannière de la ville dans la contrée de PfefBkon. La veille , fort tard^ les Schwyzois avaient occupé le haut de l'Etzel^ montagne qui domine Pfeffikon, entre le lac et la Linth. Les Zuricois menaçaient la Marche sur une des rives du lac supérieur, et au-delà , derrière Rapperschwyl ^'', Uz-

^^ On se rappelle qae dans les aflalres de TArgovie, Zurich représenta les autres cantons, surtout au sujet de Bade et des bailliages libres.

^^ A la fin de la note.

37 ABubikon, Hûti et Wald.

...,^.sr, 111. SECT. a*. CHAT. VII. 149

nach ; Schwyz, de son côté, envoya dans la Marche un corps de troupes sous le landammann Ulrich Wagner et requit ses nouveaux concitoyens. Les habitans du Gaster se rendirent en hâte à Uznach. Par la forêt du Hummelwald descendirent les habitans de la vallée de la Thour et de Lichtensteig, dans le haut Tokenliourg, tandis qu'avec un autre corps d'armée de la partie inférieure du même comté^ ainsi que de Wyl au pays de Saint-Gall , Hildebrand et Pétermann, fils de Wischard de Rarogne , héritiers de Tokenbourg ^*, couvraient la frontière opposée. Les Glaronnais commandés par Tschudi se mirent en marche pour renforcer sur TEtzel Ital Réding et la milice schwyzoise. Cent hommes de Schwyz et deOlaris occupaient le château de Saçgans; les paysans des environs prirent les armes en faveur des Zuricois. Toutes les villes , tous les cantons delà Confédération recurent de Schwyz la réquisition « de for- » cer les Zuricois à respecter les étemelles alliances ; » et dans le-même temps leur arrivait de Zurich la réquisition « de soutenir une ville attaquée dan» ses an- » ciennes franchises. »

Mais le bourgmestre ^ au nom du gouvernement de Zurich, envoya surTEtzel un courrier avec une lettre ouverte, adressée « au landammann, aux anciens et » nouveaux conseillers et à la communauté des citoyens » de Schwyz , » sans aucune salutation , sans leur don* ner une fois encore le nom de confédérés ; c'était au fond une proposition de s'en remettre à l'arbitrage du roi des Romains, déclarant que si le même courrier ^^

*^ Il est raconté plus bas, dans ce chapitre, comment ils acquirent cette qualité.

" Non par un courrier de Schwyz , qui aurait pu servir d'espion.

f50 HliBOOlES ]>£ L/L SUISSE.

ne rapportait pas l'assui^auce de son acceptation, Zuricl^ pourvoirait à Sja, propre s.ureté et en tous cas réservait d'avançç spn honneur ^^. Les Scl^wyzoîs, après une courte délibçration en plein air, envoyèrent leur cour— rier cantonnai à Pfelfikon avec cette réponse : « Le >) l^i^^mmann, le banneret, les conseils et les citoyens » 4^ Sçhwyz mandent ce qui suit au bourgmestre et » aux divers conseils de Zurich j leurs conférérés » (ils voulaient montrer que Sichwyz oublie la Gonfédératioa plus tai:d quç d'autres) : » La marche de ces querelles, }) ipi^ées run.e de Taiitre et soumises enfin à un arbitrage » |!^déral^ est connue ; il n'est pas moins notoire que » Zujcich, toujours plus dur^ plus hostile 3 plus insul- >) tant, refuse toutes les voies équitables de conciliation » que les alUances perpétuelles prescrivent. L'appel au n roi romain peut être bon en soi; il est vrai^ par. la » grâce de Dieu 5 que les deux parties ressortissent au » saint Empire ; Schwyz aussi n'attend rien que de boa u de Sa Grâce royale^; mais ce n'est pas là lie droit au^ yy quel ils sont tenus les luis à l'égard des autres par les » alliances jurées pour toujours. Quelque peu fédérale )> que la conduitç.des Zuricois lui paraisse^ Schwyz n'en M viendrait qu a regret à une guerre contre eux et ver- >j rait avec plaisir, avec le plus de plaisir assiurément, » qu'aujourd'hui encore les Zuricois consentissent à )) suivre pour ces différends, la voie juridique fixée par h leur serment commun. Les. Schwyzois feront plus : » si Zurich ne veutr pas d'un jugement par arbitres, en » nombre égal à Einsidlen ^S ils donneront les mains » à un arbitrage^ des députés de toutes les villes et de

