LIVRE m. SECT. 2*^. CHAP. VU
Gomme le silence régnait dans toute la contrée^ qu'aucun écho du bois ni de la montagne n'annonçait la présence d'une armée ^ Ulrich de Lommis avait cru que l'ennemi s'était retiré ailleurs ; il avait donc envoyé en éclaireurs cinquante jeunes gens vigoureux des bords du lac ^ suivis d'un même nombre de volontaires. Emportés par la joie, ils coururent au travers des avant-postes qui les observèrent, mais qu'ils n'aperçurent pas. Découvrant à la fin l'ennemi , ils ne se contentèrent pas de remplir leur mission, mais, comme si on les avait envoyés pour combattre, archers et arquebusiers commencèrent les hostilités. Au même moment tous les avant-postes se rapprochèrent pour les cerner, tandis que l'armée s^ébranlait. Les représentans des Confédérés gémirent de cet incident ; les Schwyzois , soudain en marche, parurent sur la hauteur et descendirent par la forêt du Krummholz; les plus ardens coururent en tête. Saisis d'une subite terreur et pressés de toutes parts , les jeunes Zuricois rebroussèrent en hâte vers leur armée stationnée au bas de la forêt. Ils ne revinrent pas tous, ni tels qu'ils étaient partis. Onze étaient tombés *'', victimes de leur imprudence ; l'étendart fut perdu; quelques-uns avaient trouvé les arbalètes , les haches d'armes, les lances et les cuirasses trop lourdes pour la fuite. Mais ils rapportèrent avec eux la terreur, la répandirent et engagèrent leur armée à quitter la forêt partout mal sûre. Lommis ne rassembla ses gens que beaucoup pltis loin. L'ennemi qui les poursuivait ayant dépassé le bois et voyant l'ordre ré-
^^ Nous suivons rsc/m(fi^ historien aussi impartial qu'homme puisse l'être ; Lauffer parle « d'un grand nombre ; • mais il n'avait pas sur cette époque des renscignemcns inconnus aux autres écrivains.
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tabli reforipa aussi ses rangs. M^is les Confédérés obtinrent que Réding y content du succès de ce jour^ se retirât sur la hauteur. Lorsque sur les frontières de la Marche*^, qu'il trouva biei:^ fortifiées et Ken gardées, le bourgmestre apprit le désordre causé par cet accident^ il retourna à Pfeffikon sans rien entreprendre.
SMl était resté dans ia Marcbe y il y aurait rencontré les Glaronuais^ dont le sang coulait dans ses veines , et la milice dû Gaster. ils y aïrivèrent au poipt du jour. Ce fut inutilement que les habitans de la Marche leur avaient préparé des vivres» Ils ne voulurent ni s^arrêter un n^oment i^i manger; mais, continuant leur route, après avoir marché toute la fruit, ils parvinrent au haut de TEtzel y où Réding reprenait la même position que le jour précédent. Celui-ci fit avancer un peu Sa troupe et descendit du côté de la chapelle de St-Meinrad. Claris envoya .aux Zuricois une déclaration de guerre. La milice du Gaster reçut l'ordre de çoacourir à la garde de la contrée d'Uznach, De cette manière la Marche se trouvait réellement en sûreté, parce que l'en*nemi ne pouvait beaucoup hasarda dans un pays défendu des deux côtés par des corps considérables , et dont la siti^itioin était désavantageuse pour lui. Il faut remarquer que la milice d'Uznach et du Gaster , renforcée par celle du haut Tokenbourg et par un détachement de Glaronnais y l'emportait de beaucoup sur celle de Grûningen^ et que les habitans de Kibourg avaient perdu bien du bétail enlevé par ceux du bas Tokenbourg*^.
l^ics bannières cantonales d'Unterwalden et d'Uri ^^
^^ Près da pelit ruisseau , du côlc de la tour de Bernard. TschudL
** Environ 500 pièces de bélail. Id,
*• Celle-ci avec le drapeau d'Urseren. Id,