LIVRE III. SECT. 2*. CHAP. IX
Le$ Schwyzais alléguèrent la volonté des Confédérés pour décliner la demande au fond ; cependant ils promirent d'intercéder auprès des Bernois pour que ceuxci ^ conformément à l'esprit du traité de paix, ne restituassent cette contrée aux Zuricois qu'après en avoir reçu l'assurance de l'oubli général du passé. Feu de jours plus tard ^, avant même que la charte du traité de paix eût été rédigée à Lucerne , les Zuricois envoyèrent le chevalier Henri Schwend et le conseiller Jean Brounner pour déterminer par les assurances les plus formelles les habitans de Grûningen à revenir à eux volontairement. La ville trouvait cela plus convenable que si une main tierce lui rendait ses sujets : mais les paroles du greffier municipal avaient fait une impression si profonde que non-seulement les citoyens de Grûningen n'osèrent pas céder sans l'intervention des Confédérés , mais qu'ils ne laissèrent pas même entrer dans la ville cette noble députation ; ils lui parlèrent du haut des murailles.
Les barons de Rarogne et les bourgeois de Wyl, sans égard même pour les Confédérés et les recommandations de Schwyz et de Glaris , refusèrent de rendre le territoire dont ils s'étaient emparés; aux premiers, ils représentaient l'énormité de leurs frais ; aux deux cantons , ils rappelaient leur alliance de combourgeoisie ^. Conformément au traité de paix , l'affaire fut soumise au droit fédéral. Les arbitres* ne pouvant s'entendre sur des points accessoires, l'ancien landammann Jean MuUer, du Haut-Unterwalden, fut choisi comme sur-
* 25 nov.
» Voy. chap. Vm, n. 144.
* Rod. de Gham et Jean Keller, de Zurich; pour les Rarogne, Jean Ab Tberg, landammann de Schwyz et un des fils de Réding.
arbitre ; mais la sentence fut différée ; un incident singulier fit croire avec quelque raison que Schwyz avait suscité ce délai.
Les cantons des Confédérés ^ reçurent du nouveau chef de l'Empire , Frédéric d'Autriche , des lettres où ce moparque les invitait à ne pas permettre qu'on prît un parti concernant le territoire enlevé aux Zuricois , avant l'arrivée du Roi en Suisse et sa décision. Il recommanda aux villes impériales de SchaShouse et de Saint-Gall^ ainsi qu'à Rapperschwyl et à Winterthur, de ne pas souffi*ir que les pays et les gens enlevés à Zurich par la fatalité de la force ^ et maintenant réservés à l'Empire^, fussent soustraits à son autorité*^. Il écrivit en même temps aux bourgeois et aux habitans des pays conquis ^ pour leur rappeler que leurs pères avaient prospéré durant des siècles sous la maison de Habsbourg y qui était la sienne , et pour les exhorter à défendre leur position actuelle^ avec l'aide des Confédérés^ auxquels il s'était adressé , en attendant qu'il vînt et prononçât».
La «ause de cette intervention fut généralement at-^ tribuée à un habitant de Schwyz , Gaspard Torner, lequel , sous l'empereur Sigismond , avait souvent rendu des services aux Confédérés auprès du ministère impérial^ actuellement encore le mème*^. Les barons de
^ Berne , Lucerne, Uri, Unterwalden , Zoiig. TschudL . ^ Le bruit auquel Tsehudi ( cbap. VIII, n. 140 ) n'ajoutait pas foi pouvait pourtant avoir quelque fondement (Ib. n. 141}.
^ « Si quelqu'un voulait les détacher de nous. » Le roi nomme Grftningen , Elggau , Andelfingen , Ossingen et Pfeifikon (je ne sais lequel des deux Pfefiikon ). La lettre se trouve dans HàpU.
^ Lettre aux citoyens de Grûningen , également dans H&pli.
' Qu'il avait aussi écrit à Schwyz et à Berne de ne pas les abandonner.
^^ Du moins le vice-chancelier d'Empire, le comte Sdbiick.