*^ Formule des déclarations de guerre, ** Proprement le droit fédéral

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» tous les cantons. Si Zurich a plus de con&ince eh » une seule ville, Schwyz accepte pour juges Tavoyer, )) le conseil et le grand conseil de Berne ; ou , s'il pré- )) fére quelques magistrats éminens , le sévère et how Dorable sire Rodolphe Hofmeister, chevalier, avoyei^ » de Berne, et les honorables seigneurs Ulrich d'Erlach » et Rodolphe de Ringoltingen^^. Les Schwyzois ne » contestent point la légalité d'ordonnances équitables u contjre les accapareurs dans les marchés; la question }) est de savoir si le pacte permet d'interdire à des eon-^ » fédérés toute exportation des denrées de première ) nécessité. Que les Zuricois -veuillent répondre par le » retour du même courrier cantonal *^ si cette décla-r » ration leur suffit et si Tune des parties peut être tran- » quille à l'égard de l'autre ; sans cela les Schwyzois » seront obUgés de pourvoir à leur sûreté ; à tout évé- » nement ils réservent leur honneur. »

Dans la nuit les Zuricois envoyèrent la déclaration de guerre , divisèrent leurs troupes , renforcèrent Ulrich de Lommis ^^^ posté avec mille hommes auprès de l'Etzel, se mirent en route sous les ordres de Stûssi et s'avancèrent contre la Marche. Leur plan parait avoir été que Lommis resterait en observation, et, suivant les conjonctures, tiendrait à distance la milice de Schwyz ou exécuterait un coup de main,, tandis que le bourgmestre s'emparerait de la Marche, empêcherait le reste de leurs nouveaux concitoyens , ainsi que les Glarour

*^ 11 faul cpie Zurich ait eu des motifs de ne pas laisser la décision à cette ville-là spécialement; mais Schwyz sut observer les dehors de telle sorte que les Confédérés devaient trouver ce canton de plus en plus fidèle à Tesprit confédéral.

" Voy. n. 39.

^* Makn, Hist, de la Ci)uféilér, p. 299, le noinnic.

nais de porter secours aux Sehwyzois, et, selon l'occasion , tomberait sur leurs derrières au moment où Lommi3 les attaquerait de front *^.

Réding, averti de tout par les avant-postes, fit prévenir les troupes de la Marche , s'avança vers les hauteurs de l'Etzel et ordonna le plus profond silence. L'aube parut. Des envoyés d'Unterwalden et d'Uri annoncèrent « que les signes d'honneur*^ de leurs can- » tons allaient arriver; qu'ils priaient instamment Ré- » ding de tenir une assemblée générale. » Il laissa les postes occupés ; le reste de la milice de Schwyz se réunit en assemblée. Les députés d'Uri et d'Unterwalden demandèrent avec instance au nom de Dieu et de la patrie de suspendre l'attaque, et dans ce jour formidable où ( chose inouïe ! ) des confédérés allaient verser le sang de confédérés, de souffrir qu'on fît une dernière tentative. Ils parlaient encore , ils suppliaient, lorsque le courrier de la ville de Lucerne accourut montrant de loin, une lettre de son gouvernement : « L'avoyer et » le conseil conjurent leurs confédérés de se confier » une fois encore au secours de Dieu pour le maintien » de la paix ; de ne pas s'attaquer les uns les autres ; j» de venir à eux , qui espèrent trouver de certains » moyens. » Tandis que Réding parlait et promettait que par considération pour ces médiateurs il attendrait quelques heures pour voir si leurs sentimens fléchiraient aussi la partie adverse , soudain on entendit dans Téloignement des coups de feu et des cris de combattans qui augmentaient et ap})rochaient.

^^ Tschudi parle de cette deiuiiTe ÎBtention.

'^^ Expression des chroniques pour « Signa; » elle est 1res -bonne , parce qu'en les abandonii&nl les soldais se sont de tout temps couverts de lîonto.

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